Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

L’association de Maverick Viñales et de Jorge Lorenzo continue à susciter beaucoup de curiosité. Certains doutaient que deux aussi gros caractères, compétiteurs à l’extrême, puissent s’entendre, et pourtant, ils ne montrent jusqu’ici aucun signe de lassitude. Ils exposent même un programme d’entraînement très poussé, avec un Jorge Lorenzo qui se révèle extrêmement exigeant avec son nouvel élève, pourtant déjà bien expérimenté lui-même.
“C’est l’objectif, de rouler dans n’importe quelle condition”, explique le quintuple champion du monde lorsque le site officiel du MotoGP l’interroge sur ces rudes séances d’entraînement que tous deux affichent massivement sur les réseaux sociaux.
“Qu’il pleuve un peu, beaucoup ou énormément, il faut y aller parce que, qui sait, la course se fera peut-être dans les mêmes conditions. Même sur une piste de dirt-track, avec de très mauvais pneus, sans poser le pied par terre et dans des conditions très glissantes, il faut qu’il fasse le maximum.”
“Au final, ce ne sont toujours que deux roues et un moteur, et c’est ici et maintenant, il faut donner le maximum pour être préparé et compétitif face à toutes les conditions. Plus que de la technique, c’est surtout du mental de toujours penser de façon positive et de se dire ‘OK, c’est ce qu’on a et il faut donner le maximum’.”
Et Maverick Viñales se plie de bonne grâce au programme que lui concocte son nouveau coach. À 31 ans, il apparaît même plus motivé que jamais. “Sa motivation est très haute à présent”, confirme Lorenzo, qui n’avance pas au hasard mais avec un plan bien précis en tête par rapport aux objectifs du pilote KTM.
Arrivé en MotoGP à 20 ans, avec en poche un titre mondial dans la catégorie Moto3, Viñales a eu le mérite de courir pour quatre marques différentes et de gagner, pour le moment, avec trois d’entre elles. Jamais toutefois, il n’a réussi à réaliser son rêve de titre dans la catégorie reine. Or, pour son coach, le temps est désormais compté et c’est maintenant qu’il faut tenter le tout pour le tout.
“J’ai commencé à entendre parler de Maverick quand il avait 8 ans et moi 15, et il a toujours été un pilote incroyable, avec énormément de talent. Tout le monde a toujours dit que quand il était gamin, c’était un tueur, qu’il détestait perdre.”
“D’une certaine manière, je pense que ces cinq ou six dernières années, il a un petit peu perdu cette motivation, cette faim de victoire”, juge Lorenzo, “et après avoir passé quelques années avec sa femme et leurs filles, il a compris que les deux ou trois prochaines années seront peut-être sa dernière chance. Alors il veut se donner à plus de 100% pour être en paix avec lui-même, et ensuite on verra bien ce qui se passe.”
“Le boulot parfait” pour Jorge Lorenzo
Les deux Espagnols n’ont concrétisé leur association qu’à la fin de la saison dernière, néanmoins le projet date de l’époque à laquelle Viñales courait pour Aprilia et où, a-t-il expliqué, il n’avait pas suffisamment de temps à y accorder du fait de la naissance de sa deuxième fille.
“Ça s’est fait un peu par hasard”, explique pour sa part Lorenzo. “Quand j’étais pilote d’essais, il y a cinq ou six ans, je me souviens qu’il était pilote Yamaha et je l’avais suivi pendant quelques tours. Je lui avais donné quelques conseils par rapport à ce que j’avais vu en piste, et on avait commencé à discuter. Mais il n’y avait rien eu de plus pendant quatre ou cinq ans.”
“Ensuite, il a gagné à Austin avec Aprilia, en 2024, et je l’avais félicité en story sur Instagram. Il m’avait répondu, on s’était mis à discuter, et l’idée de l’aider avait commencé à me traverser l’esprit. Au final, on a signé un accord au bout d’un an et demi et on s’est mis au travail.”
Et à bientôt 39 ans, Jorge Lorenzo dit prendre ses marques avec plaisir dans ce nouveau rôle. “Ça me plaît beaucoup, plus que ce à quoi je m’attendais. Je savais que j’aimais transmettre mes connaissances à mes amis, dans d’autres domaines, mais je ne m’attendais pas à autant aimer enseigner ce que j’aime le plus, ce qui a été mon travail depuis 30 ans, à savoir la moto. Et j’adore ça !”
“Alors, pour moi, travailler aussi dur pendant sept, huit ou neuf heures par jour avec Maverick, ça ne me pèse pas, c’est un plaisir”, poursuit-il. “Je ne peux pas dire que je n’ai pas pris de plaisir auparavant, parce qu’après avoir pris ma retraite, franchement, j’ai beaucoup aimé voyager, aller au soleil, avoir du temps libre, me lever tard et savourer une vie paisible. Mais je pense que dans la vie, il est très important de relever des défis.”
“J’ai un peu trouvé cela dans l’investissement, qui est ma passion, dans la course auto aussi, je l’ai fait en lançant un podcast sur YouTube pour parler de MotoGP, mais ça n’est pas pareil. Ici, c’est mon monde, j’aime beaucoup être dans le paddock et si j’arrive à poursuivre ce processus en encadrant Maverick, c’est fantastique.”
“Je n’ai pas besoin de trouver des sponsors comme le fait un manager, je ne risque pas ma vie en piste – évidemment, je suis très nerveux quand je vois Maverick en piste, mais moi je ne prends plus de risques – alors je pense que c’est le boulot parfait !”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |
