Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Pour célébrer leur récente union, Marco Bezzecchi et Aprilia ont effectué leur voyage de noces en Malaisie. En l’absence de Jorge Martín, qui doit encore se rétablir de deux opérations au mois de décembre, l’Italien avait une lourde responsabilité dans le choix des pièces pour l’équipe officielle, même si le pilote d’essais Lorenzo Savadori et les représentants de Trackhouse ont également contribué au travail.
Bezzecchi a suivi une approche méthodique, en entamant la semaine sur la moto de la saison 2025 pour établir une base, en passant petit à petit en revue les nouveautés apportées par le constructeur pour faire des comparaisons.
“Je ne peux pas me plaindre”, indiquait-il mardi, après la première journée en piste. “Bien sûr, il est encore tôt pour pouvoir faire un commentaire clair au sujet de la nouvelle moto, mais c’est intéressant. Les gars de Noale ont fait du bon boulot. Ils nous ont apporté beaucoup, beaucoup de choses, beaucoup de pièces à tester, donc il va falloir qu’on fasse beaucoup de tours.”
“Je dois dire que les gars de Noale ont clairement été très bons, parce qu’ils nous ont apporté des choses très intéressantes”, a-t-il ajouté.

Marco Bezzecchi a testé beaucoup de nouveautés sur l’Aprilia à Sepang.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Mercredi, Bezzecchi reconnaissait avoir “besoin d’un peu plus de temps pour comprendre” et une fois le test conclu, il évoquait simplement une Aprilia qui s’est “un peu améliorée” cette année.
Interrogé sur certaines évolutions, comme les complexes ailerons apparus à l’arrière de la selle, l’Italien a reconnu ne sentir que “de très petites différences”, sans vouloir entrer dans les détails : “Vous me posez toujours des questions auxquelles je ne peux pas répondre. Mon boss ne veut pas que je réponde.”
Alors, autant interroger directement le boss en question, Massimo Rivola. Le directeur général d’Aprilia Racing a confirmé la tendance positive du côté du constructeur italien. “Je suis content, évidemment, que la moto de 2026 soit meilleure que celle de 2025”, a commenté Rivola. “Cela montre à nouveau que Noale est une bonne entreprise, capable de produire de bonnes motos et aussi d’améliorer les performances chaque année.”

Aprilia a la certitude d’avoir fait des progrès.
Photo de: Mohd Rasfan – AFP – Getty Images
Le travail effectué à Sepang a surtout permis de faire un certain tri parmi toutes les nouveautés apportées et de définir l’essentiel de ce que sera l’Aprilia RS-GP26. Même si Bezzecchi assure que “rien n’est décidé”, les grandes lignes sont déjà définies, ce qu’il fallait faire dès cette semaine puisque le test de Buriram ne sera qu’à une semaine du début de la saison, ne laissant que peu de latitude pour de gros changements.
“Il y aura également de petites pièces en Thaïlande”, a précisé Rivola. “Je pense que 80 à 90% du package sera finalisé ce [jeudi] soir, mais après avoir tout analysé à la maison, de petits détails seront apportés en Thaïlande pour les derniers développements afin d’avoir une base assez solide”.
“Il est évident que la Thaïlande est un circuit assez différent en termes d’aérodynamique et de caractéristiques, c’est plutôt un circuit stop-and-go. Oui, il y aura quelque chose de plus.”
Ducati a toujours l’avantage
Aprilia a donc pu définir la configuration de sa moto pour la saison 2026 mais ignore encore ce qu’elle vaut véritablement face à la concurrence. Rivola se méfie des progrès qu’auraient pu faire les autres marques, et ne semble exclure que Yamaha de l’équation après la semaine difficile du constructeur japonais.
“Nous ne pouvons travailler que sur notre moto, sur nous-mêmes, et pas sur les autres. Nous avons vu que presque tout le monde s’était amélioré, nous avons vu Honda être très rapide, Ducati être à nouveau la référence, KTM être meilleure que l’année dernière. Donc honnêtement, je pense que ça va être un championnat plutôt intéressant, avec à nouveau quelqu’un en tête, et qui est toujours le même, mais nous resterons dans leur sillage.”

Marco Bezzecchi pourra-t-il rester au contact de Pecco Bagnaia cette année ?
Photo de: Mohd Rasfan – AFP – Getty Images
Le clan Aprilia a-t-il au moins réduit l’écart avec Ducati ? “Je ne peux pas encore vous le dire”, a concédé Rivola. “Nous devons attendre un peu, car en test, il est toujours difficile de savoir combien de tours avait le pneu, combien d’essence il y avait dans ce réservoir…”
“Pecco [Bagnaia] a fait une simulation de sprint [qui fait que] l’on pourrait maintenant tous rentrer chez nous et se revoir en 2027 ! [rires] Nous avons certainement une moto meilleure que l’année dernière, et l’année dernière ne s’est pas mal passée, donc nous ne pouvons qu’être optimistes. Dans quelle mesure les autres se sont-ils améliorés ? Les autres ont clairement progressé eux aussi. Il est encore un peu tôt pour le dire, mais en tout cas Ducati restera une référence.”
J’ai vu des pilotes et je tenais la comparaison, mais c’est difficile de faire un commentaire clair.
Marco Bezzecchi a lui aussi du mal à positionner Aprilia dans la hiérarchie. “C’est difficile de faire un commentaire clair parce que tout le monde suite son propre plan”, a rappelé le pilote. “On ne sait jamais quels pneus [sont utilisés], combien de tours ils ont fait, combien de carburant [ils ont embarqué]. J’ai vu des pilotes et je tenais la comparaison, mais c’est difficile de faire un commentaire clair.”

Marco Bezzecchi a apporté ses commentaires à Aprilia.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
La difficulté tient aussi aux conditions de piste, anormalement favorables après une semaine d’essais, entre le Shakedown puis le test collectif. Les pilotes ont déposé énormément de gomme sur le circuit, ce qui permet de trouver un grip loin de ce qu’offre un circuit pendant un Grand Prix… et complique le travail de développement.
“Oui, c’est difficile, surtout [mercredi et jeudi], parce qu’on a l’impression que tout va bien”, a expliqué Bezzecchi. “Donc il faut vraiment être super concentré et essayer de tout sentir sur la moto, essayer d’être précis dans les commentaires parce que la piste est très bonne. Le rythme est donc très bon et, par rapport à la course, on va beaucoup, beaucoup plus vite.”
“Ça n’est pas super facile, par contre c’est génial de rouler sur une piste comme ça parce que quand on vient ici pour le week-end de course, malheureusement, les conditions de piste sont toujours difficiles en termes de niveau de grip. Et piloter une MotoGP sur une piste comme celle-ci, c’est super fun.”
Avec Léna Buffa
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud |

