Quartararo assume ses critiques : “Quand on doit s’énerver, on s’énerve”

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Fabio Quartararo est-il trop dur dans ses critiques envers Yamaha ? Si le Français a surtout laissé transparaitre un certain détachement dans les derniers mois de l’année 2025, en raison d’une moto qui n’évoluait plus vraiment pendant que la marque travaillait sur la machine avec le V4 en vue de la saison 2026, il n’a jamais cherché à cacher sa frustration, ce qui a parfois mené à des critiques cinglantes.

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Après son titre en 2021, Quartararo a dû composer avec une Yamaha qui a petit à petit perdu pied face à la concurrence. Il a maintes et maintes fois détaillé les faiblesses techniques, du manque de vélocité du moteur jusqu’aux difficultés à générer l’adhérence à l’arrière, et n’a pas hésité à poser des ultimatums à son employeur.

“Ça fait trois ans que Yamaha me promet des choses dans un document PDF de dix pages, dont neuf et demi ne sont pas tenues”, confiait Quartararo à Motorsport.com à l’été 2023. Convaincu par les investissements de la marque, il a choisi dès le printemps 2024 de prolonger l’aventure jusqu’en 2026, tout en continuant à mettre la pression par le biais des médias quand il le jugeait nécessaire. “J’ai besoin d’un projet victorieux maintenant”, s’est impatienté le Niçois au mois de juin, en restant confronté à une M1 distancée par la concurrence.

L’accumulation des saisons décevantes et le poids des ans ont néanmoins aidé Quartararo à ajuster son approche. Jugeant lui-même qu’il était parfois trop colérique, il a cherché à se montrer plus positif il y a deux ans, tant dans son approche que dans ses commentaires.

Mais après chaque journée en piste, Quartararo est resté sincère sur les limites qu’il percevait sur sa moto, au risque que le verdict soit positif. “On sait que notre moto ne fonctionne pas”, a-t-il ainsi lâché à l’arrivée du GP du Japon. En interne, Quartararo s’est montré tout aussi direct, quitte à froisser certains ingénieurs.

“On est restés zen”, assurait cependant le pilote Yamaha au moment de conclure la saison, tout en jugeant nécessaire de perpétuellement chercher à identifier l’origine des problèmes “Ensuite, c’est sûr que quand il faut dire les choses, il faut que ça sorte, il faut que ça soit naturel. Je ne vais pas garder les mots à l’intérieur, quand on doit s’énerver, on s’énerve, mais au final, je pense que ça n’a rien changé à notre façon de travailler.”

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

L’ambiance reste excellente entre Fabio Quartararo et ses mécaniciens.

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

“C’est sûr que la fin de saison était un peu plus… pas tendue, mais je pense qu’à [force de] répéter souvent les mêmes choses c’était un petit peu compliqué. Mais comme je l’ai dit, on y travaille, on essaye de faire au maximum et ensuite on verra.”

En arrivant à Mandalika, Quartararo assurait que l’ambiance restait très bonne dans son garage, tout en évoquant déjà certaines tensions avec des responsables techniques. “Mon équipe à moi, ils font de leur mieux”, soulignait-il. “Le mécano, il travaille super bien, mon ingénieur en chef, il fait le maximum pour me donner le meilleur feeling possible, mais ce n’est pas eux qui doivent développer la moto, ce n’est pas eux qui doivent sortir un nouveau moteur, ce n’est pas eux qui doivent sortir les performances. Donc l’ambiance est bonne.”

“Ensuite, avec certaines personnes, c’est sûr que l’ambiance est un peu plus tendue, mais je sais avec qui je dois passer le plus de temps dans le box, et l’ambiance est top.”

À la tête de Yamaha, on essaie d’arrondir les angles. Paolo Pavesio, directeur génréal de Yamaha Motor Racing, accepte certaines critiques mais préfère voir le positif, entre la prolongation signée en 2024 et les progrès effectués depuis. “Humainement, je comprends la frustration à certains moments”, a confié Pavesio à Speedweek. “Mais nous sommes tous des professionnels unis dans cette aventure.”

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

“Nous lui avons offert l’opportunité de rouler pour Yamaha et il l’a acceptée. Ce que nous avons réussi au cours des quatre premières années [de 2019 à 2022] a été incroyable parce que le package lui permettait de le faire. Mais 2023 et 2024 ont été de mauvaises années, mais lors de la plus mauvaise année, nous avons réaffirmé notre engagement l’un envers l’autre. En 2025, nous avons prouvé que nous pouvions inverser la situation.”

Je sens que j’ai apporté les bons commentaires.

Ces dernières années, le discours public de Quartararo s’est ajusté pour que les remarques n’expriment pas gratuitement une frustration, mais permettent de voir clairement les problèmes. Et lorsqu’il s’éloigne des micros et des caméras, le champion du monde 2021 tente de se montrer constructif dans son rôle de leader, en apportant un retour technique pertinent à Yamaha pour que le constructeur puisse sortir de la situation actuelle par le haut.

“J’essaie. Évidemment, je suis un pilote qui a besoin de livrer son feedback pour être rapide, mais après, ce n’est pas à moi de trouver du grip, de la puissance ou l’aéro. Mon feedback sert vraiment à donner mon maximum. Je pense que mon influence a été forte. Malheureusement, on n’a pas encore trouvé ce qu’on veut. Je sens que j’ai apporté les bons commentaires.”

Du côté de Yamaha, la volonté de conserver Quartararo est évidente. “Nous pensons que nous pouvons fabriquer une meilleure moto, qui pourrait convaincre Fabio de rester avec nous”, a souligné Pavesio, pour qui El Diablo est “un élément extrêmement important du projet”.

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud
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