“Des débuts très forts” : comment Lorenzo analyse la reprise de Ducati

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Triplement titré avec Yamaha, passé également chez Ducati (avec qui il a gagné) et Honda, Jorge Lorenzo était un observateur très attentif des premiers tests de l’année, en Malaisie, et d’autant plus intéressé qu’il est aujourd’hui associé à Maverick Viñales dans le but de le ramener au sommet avec KTM.

Le Majorquin s’est dit impressionné par les performances de Ducati lors de ces essais, jugeant le constructeur de Borgo Panigale un cran au-dessus de la concurrence malgré les signes de progrès montrés également par les autres marques.

“Ducati et Aprilia sont plus ou moins au même niveau. On [KTM] est un peu derrière mais on remonte. Et puis, Honda a fait de gros progrès. Ces quatre motos sont très similaires”, a-t-il d’abord estimé au micro du site officiel du MotoGP.

Dans le détail, toutefois, Lorenzo a vu une Desmosedici déjà redoutable en piste et semble déjà partir de l’idée qu’elle dictera le rythme cette saison. “Malheureusement, Ducati semble avoir clairement fait un pas en avant, un grand pas en avant”, a-t-il ainsi observé.

“Si on regarde la piste, on voit que la Ducati est très fluide dans les virages, très électrique, surtout en sortie de virage. Ils sont très fluides quand ils sont sur l’angle maximal avec 20% d’accélération, mais quand ils se redressent aussi, ils conservent très longtemps cette fluidité.”

“Les autres motos semblent en revanche un peu plus nerveuses, en particulier la nôtre qui est encore un peu capricieuse dans ce domaine, il faut qu’on améliore ça. En tout cas, on a pu voir Álex [Márquez], Marc [Márquez] et Pecco [Bagnaia] faire une simulation de sprint vraiment très impressionnante.”

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Jorge Lorenzo est notamment frappé par le correcteur d’assiette de la Ducati, que Gigi Dall’Igna a voulu développer jusqu’à la quintessence cette année et qui aide à obtenir cette extraction fluide sans perte de motricité.

“D’après ce que j’ai pu voir, ils ont amélioré le holeshot arrière. Au départ, mais aussi à la sortie des virages, il paraît vraiment très bas, ce qui aide certainement à l’accélération et empêche le wheelie”, a confirmé Lorenzo. “On a aussi vu de très grandes ailes à l’avant de la moto, presque comme sur une Formule 1 ! Et il est évident que cet appui aide beaucoup à maintenir la moto très stable à l’accélération.”

Maverick Vinales, Red Bull KTM Tech 3

Maverick Vinales (Red Bull KTM Tech3)

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

“Je pense que Ducati n’a pratiquement rien amélioré l’année dernière, alors ils ont continué à travailler pour cette année, et d’après ce que je vois sur cette piste, ils ont clairement fait un pas en avant. Aprilia n’est pas si mal, Honda a également fait de jolis progrès”, a-t-il ajouté, précisant que KTM “s’est amélioré, mais pas encore autant” que souhaité au vu des progrès réalisés par la concurrence.

“Après, ça n’est qu’un seul circuit et peut-être que sur un autre, Aprilia et nous on arrivera à se rapprocher. Ça change beaucoup d’une piste à l’autre, mais il est évident que ces débuts de Ducati sont très forts.” 

Yamaha est à la traîne

Quid de la cinquième marque engagée en MotoGP ? En tant qu’ancien pilote Yamaha, Jorge Lorenzo n’est évidemment pas insensible à la situation que vit le constructeur d’Iwata, actuellement en pleine révolution pour troquer son traditionnel quatre cylindres en ligne contre un V4.

“Yamaha est clairement un cran derrière pour le moment et ils ont même cassé des moteurs, ce qui n’est pas génial. Même du point de vue de la vitesse, Yamaha est la seule qui soit deux, trois ou quatre dixièmes plus lente”, a-t-il constaté.

Alex Rins, Yamaha Factory Racing

Álex Rins (Yamaha Factory Racing)

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

“Historiquement, ils ont choisi ce moteur quatre cylindres, et [le V4] change énormément. C’est un moteur complètement différent, une philosophie complètement différente, et c’est une toute nouvelle moto, donc ils doivent en passer par cette mauvaise expérience, avec des casses moteurs et un manque de puissance, et comprendre comment ils peuvent s’améliorer. Ça n’est pas si facile, car les autres marques ont un très gros avantage sur ce point.”

L’autre marque japonaise du championnat, Honda, a en revanche montré des signes de progrès continus après le rebond notable constaté la saison dernière. Mais Jorge Lorenzo a souhaité tempérer cet enthousiasme, rappelant encore et toujours le niveau élevé qu’impose Ducati.

“Oui, c’est un gros step. Aleix [Espargaró] a par exemple déclaré que cette moto était probablement la meilleure MotoGP qu’il ait jamais pilotée. On sait qu’Aleix a parfois tendance à exagérer un peu, mais il est certain qu’il ressent quelque chose et les résultats sont là. Marini est toujours performant, dans le top 5, Zarco est un peu loin, mais Mir était premier hier. Or, si la moto n’est pas compétitive, on ne peut pas aller aussi vite.”

“Après, ils ont essayé une simulation de sprint, et ils n’ont bien sûr pas été aussi performants que Ducati. Je crois que pour l’instant, la Ducati est une moto plus facile à piloter pour maintenir cette vitesse plus longtemps.”

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa
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