Le V4 Yamaha encore loin du compte : “Il n’y a rien de magique”

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Le lancement du V4 Yamaha suffira-t-il à replacer Fabio Quartararo et Álex Rins parmi les prétendants au titres ? Le constructeur japonais a été loin d’afficher une telle ambition pour la saison 2026 à l’occasion de la présentation de sa nouvelle M1, qui abandonne le quatre cylindres en ligne pour l’architecture utilisée par le reste de la grille.

Yamaha était arrivé dans une impasse, notamment pour générer du grip à l’arrière, et les forces de la moto en courbe ne suffisaient plus à compenser les faiblesses. Une première version de la machine avec le V4 a été engagée en wild-cards l’an dernier et assez vite, Yamaha a identifié un potentiel plus important.

“L’un des objectifs pour développer cette nouvelle plateforme V4 est d’avoir une fenêtre de performances plus large”, a expliqué Takahiro Sumi, chef de projet de la M1, au cours de la présentation. “Dès le début, nous avons vu des progrès encourageants sur des éléments clés, tels qu’une meilleure stabilité au freinage et à l’accélération, et des sensations constantes sur un relais long.”

“Il y a encore certains éléments pas au niveau du quatre cylindres en ligne. Maintenant, nous intégrons toutes nos connaissances et notre expérience dans cette nouvelle architecture. Notre critère interne de succès sera de décrocher de bons résultats.”

Fabio Quartararo, Takahiro Sumi, Massimo Meregalli, Paolo Pavesio et Alex Rins, Yamaha Factory Racing

Takahiro Sumi, Massimo Meregalli et Paolo Pavesio espèrent une tendance positive pour Fabio Quartararo et Álex Rins

Photo de: Yamaha MotoGP

Quelles positions pourraient être considérées comme de bons résultats ? Paolo Pavesio, grand patron de Yamaha Motor Racing, se garde de tout objectif chiffré, et prévient que la marque a presque tout à réapprendre face à une concurrence qui maîtrise déjà toutes les subtilités du V4. “Je dirais qu’il n’y a rien de magique dans ce championnat, c’est un sport mécanique dans lequel il faut accepter qu’il y a un parcours avant de revenir”, a prévenu Pavesio.

“C’est ce que nous avons fait en 2025. Nous avons cherché de la vitesse et des performances. On l’a trouvée sur un tour. La M1 a été plus rapide, on a signé cinq poles et obtenu dix départs en première ligne. Mais il nous a manqué de la constance et de la vitesse, surtout en course principale.”

 

Yamaha veut donc petit à petit trouver ces éléments cette année. Plus que les résultats bruts, la marque veut constater une dynamique. “Pour nous, il sera important d’avoir des preuves de nos progrès dans notre cycle de développement”, a confirmé Sumi. “Si nous pouvons maintenir cette dynamique dans un mouvement uni de l’équipe et des pilotes, les résultats ne tarderont pas à venir.”

Nous repartons de zéro, ou presque.

Interrogé sur ses attentes, Massimo Meregalli a également évité de fixer un objectif précis. “Ce n’est pas facile de répondre”, a éludé le team manager de l’équipe officielle, dessinant néanmoins l’espoir de voir une tendance à la hausse : “Comme nous l’avons souvent dit, nous repartons de zéro, ou presque. Je vais probablement scinder la saison en deux.”

La livrée 2026 du team Yamaha Factory Racing

La Yamaha M1 2026 est animée par un V4.

Photo de: Yamaha MotoGP

“Dans la première moitié, nous allons essayer de nous habituer à la nouvelle moto, une sorte de processus d’apprentissage. Dans la deuxième moitié, nous nous attendons à ce qu’Álex et Fabio améliorent petit à petit leurs résultats.”

Poser les bases pour 2027

Sans objectif précis et avec beaucoup à apprendre, Yamaha semble faire de 2026 une saison de transition, afin de maîtriser les secrets de son V4 en vue de l’année 2027. Le règlement du MotoGP évoluera, avec une réduction de la cylindrée, mais Yamaha aura acquis une expérience utile selon Pavesio, surtout si les progrès attendus se concrétisent.

“Nous pensons avoir un package qui pourra offrir plus de potentiel pour progresser pendant la saison. Nous nous attendons à apprendre rapidement quand la compétition débutera, et nous nous attendons à une progression.”

“Je ne peux pas dire si ce sera dans la première moitié ou à la première course mais nous voulons découvrir la moto, nos pilotes veulent la piloter. Nous pensons que la nouvelle M1 montrera un potentiel de plus en plus gros tout au long de la saison.”

“2025 a été une année pour poser les fondations, et en 2026 nous accélérons”, a ajouté l’Italien. “Nous accélérons nous construire le projet 2027, parce que tout sera nouveau et que la configuration de 2026 sera la base de 2027. Mais nous sommes ici pour parler de la saison 2026.”

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Fabio Quartararo sur une Yamaha M1 qui va encore évoluer.

Photo de: Yamaha MotoGP

“Nous voulons vraiment voir les résultats des efforts mis dans le projet. Il y a une moto totalement nouvelle, qui est le fruit du travail collectif de nombreux employés de Yamaha à travers le monde. Nous sommes certains que cela va nous offrir un plus gros potentiel en 2026. Sincèrement, nous sommes impatients d’être à Sepang pour voir la moto en piste.”

Le circuit malaisien sera le théâtre des premiers essais de l’année. Grâce à ses concessions, Yamaha pourra faire rouler ses titulaires dès le Shakedown, la semaine prochaine, avec l’espoir de mieux cerner les subtilités de son nouveau moteur.

“Nous savons vraiment qu’un gros travail nous attend”, a indiqué Meregalli. “Nous commençons à voir le programme d’essais que nous aurons dans dix jours à Sepang et la liste est assez longue. J’espère que nous aurons cinq ou six jours sur le sec parce que plus nous récolterons d’informations, mieux ce sera.”

“Nous sommes assez certains de ce que nous allons préparer pour Sepang. Nous aimerions quitter ce test avec des informations très solides.”

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud
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