Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
On a beau rester le même pilote, enrichi par l’expérience acquise au fil des années, et ne pas changer d’équipe, il est surprenant de voir à quel point deux saisons peuvent être radicalement différentes l’une de l’autre. Ce qu’a vécu Pecco Bagnaia en 2025 est frappant en ce sens, une situation extrême qui l’a vu passer de candidat incontestable au titre pendant quatre ans, doublement vainqueur du championnat au passage, à un pilote qui aura semblé perdu tout au long de cette campagne 2025.
L’évolution de la GP24 en GP25, avec aux dires des ingénieurs Ducati, seulement de minimes changements, paraît l’avoir totalement déstabilisé, le privant de la solidité essentielle pour lui à l’avant de la machine. Ses résultats se sont effondrés, particulièrement dans la seconde moitié de la saison où il a multiplié les chutes, et sa confiance a surtout été fortement ébranlée.
De toute évidence soulagé d’en finir lorsque s’est conclu le 22e week-end de course d’une année extrêmement éprouvante pour lui, Bagnaia faisait le vœu de retrouver de la stabilité, c’est-à-dire avant tout des sensations constantes d’une piste à l’autre et des performances qui fassent sens, au contraire de la versatilité qui a été la sienne cette année, inexplicable à ses yeux.
Au sein de son équipe, on sait aussi qu’il va falloir réparer les séquelles d’une telle saison. À l’heure d’en dresser le bilan dans son habituelle chronique sur LinkedIn, Gigi Dall’Igna s’est montré bienveillant à l’égard de son pilote, rappelant la part de malchance dans ce que Bagnaia a dû endurer.
“L’équipe officielle a souffert pour Pecco, à qui, il faut le dire, la chance n’a rien épargné. Dans la dernière partie du championnat, en particulier, il n’a pas réussi à récolter autant qu’il aurait pu, même dans des situations qui n’étaient pas optimales. Les choses auraient certainement dû se dérouler différemment, mais si l’on ajoute la malchance à tout cela, tout devient beaucoup plus difficile, tant pour l’équipe que pour le pilote”, observe le directeur général de Ducati Corse.

Pecco Bagnaia a fini le dernier Grand Prix à pied.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Mais Dall’Igna estime qu’il est essentiel de s’endurcir sur la base de l’épreuve traversée cette année : “Pour en tirer de précieuses leçons, je suis convaincu que de telles situations doivent être assimilées comme des anticorps, afin d’en tirer encore plus de détermination pour aller de l’avant et retrouver celui que l’on était. En d’autres termes, une leçon à retenir : après tout, en 2026, nous serons inévitablement confrontés à des inconnues majeures auxquelles il faudra faire face, alors autant chérir ce qui s’est passé dans notre passé récent.”
Trouver les clés pour que 2026 soit une saison différente
Au cours de la saison déjà, Gigi Dall’Igna avait suggéré que les problèmes de Pecco Bagnaia n’avaient pas uniquement une origine technique, mais que le mental pouvait également avoir joué un rôle. À la fin de la saison, il a une nouvelle fois émis le souhait que le travail de réparation à mener avec le pilote italien se fasse sur les deux plans, l’aspect technique qui lui incombe directement mais aussi l’aspect humain.
“Nous avons gagné deux championnats avec lui. Moi, j’ai gagné mon premier titre pilotes MotoGP avec lui, donc c’est assurément un pilote auquel je suis particulièrement reconnaissant”, a d’abord rappelé Dall’Igna lorsqu’il a été interrogé par Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du MotoGP, sur cette situation complexe.
Et d’ajouter : “Nous allons clairement essayer de tout faire, comme nous l’avons déjà fait cette année, mais si c’est possible nous essaierons de faire encore plus. Il faut prendre les choses des deux côtés, tant d’un point de vue technique qu’humain pour essayer de reconstruire la confiance. La confiance a en soi des composantes techniques, mais aussi certainement de nombreuses composantes humaines.”
Il faut prendre les choses des deux côtés, tant d’un point de vue technique qu’humain pour essayer de reconstruire la confiance.
Avec l’épineux cas de Pecco Bagnaia, Ducati voit son bilan de la saison terni alors même que celle-ci a été impressionnante en matière de réussite, avec un pilote d’une équipe satellite, Álex Márquez, solide vice-champion du monde et un Marc Márquez de retour à son meilleur niveau vainqueur incontestable du championnat après d’une accumulation de victoires.
Davide Tardozzi, team manager de l’équipe d’usine, n’oublie pas ce point noir à l’heure du bilan et fait preuve de la plus grande compassion à l’égard du pilote italien. “Douloureux, c’est le bon mot”, répond-il lorsque le site officiel du MotoGP lui demande de décrire le championnat de Bagnaia.
“J’adore Pecco, il est l’un des pilotes les plus importants pour Ducati à ce jour, si ce n’est le plus important, car il a remporté deux titres et 31 courses pour nous. Il mérite notre aide maximale”, poursuit-il. “Nous n’avons parfois pas été en mesure de la lui donner. Cependant, nous savons aussi que Gigi et l’ensemble de Ducati Corse font beaucoup d’efforts pour résoudre son problème mais il n’a pas trouvé les bonnes sensations avec cette moto cette année. Nous travaillons avec lui pour essayer de vivre une année 2026 complètement différente.”
“C’est dommage que Pecco n’ait pas pu performer correctement, comme nous sommes sûrs qu’il le peut. Il a fait un bon début de saison d’une certaine manière, il a fait une course incroyable au Japon, en revanche nous avons rencontré des problèmes lors de d’autres courses, qui ont fait qu’il n’a pas performé comme il le pouvait”, reprend Davide Tardozzi, qui promet : “Nous avons tout gagné, mais nous nous occupons vraiment de ce qui n’a pas fonctionné, en l’occurrence Pecco.”
Votre avis nous intéresse !
Qu’aimeriez-vous voir sur Motorsport.com ?
– L’équipe Motorsport.com
| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

