Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Dans la saison d’Enea Bastianini, il restera un podium libérateur obtenu à la fin de l’été, mais aussi des difficultés avec la KTM qui ont parfois paru insolubles. Quand Maverick Viñales s’adaptait très vite et que Pedro Acosta passait un cap notable à mi-saison, la déception se faisait sentir autour de l’Italien, particulièrement lorsqu’il figurait si loin au classement de la première journée d’un Grand Prix que la suite de son week-end en était immédiatement compromise.
“C’est souvent arrivé, tous les week-ends. À l’exception de deux ou trois week-ends, c’est la tendance : un vendredi compliqué, un samedi qui l’est un peu moins et le dimanche, en course, où l’on est compétitifs”, a décrypté le pilote Tech3. “Mais on l’est aussi parce qu’avec le pneu medium, en course, je trouve la confiance pour être rapide. Quand on met le pneu soft à l’arrière, la moto me transmet l’inverse : pas de confiance, je ne peux pas attaquer.”
La saison n’était pas terminée qu’Hervé Poncharal faisait le constat, pour GPOne, qu’améliorer le tour qualifs était une véritable nécessité pour Enea Bastianini. “Nous connaissons son potentiel, il le démontre chaque dimanche, et parfois aussi dans le sprint. Mais il pourrait obtenir des résultats encore meilleurs en course s’il arrivait à s’améliorer sur le tour lancé”, pointait alors le directeur de l’équipe Tech3.
“Enea sait que les autres pilotes KTM s’améliorent de façon notable avec un train de pneus neufs, mais lui n’y arrive pas. Enea ne se plaint pas de sa moto, il est conscient qu’il doit chercher le problème en lui. Il doit développer de meilleures sensations avec le time attack.”

Enea Bastianini s’est souvent qualifié très loin.
Photo de: Rob Gray / Polarity Photo
Ces meilleures sensations qu’il parvient à développer le week-end avançant expliquent que l’on ait vu décrocher son podium de Barcelone en ayant gagné six places en course et, plus spectaculaire encore, passer de 19e à septième pendant le GP de Malaisie. “Imaginez ce qu’il pourrait obtenir s’il arrivait à se classer parmi les six premiers en qualifications, la situation en course serait complètement différente”, constatait alors Hervé Poncharal.
Et la remarque de celui qui était encore cette année le grand patron de l’équipe Tech3 se justifiait, car le pilote italien a très souvent dû se résoudre à prendre le départ des courses du fond de la grille. Son problème n’a pas uniquement été de devoir passer par la Q1, mais tout bonnement de faire partie des derniers qualifiés de façon systématique jusqu’à mi-saison. Si ses performances sur le tour qualifs ont connu une soudaine inflexion pendant l’été, avec un accès, parfois direct, à la Q2 pendant quatre Grands Prix de suite, il est ensuite repassé en fond de grille à partir de Misano.
Même en ayant travaillé avec trois chefs mécaniciens différents au cours de la saison, des changements initiés par sa séparation inattendue avec son technicien de confiance Alberto Giribuola, Enea Bastianini a toujours été en quête de confiance en pneus neufs, en vain.
Un problème lié aux pneus plus qu’à la moto ?
Aux yeux d’Hervé Poncharal, ce point noir n’est pas dépendant de la moto ni de l’équipe actuelle du pilote italien, car il avait été témoin cette saison de ce handicap du pilote italien, qu’il avait pourtant déjà observé lorsque celui-ci courait chez Ducati.
“C’est la première année d’Enea avec la KTM et il comprend à présent qu’il doit améliorer la qualité de son time attack parce que cette faiblesse lui a parfois empêché d’obtenir de meilleures performances chez Ducati. C’est surtout une question de confiance. Nous, en tant qu’équipe, nous devons l’aider à trouver cette confiance”, pointait le Français.

Que ferait Enea Bastianini s’il n’était pas contraint à de grandes remontées en course ?
Photo de: Marc Fleury
De son côté, Enea Bastianini a surtout le sentiment que les pneus utilisés pour les courtes distances le pénalisent. “Si on analyse tout, je suis souvent rapide pendant le warm-up. C’est toujours pareil, c’est quand on utilise le pneu de la course. Alors que quand on utilise le pneu du sprint, qu’on court avec le soft, je suis tout le temps derrière”, a-t-il constaté.
L’Italien déplore également un travail trop important à mener sur les réglages de sa moto. “Ce qui me manque, c’est de trouver le bon feeling immédiatement. Souvent, je mets vraiment longtemps à retrouver les mêmes sensations”, notait-il au Portugal. “Soit je n’ai pas encore trouvé un set-up de base pour bien travailler, soit c’est une moto qui requiert plus de modifications que la normale.”
“Cette année, si on regarde les données, j’ai beaucoup changé [les réglages] et les autres aussi. Mais c’est probablement parce que c’est ce que requiert cette moto. Mais il est important de le faire vite et de comprendre ce processus dès le vendredi. C’est le moment où il est très important d’être dans le top 10 et ça permet de résoudre le week-end en très peu de temps. Si on est derrière, on peut se retrouver en Q1 face à beaucoup de pilotes rapides, et vu qu’on sait que le time attack nous manque un peu pour le moment, on reste derrière.”
“Je sais comment aborder un week-end, mais il faut avoir les idées claires, alors que la situation n’était pas claire pour moi cette année”, a encore fait remarquer le pilote. Et en concluant le dernier Grand Prix de la saison, Enea Bastianini exprimait en tout cas le vœu de rectifier le tir sur ce point l’année prochaine, conscient qu’il s’agit à présent d’une nécessité. “Oui, je pense que ce sera très important de progresser dans ce domaine pour moi. L’hiver va être très dur, franchement. On verra, je dois encore établir le premier programme de l’hiver, mais j’en suis en tout cas conscient”, notait-il en quittant Valence.
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |
