Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Beaucoup de choses ont été dites sur le recul de Pecco Bagnaia la saison dernière, étonnante dégringolade d’un pilote qui depuis quatre ans trustait les avant-postes avec un taux de réussite impressionnant. Personne n’est toutefois capable d’affirmer aujourd’hui si ce trou noir a eu pour origine l’arrivée de Marc Márquez dans l’équipe d’usine Ducati, déclencheur d’une cohabitation hautement concurrentielle pour celui qui était jusqu’ici le leader dans le stand, ou bien les petites retouches ayant fait de la GP25 une moto plus imparfaite que le modèle précédent.
En dépit du fait que Pecco Bagnaia ait insisté tout au long de l’année pour arguer que rien ne l’atteignait mentalement, les propos de Davide Tardozzi lui-même, qui se félicite aujourd’hui de revoir le Turinois revigoré, semblent attester qu’il a bel et bien été plus touché qu’il a bien voulu l’admettre.
Dans ce contexte, Jorge Lorenzo livre une analyse intéressante de la situation. Il a lui-même, par le passé, été confronté à une cohabitation au moins aussi impressionnante que celle que Bagnaia connaît depuis l’an dernier avec Márquez. Il était rookie dans la catégorie reine lorsqu’il a commencé à faire équipe avec Valentino Rossi, alors au sommet de sa gloire.
On se souvient de l’accueil que lui avait réservé l’Italien, avec le fameux “mur” installé pour séparer les deux côtés du stand Yamaha, et leur relation n’en a été que plus froide à partir de là, quoique jamais aussi explosive que celle que Rossi a pu entretenir par la suite avec Márquez.
Mais lorsque l’on l’interroge sur le regard qu’il porte sur un Bagnaia potentiellement déstabilisé par l’arrivée de Márquez chez Ducati, Lorenzo rappelle qu’une multitude d’infinis détails peut avoir pesé sur l’Italien.
“Les gens de l’extérieur, les fans, ne peuvent pas comprendre qu’un petit changement dans les règles ou sur la moto, un petit détail qui ne convient pas au pilote, peut tout changer”, explique-t-il au micro du site officiel du MotoGP.
“Dans ce milieu où tout le monde est le meilleur des meilleurs, les petits détails sont très importants”, poursuit l’Espagnol, avant d’illustrer son propos : “Je me souviens de quand j’étais chez Yamaha en 2014, l’année précédente, je me battais avec Marc pour le championnat, j’étais super fort, mais ils ont changé les règles, ils ont mis des pneus plus durs, ils ont réduit le carburant de deux litres et la moto a complètement changé.”
“Peut-être que de l’extérieur, ça n’avait pas l’air de grand-chose, mais pour moi, ça a changé beaucoup de choses et mes résultats ont été très mauvais au début de la saison”, se souvient-il, cette saison 2014 ne l’ayant vu monter que deux fois sur le podium lors des huit premiers Grands Prix et gagner seulement à la fin de l’été.

Jorge Lorenzo
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Mais Lorenzo avait su rebondir, d’abord pour enchaîner les podiums dans la seconde moitié de championnat, puis pour aller chercher son dernier titre l’année suivante. Et aujourd’hui, quelles qu’aient pu être ses difficultés en 2025, il est persuadé que Bagnaia a les ressources pour réagir lui aussi.
“Pecco est toujours un champion, c’est un pilote incroyable, super rapide, super talentueux, super précis, et il ne l’a pas démontré l’année dernière. Ses mauvais résultats ne reflètent pas ce qu’il est capable de faire, et je pense que lorsqu’il se sentira mieux sur la moto, il montrera qu’il est un prétendant au titre.”
Ses mauvais résultats ne reflètent pas ce qu’il est capable de faire.
Pour le quintuple champion du monde, la clé se trouve dans le mental. “J’ai dit dans la presse que, selon moi, il avait probablement besoin de trouver quelque chose, quelqu’un qui l’aiderait mentalement à trouver des trucs, à essayer quelque chose de nouveau. Parce que quand on essaye cinq nouvelles choses différentes, on en trouve peut-être une qui va aider.”
“Il faut faire quelque chose quand on se trouve dans une situation difficile. C’est ce que j’ai fait quand je me suis retrouvé dans une très mauvaise passe : j’ai travaillé plus dur et je passais toute la journée à me demander ce que je pouvais faire pour m’améliorer.”
“Évidemment, ce n’est que mon avis extérieur. Je ne sais pas exactement ce que fait Pecco, peut-être qu’il fait déjà ce genre de choses. Mais en tout cas, de l’extérieur, à mon avis, il avait besoin de faire quelque chose. Après, le fait aussi qu’il se sente probablement mieux maintenant avec la moto l’aide beaucoup plus que ce que l’on peut trouver en dehors de la moto.”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

