Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Honda a continué à montrer des signes de progrès lors du test de Sepang. Si Joan Mir n’a pas manqué de rappeler l’écart encore conséquent avec les leaders, après avoir été l’unique pilote de la marque dans le top 10 le dernier jour, avec 0″866 de retard sur Álex Márquez, l’Espagnol a aussi noté des progrès.
“Ma confiance sur la moto progresse, elle augmente, et quand on prend un pneu neuf, cela se traduit en un bon chrono”, a-t-il résumé pendant le test, sans désigner un bond en avant sur un élément en particulier : “C’est légèrement mieux dans tous les domaines, plus ou moins.”
“On n’a pas fait de révolution, donc de petites évolutions dans différents domaines, qui nous ont permis de progresser un peu et de mieux roule. Mais ce n’est comme si on avait fait un gros progrès dans un domaine.”
Luca Marini a lui aussi vu des progrès “un peu partout”, en saluant les efforts de Honda. “Pour tous les constructeurs, il est impossible d’apporter un prototype complètement nouveau, ce sont des améliorations de petits détails et la moto progresse dans de nombreux aspects du pilotage”, a expliqué l’Italien, qui avait néanmoins “beaucoup de pièces” à tester et a “plus ou moins” reçu tout ce qu’il demandait au test de Valence.
“Je pense que les Japonais ont fait un travail fantastique cet hiver, ils nous apportent de bonnes choses. On a un peu amélioré la vitesse de pointe de la moto, le freinage, le turning, mais on peut encore travailler sur ce qu’on a déjà amélioré, pour être prêts pour la première course.”

Luca Marini apprécie les nouveautés apportées à la Honda.
Photo de: Steve Wobser / Getty Images
“Il n’y a rien qui fait un déclic”, a résumé Marini. “Depuis quelques années, la moto doit progresser un peu partout. On gagne quelque chose au freinage, c’est un peu mieux dans le turning. On peut encore améliorer le grip.”
L’adhérence, le point faible de Honda pour le moment
Interrogé sur ce qui manque encore à la Honda, Joan Mir a dressé le même constat que son coéquipier : “Du grip. On est encore très loin au niveau du grip.”
“L’adhérence n’est pas encore fantastique, il faut l’améliorer, parce qu’on voit que toutes les motos sont très, très similaires”, a constaté le champion du monde 2020. “Chez Ducati, et on verra pour Aprilia, quand ils mettent un peu neuf, tout le monde est très rapide mais derrière, il y a un groupe pour lequel tout peut se passer. On doit continuer à travailler pour essayer de sortir de ce groupe et essayer de progresser un peu.”
Johann Zarco, moins à l’aise que les pilotes de l’équipe Honda officielle avec les dernières nouveautés, confirme cette difficulté mais sans la ressentir de la même façon. Il fait état d’une moto qui “semble quand même beaucoup mieux accrocher qu’avant” mais qui manque encore de grip à l’accélération, sans savoir si cela est lié au circuit de Sepang.
“Pour l’expliquer simplement, on peut dire ça”, a déclaré le Français à la chaîne YouTube Fastlane TV. “Le moteur, je pense qu’il a moins de friction, c’est vrai qu’il pédale beaucoup plus – c’est agréable d’ailleurs – et plus que ce grip, c’est les pneus. La Malaisie, c’est une piste où les pneus se dégradent beaucoup. Quand le pneu commence à se dégrader, on perd beaucoup de temps.”

Johann Zarco perçoit des progrès sur la Honda.
Photo de: Hazrin Yeob Men Shah / Icon Sportswire via Getty Images
“Je ne sais pas si c’est seulement une question de grip ou si c’est le comportement de la moto qui change beaucoup entre un pneu neuf et un pneu qui s’use. Pour ma part, de tours en tours à partir de la mi-course, ça devient de pire en pire. C’est ça que j’aimerais contrôler. J’ai galéré dans la course en octobre. Même si tout le monde ralentit aussi, moi, je ralentis et en plus, ça devient difficile. Là, j’aimerais bien garder un peu plus de contrôle même quand les pneus s’usent.”
De son côté, Mir fait quand même de la quête du grip un élément central pour se montrer plus agressif mais aussi conserver un meilleur rythme en fin d’épreuve : “C’est la seule chose sur laquelle il faut un peu se concentrer, pour essayer d’en donner un peu plus. Avec plus de grip, on peut mieux contrôler le patinage, la dégradation du pneu est plus faible, donc ça fait tout.”
Cette dégradation du pneu n’est pourtant pas une inquiétude pour Marini, qui aimerait justement que la Honda le chahute un peu plus : “L’an dernier, on avait une très bonne gestion des pneus par rapport à tout le monde. Le rythme de course était très bon mais il en manquait en qualifications l’an dernier, donc je pense que cette année, le but est de plus solliciter le pneu et de le finir plus, parce que ça veut dire qu’on peut avoir un potentiel supplémentaire en qualifications.”
Malgré ses propres difficultés, Zarco a vanté une moto “mieux équilibrée”, avec surtout le besoin de gagner en stabilité au freinage : “On voit toujours que la Ducati est très forte pour ralentir, pour freiner la moto, et c’était peut-être un point faible pour nous chez Honda, donc on essaie de comprendre comment équilibrer la moto pour améliorer ce freinage sans perdre la vitesse en courbe et la sortie.”
Un moteur désormais très puissant
Ces doléances, limitées en nombre, sont désormais les seules pour les pilotes Honda. Mir “espère” seulement une évolution aérodynamique pour Buriram. Désormais privé des concessions de catégorie D, Honda ne peut plus faire évoluer son moteur mais les éléments en périphérie ont pu être améliorés.
“Ils ont fait un très bon travail”, a souligné Marini. “Déjà l’an dernier, la dernière spécification marquait un gros pas en avant déjà et maintenant, il a encore un petit progrès, donc ils ont très bien travaillé pendant l’hiver et on peut en être satisfaits. Mais ce n’est pas suffisant, la moto n’a jamais assez de puissance !”

Luca Marini sent que la Honda n’a plus de soucis de puissance.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Chez LCR, Zarco a abondé dans le sens de Marini : “Avec un bon moteur, au moins on peut entrer vite dans le virage, rater le virage et repartir ! [rires]”
Le Français a lui aussi perçu un “gros step” à l’accélération. “Du coup, le moteur est bon aussi parce que les vitesses de pointe sont bonnes”, a-t-il noté, avec l’espoir de combler l’écart avec les meilleures marques : “Il fallait encore des évolutions sur le moteur parce que KTM et Ducati sont très rapides.“
Dans ce bilan globalement encourageant, la Honda version 2026 est déjà en grande partie définie selon Mir : “Je pense que oui, parce que ma base actuelle est bonne, les chronos montrent que la base est bonne. Je pense qu’il y a encore un peu de marge pour travailler sur des détails, pour essayer de l’améliorer un peu plus. En termes de time attack, je me sens bien sur la moto. Il faut un peu travailler en pneus usés, il y a du travail, mais je dirais qu’il y a aussi de la marge.”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud |

