Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Pas à pas, Honda remonte la pente après sa dégringolade entamée en 2020, d’abord avec la blessure de Marc Márquez puis la perte de performance d’une moto devenue par ailleurs trop caractérielle. Progressivement transformée, la RC213V a franchi un cap l’an dernier en obtenant des résultats suffisants pour ôter à la marque les concessions réglementaires qui ont accompagné ce travail de titan.
Aujourd’hui égale d’Aprilia et de KTM dans les moyens qu’elle va pouvoir mettre en œuvre – à ceci près qu’Honda pouvait encore développer une ultime évolution moteur cet hiver, alors que les marques européennes étaient déjà tenues au gel – Honda se prend à rêver d’une progression continue durant la saison à venir. Y parviendra-t-elle ? Au terme des essais hivernaux, les commentaires des pilotes et du team manager de la formation d’usine oscille entre enthousiasme et sens des réalités.
“Comme je l’ai dit à Sepang, nous avons progressé. Nous n’y sommes pas encore, mais par rapport à l’année dernière à pareille époque, nous sommes plus satisfaits”, observe Alberto Puig pour le site officiel du MotoGP, lui qui récemment osait mentionner un objectif victoire à atteindre “au plus vite” pour une équipe d’usine qui en est privée depuis le départ de Márquez.
Alors que les tests sont désormais terminés, le team manager se montre un peu plus prudent et pondère son analyse. “Nous avons mené des développements sur la moto. Ça n’est pas une révolution, mais une évolution de petites pièces qui au final, font augmenter les performances. Nous essayons encore de trouver quelques dernières choses pour être plus satisfaits encore, mais nous pouvons dire que nous avons fait nos devoirs cet hiver.”
“Nous avons amélioré la moto dans de petits domaines mais au final, le résultat a été bon. Évidemment, on veut toujours faire mieux. On n’a jamais une moto parfaite, on veut toujours plus de vitesse, une meilleure accélération, plus de grip”, concède l’Espagnol.
“En suivant les commentaires des pilotes, nous essayons de trouver ce sur quoi nous sommes un peu en retard par rapport aux autres. Parfois, dans la préparation d’une moto, on gagne à un endroit et on perd ailleurs, il faut donc essayer de trouver l’équilibre. C’est ce que nos ingénieurs essayent de faire.”
Honda toujours en quête de grip arrière
Si Alberto Puig se montre si prudent dans ses propos, c’est que les pilotes ont tous fait part de tests imparfaits. Johann Zarco a évoqué une route certes “plus dégagée”, mais aussi certaines difficultés persistantes à extraire tout le potentiel de la RC213.

Joan Mir (Honda HRC)
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Joan Mir s’est quant à lui montré plutôt négatif à l’issue de cette dernière journée. “Franchement, sur cette piste, on a rencontré plus de difficultés qu’à Sepang, particulièrement moi”, explique l’Espagnol, le plus rapide du groupe, avec le dixième temps du week-end. “Je n’arrivais pas à remettre la moto au même endroit en termes de potentiel d’une manière générale.”
“Je ne suis pas super content, parce que c’est important ici. On voit plus ou moins qui seront les hommes à battre dans le week-end, et la réalité c’est que l’on a eu un peu de mal. On a eu du mal en termes de grip. Cette carcasse différente n’est probablement pas notre meilleure amie actuellement, et ça fait que l’on a dû modifier un peu la géométrie de la moto, à la fois hier et aujourd’hui.”
Il y a eu une évolution et non une révolution, or en termes de grip, on a BESOIN d’une révolution actuellement.
Comme souvent, c’est Luca Marini qui livre l’analyse la plus claire de la situation. D’abord, en soulignant comment Honda a réussi à exploiter sa dernière opportunité d’introduire une évolution moteur : “Je pense que c’est un bon step, il a un peu plus de couple. Ça n’est jamais assez, mais je pense malgré tout que l’on peut être satisfaits de notre moteur.”
Puis en détaillant la route restant à parcourir. “Je pense qu’il faut que l’on se concentre sur ce qui nous manque pour être plus rapides”, rappelle l’Italien.
“Maintenant que la moto s’est améliorée dans de nombreux domaines – le moteur, l’aéro et la phase de freinage – il manque encore un petit peu de grip arrière, dans la dernière partie de la phase d’entrée dans les virages et lorsque l’on accélère. Il est clair que c’est l’objectif et on sait comment le résoudre, c’est juste qu’il nous faut peut-être un peu plus de temps.”

Luca Marini (Honda HRC)
Photo de : Steve Wobser / Getty Images
Bien conscient qu’Honda poursuit ce qui est décrit comme “un processus”, ce long chemin devant la ramener vers les sommets après l’effondrement d’une marque qui dominait si outrageusement le championnat, Joan Mir fait écho aux propos d’Alberto Puig. Il n’y a effectivement rien de révolutionnaire dans la version 2026 de la RC213V, mais ce serait pourtant nécessaire pour corriger ce qui reste son défaut irrésolu.
“On a essayé différentes choses, mais pas un concept différent, il est resté le même”, déplore le champion du monde 2020. “Il y a eu une évolution et non une révolution, or en termes de grip, on a BESOIN d’une révolution actuellement. C’est notre réalité.”
Place désormais à la course. Si Joan Mir craint que le GP de Thaïlande soit un mauvais moment à passer à cause de la spécificité des pneus, Alberto Puig, lui, est impatient de voir ce que donne l’entrée dans la compétition car les dés sont jetés.
“C’est une pré-saison durant laquelle nous avons pu, disons, confirmer ou comprendre que la direction que nous avons empruntée ces derniers mois est la bonne. C’est important”, rappelle le team manager, “car on va parfois dans une direction qui n’est pas la bonne, et il est trop tard ensuite pour [changer de cap].”
“Il reste des soucis à régler, c’est vrai, mais dans l’ensemble nous pouvons dire que nous sommes satisfaits et, surtout, que nous avons envie de commencer le championnat et d’enfin voir où nos pilotes et nos motos se situent.”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

