Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Marc Márquez est-il un monstre invincible ou un simple être humain ? De son regard extérieur, Casey Stoner penche pour la seconde option, persuadé que la performance de l’Espagnol, aussi impressionnante soit-elle, peut bel et bien être décryptée et qu’il est donc possible d’y appliquer une réaction appropriée.
“Il n’y a aucun doute quant à son talent, sa vitesse et tout cela. Ça ne se discute pas. Si vous le faites, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche chez vous”, commence par explique Stoner dans une interview approfondie qu’il a accordée à Crash.net.
“Mais […] je crois que beaucoup de pilotes sont tombés dans le même piège”, estime l’Australien. “Oui, il y a beaucoup de pilotes rapides actuellement, mais je ne pense pas que beaucoup d’entre eux exploitent pleinement leur potentiel en course. C’est là que Marc les bat.”
L’Australien a quitté les courses au moment où Márquez s’apprêtait à faire une entrée fracassante dans la catégorie reine. Ils n’ont donc jamais eu l’occasion de courir l’un contre l’autre et ont plutôt été liés par une certaine défiance pendant quelques années avant que Stoner quitte son rôle de pilote essayeur chez Honda où il s’est senti poussé dehors.
Mais en homme profondément passionné par le pilotage, le double champion du monde ne s’est pas contenté de suivre les Grands Prix en simple spectateur une fois retiré des circuits. Il a eu tout le loisir d’analyser ce que le #93 a pu produire. Et cela lui a permis d’identifier ce qu’il pense avoir été un point faible chez Márquez, resté étrangement inexploité par ses adversaires.
“Marc avait bel et bien une grande faiblesse dans le passé – je pense que personne ne l’avait remarquée, et je n’en dirais rien. Mais c’est surprenant que personne n’ait pu l’exploiter. Je suppose que c’est parce que tout le monde [le voyait] comme le boss ultime et au lieu de chercher à comprendre ce qu’ils avaient besoin de faire, ce qu’ils devaient eux-mêmes améliorer, peut-être à la manière de courir contre Marc, ils l’ont juste vu comme un adversaire incroyablement difficile.”

Casey Stoner et Marc Márquez en 2014
Photo de : Repsol Media
Impressionnés par le Márquez qui gagnait tout avec Honda ? Peut-être bien. Mais l’Espagnol a malgré tout pris un sérieux revers lorsqu’il s’est blessé en 2020, puis qu’il a subi l’effondrement de Honda. Et il a alors su se réinventer en épousant le pilotage requis par la Ducati.
“Ce qu’il a fait au cours de ces années qui ont été difficiles pour lui, c’est qu’il a développé un autre niveau de force, d’intelligence et de patience. C’est apparemment ce qui manque chez tous ceux qui courent contre lui”, continue à observer Stoner.
“Personne ne semble comprendre ce qu’il fait dans les courses pour préserver ses pneus et faire toute sorte de choses. Ils voient juste ce Marc rapide, qui abat une carte différente chaque semaine.”
“Mais un élément très récurrent que j’ai vu [en 2025] et que personne n’a suffisamment remarqué, c’est la patience dont il a fait preuve avec les pneus. […] Je crois que Marc a réalisé ce qui était nécessaire de faire avec ces pneus et il est vraiment patient avec eux.”

Marc Márquez (Ducati Team)
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
“Une chose sur laquelle je pense qu’il est aussi très bon, c’est que tout les autres se reposent sur l’électronique et qu’elle ne fait que réagir à une réaction. La moto commence donc à déraper ou à glisser, ensuite l’électronique prend le relais”, poursuit l’Australien.
La finesse de Márquez avec ses pneus et son électronique
Notoirement hostile à un trop-plein d’aides électroniques et lui-même capable, en son temps, de développer un pilotage sensible et plus artisanal, il apprécie de voir un Márquez sachant doser son usure pneumatique pour limiter l’intervention de l’électronique, en dépit de leur léger différend sur le sujet.
“Marc évite autant que possible que l’électronique n’intervienne et il préserve autant que possible les pneus pour que, lorsqu’elle prend le relais, elle n’ait pas à gérer ce dérapage incroyable rapide qui se produit – il est plus lent et beaucoup plus prévisible. Et il peut faire durer ces pneus beaucoup plus longtemps, si bien que quand l’électronique prend le relais, lorsque le niveau de grip baisse, le sien est beaucoup plus élevé parce qu’il a été très doux avec eux au début. J’ai vu cela course après course.”
Il existe bien aux yeux de Stoner, des courses lors desquelles Márquez sent qu’il a le rythme pour se positionner en tête et filer vers la victoire. “Dans ces cas-là, il change complètement d’attitude et fait en sorte que tous les autres se disent qu’ils ne savent pas ce qu’il fait.”
“Mais je pense qu’il écoute assez bien sa moto et les pneus pour comprendre désormais à quel moment de la course il peut gagner. Si vous regardez toutes les [courses] récentes, particulièrement dans la seconde partie de l’année, c’était toujours à la fin qu’il était incroyablement fort parce qu’il avait été tellement doux avec les pneus au début. Je pense que les gens ne l’ont tout simplement pas assez remarqué.”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

