Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Toprak Razgatlioglu en a terminé de ses essais de préparation au MotoGP et, dans quelques jours, il prendra le départ de son premier Grand Prix. Or, il avoue aisément ne pas avoir terminé son apprentissage d’une catégorie qui le confronte à un matériel très différent de celui qu’il a connu jusqu’ici et avec lequel il s’était imposé comme une référence en WorldSBK.
Après avoir obtenu le 18e temps du test de Valence à 1″2 du leader, puis ce même 18e temps à 2″0 du premier à Sepang, le Turc est cette fois 21e et avant-dernier du test qui vient de se conclure à Buriram, à 2″1 de la meilleure performance. Sans progrès notable au chrono, il remarque surtout qu’il ne s’est pas encore totalement adapté aux pneus Michelin, lui qui est habitué à courir en Pirelli.
S’il a déjà réussi à trouver ses marques avec les freins en carbone, l’entrée dans les virages reste en revanche assez problématique. Il en a pris toute la mesure en suivant son nouveau coéquipier, Jack Miller, dans un time attack, dimanche en Thaïlande.
“On a essayé de faire une simulation de course”, explique le pilote Pramac Racing. “Mais je n’aime pas le set-up. On a deux motos, chacune avec un set-up différent, et je n’aime pas ça. Dans mon dixième tour, je crois, je suis revenu au stand, parce que je faisais des chronos lents et je me suis dit qu’il valait mieux rentrer parce que tout ne se passait pas bien.”

Toprak Razgatlioglu (Pramac Racing)
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
“Donc je me suis arrêté au stand, ensuite j’ai fait les essais de départ, et après le déjeuner, on a repris vers 15h30 et on a commencé à utiliser des pneus usés pour comprendre la moto. On a fait de bons chronos. Les pneus [avaient] environ 14 tours et on a fait environ six ou sept tours avec, en faisant de très bons chronos. Je suis surpris, parce que quand je fais beaucoup de tours, je commence à m’adapter à la façon dont il faut piloter cette moto et j’essaie aussi de gérer les pneus.”
Jack se penche beaucoup, directement. Au début, j’attendais sa chute !
“Quand j’ai suivi Jack pour le time attack, j’ai été très surpris. Je perds beaucoup dans le premier virage, et même dans le premier secteur en général. Et j’ai compris [en le voyant] que je roule toujours un peu calmement, parce que je n’ai pas beaucoup confiance dans le pneu avant.”
“Au freinage, ça va, mais quand je m’incline, je ne connais pas la limite. Or quand je vois Jack dans le premier virage, il se penche beaucoup directement. Au début, j’attendais sa chute ! Mais en voyant comment il a pris le virage, j’ai été surpris.”
“C’est bien, parce que c’est mon coéquipier et je peux regarder ses données. Je peux facilement essayer d’apprendre pour aller dans sa direction. [Les autres] connaissent les pneus et ils peuvent leur faire confiance pour s’incliner immédiatement, alors que je suis encore en train d’apprendre. Mais quand même, j’étais surpris aujourd’hui quand j’ai regardé Jack.”
Razgatlioglu reste timoré en entrée de virage
En tant que pilote Yamaha, Toprak Razgatlioglu peut aussi échanger avec Álex Rins et Fabio Quartararo, et ce dernier est d’ailleurs venu lui donner quelques conseils ce week-end. “Je suis encore en train d’apprendre, mais il m’a dit de ne pas me précipiter, que Yamaha s’améliorait et que j’essayais de m’adapter aux pneus. Il a dit que pour lui aussi, c’était très difficile, qu’il essayait aussi de s’adapter à la nouvelle moto”, explique-t-il.
Et Razgatlioglu de poursuivre, avouant que la frustration qu’il ressentait en Malaisie reste palpable face à sa lenteur actuelle : “Il m’a juste dit de garder mon calme, de ne pas me précipiter, de ne pas détruire mon… [J’essaye toujours d’aborder] les virages les uns après les autres, de faire de mon mieux, mais les chronos ne viennent pas et ça me rend toujours triste.”
“Je le sais, malgré tout, parce qu’en passant en MotoGP, j’ai tout de suite compris que les pneus et les motos étaient complètement différents et que j’aurais besoin de m’y adapter. Je ne me suis pas encore véritablement adapté, en particulier au pneu avant.”
“Pour ce qui est des freins, je peux freiner fort, mais au moment de m’incliner, je n’ai pas aussi confiance que les autres pilotes. Il se penchent complètement quand la moto commence à tourner, alors que moi, j’attends, parce que je m’attends à perdre l’avant. Je ne suis pas encore tombé, la moto est encore entière, mais… j’ai peut-être besoin de tomber pour comprendre où est la limite !”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

