Un objectif pour Bastianini : ne pas se focaliser sur les résultats

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Pour la saison à venir, Enea Bastianini compte bien remonter la pente après une première campagne très compliquée avec KTM. À la traîne dans son adaptation à la RC16, il avait montré de nets signes de progrès pendant l’été, réalisant une belle série de quatre Grands Prix auréolée par deux premiers podiums avec la marque (un en sprint, un en course longue), mais il s’était ensuite effondré.

Touché par sa séparation brutale avec son chef mécanicien de confiance, le pilote Tech3 a subi une instabilité aux effets néfastes, ainsi qu’une fatigue mentale qu’il a comprise par la suite. L’hiver lui a permis de décrypter cette année mouvementée, pour mieux retenir les éléments encourageants qu’ont été ses progrès estivaux. Il pense aussi avoir identifié ses faiblesses et ce qu’il doit absolument améliorer, et veut donc s’attacher cette année à penser à ses sensations sans se laisser déconcentrer par les résultats bruts.

Bien qu’il pense pouvoir rééditer les bonnes performances des Grands Prix très réussis qu’il a réalisés durant la période estivale, il voit aujourd’hui les choses différemment : “Pour être honnête, je n’ai pas besoin d’être trop focalisé sur les résultats pour le moment. Il faut juste que j’aie de bonnes sensations sur la moto et je pense que ce sera très important d’établir une bonne base pendant les tests. J’ai un nouveau chef d’équipe à nouveau et je suis content de commencer en Malaisie.”

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Comment va-t-il faire pour ne pas trop s’attacher à suivre ses résultats bruts ? “C’est toujours ce qui est le plus difficile à faire, c’est normal. Dans le passé, mon erreur a peut-être été de tout de suite regarder les résultats. Dès le premier run, j’essayais de comprendre quel retard je prenais sur les autres, ou parfois quelle avance j’avais sur eux. Cette année, je veux aborder les choses différemment, essayer de ne plus trop me focaliser sur ça mais plutôt sur mes sensations au guidon.”

“Je crois que c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Ça ne sera pas facile, parfois on peut facilement se laisser transporter par les résultats et par ce qui se passe sur le moment, mais je suis sûr que je vais réussir à gérer ça. J’en ai déjà parlé avec l’équipe et on va se focaliser sur mes sensations plus que sur les chronos.”

Une première saison trop loin des avant-postes

Avec le recul, Enea Bastianini concède qu’il a sans doute nourri des attentes trop élevées en 2025, première saison qu’il vivait avec une autre moto que la Ducati. “Je n’étais peut-être pas prêt à revoir mes résultats, en particulier au début.”

“Le fait de devoir me battre en course pour obtenir au maximum un top 10, ça n’a pas été facile pour moi. Je me suis toujours battu pour les cinq premières places, de 2022 à 2024, et me retrouver à me battre derrière a été un peu difficile, sincèrement.”

“Je dois dire cependant que je me suis beaucoup focalisé sur le fait de trouver sur cette moto des sensations que je ne pouvais pas avoir, et ça a certainement été une erreur de ma part dans l’approche que j’ai eue l’année dernière. C’est pour ça que je dis que cette année, je ne veux pas tellement me focaliser sur les résultats, surtout pendant les tests, mais sur mes sensations car c’est ça qui compte.”

Enea Bastianini, Red Bull KTM Tech 3

Enea Bastianini a fait troisième au GP de Catalogne la saison dernière.

Photo de : KTM Images

On le sait, KTM a vécu une année 2025 compliquée et le niveau de performance de la RC16 a certainement péché en début de championnat. Mais Bastianini a aussi eu du mal à adapter son pilotage à la moto et à décrypter son comportement.

“Je sais que la KTM peut être une moto rapide et cette année elle sera aussi probablement un peu différente, on le verra dans les tests, mais son potentiel n’est pas facile à découvrir”, observe-t-il. “C’est une moto très complexe.”

“Les conditions météo nous mettent un peu en difficulté quand elles varient, donc la situation change parfois entre le matin et l’après-midi. Il va falloir qu’on suive un peu ça. Mais je suis confiant parce que cette année, je suis certain de travailler avec des personnes qui vont pouvoir m’aider.”

“Évidemment, je dois être honnête avec moi-même, j’ai beaucoup à démontrer sur cette moto, mais ça n’est pas quelque chose qui me préoccupe tellement parce que je sais que je peux le faire.”

“Je l’ai fait sur deux ou trois courses l’année dernière, alors je dois juste travailler un peu plus sur la constance et la qualif, qui m’a bloqué énormément. En course, j’avais souvent la vitesse pour être parmi les cinq ou six premiers. Ce sera le plus gros défi.”

Un changement de dynamique perceptible chez KTM

Quant à la moto en elle-même, le pilote italien l’attend en progrès alors que l’on annonce beaucoup de nouveautés à tester dans les stands KTM pour les premiers tests de l’année. Lui qui a longtemps attendu une nouvelle selle l’an dernier, est-il confiant que ces changements vont lui convenir ? “Oui. Je suis confiant parce que par rapport à l’année dernière, j’ai vu une mentalité différente chez KTM.”

Enea Bastianini (Red Bull KTM Tech 3)

Enea Bastianini (Red Bull KTM Tech 3)

Photo de : KTM Images

“Ils sont très motivés à l’idée de nous donner la meilleure moto possible. On aura beaucoup de choses à tester en Malaisie. Je ne sais pas si on aura déjà toutes les pièces pour ce test, mais je pense qu’au moment des courses, on sera prêts à 99%. […] Il faut qu’on vérifie les choses pendant les tests. Parfois, on peut très bien avoir beaucoup de choses à essayer mais n’en conserver qu’une seule, c’est souvent arrivé. Je pense néanmoins que cette année sera différente de la précédente.”

Questionné pour savoir s’il avait connu son hiver le plus dur depuis qu’il en MotoGP, compte tenu des grandes difficultés rencontrées en 2025, Enea Bastianini ne s’appesantit pas sur son sort. “En réalité, ça a été le plus facile”, répond-il, “parce que je pense que je ne peux que m’améliorer par rapport à l’année dernière.”

“Au début, je gambergeais pas mal, j’avais beaucoup de choses en tête. Ensuite, j’ai réussi à débrancher et je crois que j’ai réussi à très bien me préparer, aussi bien physiquement que mentalement. Je me sens prêt à commencer.”

“Je suis très confiant de pouvoir être rapide dès le début de la saison. Évidemment, pendant les premières courses avec mon nouveau chef d’équipe, il va falloir qu’on prenne nos repères, mais si on travaille bien pendant le test en Malaisie, ça sera plus facile.”

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa
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