Toujours pas de sponsor titre en MotoGP : la déception d’Aprilia

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Lorsqu’Aprilia a lancé sa saison 2026, le PDG de la division course, Massimo Rivola, a admis être déçu qu’aucun sponsor titre n’ait rejoint le programme. L’équipe d’usine de Noale vient pourtant de connaître ce qui est à ce jour sa meilleure campagne en MotoGP, avec plusieurs victoires, la troisième place du championnat pilotes et la seconde chez les constructeurs.

Elle sera à nouveau, cette année, la seule équipe d’usine à ne pas afficher de sponsor titre, c’est-à-dire de partenaire présent dans son naming officiel, et ce en dépit du fait que plusieurs marques notables figurent pourtant dans son portefeuille de sponsors. Trackhouse, équipe satellite d’Aprilia, est la seule autre équipe à se trouver dans cette situation.

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En tant que constructeur relativement petit par rapport aux géants japonais que sont Honda et Yamaha, qui vendent chacun des millions de motos chaque année, Aprilia est confrontée à une réalité financière différente de celle de ses concurrents. Bien qu’elle fasse partie du groupe Piaggio, la société italienne reste, sur la scène européenne, éclipsée par le groupe Volkswagen, propriétaire de Ducati, et Bajaj Auto, nouveau propriétaire de KTM.

Pour autant, des investissements réguliers ont permis à Aprilia Racing de faire de sa RS-GP une moto victorieuse et de faire croître ses résultats jusqu’à s’affirmer comme deuxième force du plateau l’an dernier, derrière le mastodonte des courses qu’est aujourd’hui Ducati.

“Je préfère parler de partenaires plutôt que de sponsors, car nous sommes vraiment dans une situation où nous partageons tout le temps les mêmes émotions”, a expliqué le PDG d’Aprilia Racing lors de la présentation organisée le 15 janvier dernier.

“Je pense que lorsque vous commencez à croire dans un projet, quelle que soit la direction qu’il prend, vous gagnez tant que vous partagez cela avec vos collaborateurs, vos partenaires. Au final, ce sont les personnes qui font la différence. Donc, si nos partenaires croient en ce que nous faisons, s’ils croient en moi, en Fabiano [Sterlacchini, directeur technique] et donc en d’autres personnes, je pense que nous continuerons à les associer aux sponsors que nous avons actuellement.”

Massimo Rivola, Sports Director of Aprilia

Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing

Photo : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Et Massimo Rivola d’avouer être frustré que les succès acquis en piste par Aprilia ne se soient, pour le moment, pas traduits par sa capacité à attirer un sponsor principal pour son équipe d’usine.

“Honnêtement, je ne veux pas dire que je suis surpris, mais je suis évidemment un peu déçu que nous n’ayons pas trouvé de sponsor titre. Heureusement, nous avons un groupe de partenaires qui peut nous sauver. Mais j’aimerais beaucoup appeler un jour monsieur Colannino [PDG du groupe Piaggio, ndlr] et lui dire que nous avons trouvé dix millions pour aider le budget ! Cela fait partie de mon travail, et je vais faire de mon mieux.”

Le sponsor titre des équipes MotoGP

Équipe

sponsor titre

Aprilia

Trackhouse

Ducati

Lenovo

Gresini

BK8

VR46

Pertamina

Honda

Castrol

LCR

Castrol/Pro Honda

KTM

Red Bull

Tech3

Red Bull

Pramac

Prima

Yamaha

Monster Energy

Il faut mieux exploiter le show MotoGP

Depuis quelques mois, le MotoGP est entré dans le giron de Liberty Media, le groupe américain déjà à la tête de la promotion de la Formule 1. Ce changement est globalement perçu comme une aubaine pour les Grands Prix moto, car en dépit du fort engagement que génèrent les courses auprès des passionnés, le MotoGP n’a pas encore réussi à exploiter pleinement son potentiel commercial, et particulièrement si on le compare à la F1.

Ce contraste se reflète très clairement dans la valorisation des équipes : alors que toutes les écuries de F1 valent désormais bien plus d’un milliard de dollars, les équipes MotoGP n’en sont qu’à une fraction de ce montant. Massimo Rivola, un ancien de la F1, a fait le lien lorsqu’il a été interrogé sur les raisons pour lesquelles les grandes marques ne sont pas disposées à investir dans le MotoGP.

“La réponse serait très longue. Mais en deux mots, je pense que le niveau des marques MotoGP ne s’est pas encore [élevé]. Je ne pense pas qu’elles vont s’élever comme cela a été le cas en Formule 1. Il est évident que les investissements ont été énormes en F1.”

“Je ne crois pas que nous devions faire un copier-coller de ce qui s’est passé en F1. Je pense que le MotoGP a ses propres caractéristiques et que nous devrions les conserver. Mais en termes de marque, il est certain que nous devons tous élever ce niveau. Les pilotes doivent être utilisés comme des ambassadeurs du spectacle que nous proposons et qui reste le meilleur au monde.”

Le MotoGP offre un show encore trop peu exploité d'un point de vue commercial.

Le MotoGP offre un show encore trop peu exploité d’un point de vue commercial.

Photo de : MotoGP

L’une des voies déjà empruntées par la F1 et que suit le MotoGP est celle d’une amplification des calendriers. Celui des motos s’est considérablement intensifié pour atteindre 22 Grands Prix actuellement, avec à chaque fois un sprint en plus de la course habituelle du dimanche. Si certains pilotes alertent régulièrement sur le poids, à la fois mental et physique, de saisons aussi chargées, Massimo Rivola estime qu’un tel calendrier est gérable, mais qu’il faut s’attacher à générer des revenus plus importants pour les équipes.

“Ce serait bien d’en avoir moins”, a-t-il admis au sujet du nombre de Grands Prix. “Je ne pense pas que nous en aurons moins, surtout avec l’arrivée de Liberty, car le spectacle est évidemment ce qui rapporte. Tant que nous élevons le niveau du business, je pense que nous pouvons couvrir 22 courses, y compris avec le nombre de tests que nous faisons actuellement. Une solution pourrait peut-être consister à réduire considérablement les tests.”

“Je dis cela parce qu’en Formule 1, par exemple, ils commencent à recruter davantage de mécaniciens et d’ingénieurs, et à les faire tourner. […] Mais nous devons élever le niveau du business en MotoGP. Et ensuite, je ne veux pas dire que la solution sera facile, mais nous en trouverons une”, a ajouté Massimo Rivola, jugeant que les revenus comptent véritablement : “Absolument. Dès lors que les principaux sponsors rejoignent le MotoGP, nous en bénéficierons également.”

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Rachit Thukral
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