Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Alors qu’il aborde sa troisième saison avec Yamaha, Álex Rins se trouve au cœur du bouleversement initié par le constructeur avec le passage de son traditionnel quatre cylindres en ligne à un V4. Un choix orienté vers la révolution technique attendue pour l’an prochain et que le constructeur tente ainsi d’anticiper en se donnant les moyens d’établir une base plus solide avant l’entrée dans ce nouveau cycle.
Pour le pilote espagnol, descendu ces dernières saisons dans les bas-fonds du classement alors qu’il a été pendant des années un vainqueur régulier avec Suzuki, Ce changement radical peut être synonyme d’un certain soulagement. Malgré les soucis de jeunesse de ce moteur, il y voit en effet l’opportunité de retrouver une moto correspondant un peu mieux à son pilotage, alors qu’il s’est senti très impuissant dernièrement.
“Le changement est immense. La moto est entièrement nouvelle, pas seulement le moteur, mais aussi le châssis, le bras oscillant, l’électronique, les carénages… En fait, elle n’a plus rien à voir avec celle qu’on avait jusqu’à la saison dernière”, décrit-il dans une interview pour le site catalan L’Esportiu.
Et l’ampleur du changement n’est pas pour déplaire au pilote espagnol. “Dès mes premiers essais de la Yamaha avec le moteur V4, c’est-à-dire au test de Barcelone l’année dernière, je me suis senti très à l’aise. Elle correspond mieux à mon style de pilotage”, se réjouit-il.
“Avec le quatre cylindres en ligne, j’avais pas mal de problèmes, surtout au freinage, car je ne pouvais pas freiner fort, je ne pouvais pas exploiter pleinement son potentiel juste avant d’entrer dans les virages. Maintenant, avec le V4, la réponse de la poignée de gaz est différente, le moteur est plus docile et la moto est plus stable. Je me sens vraiment bien.”
Fabio est un très grand pilote. Il a clairement surpassé la moto. Mais sans rien enlever de son mérite, cette moto est faite pour lui.
Álex Rins reconnaît la supériorité imprimée par Fabio Quartararo au guidon de la Yamaha, mais souligne aussi que la M1 lui correspondait parfaitement dans la configuration qui a été la sienne jusqu’à présent.
“Fabio est un très grand pilote, ça ne fait aucun doute. Il a su élever le niveau de Yamaha à un point que ni Jack Miller, ni Miguel Oliveira, ni moi-même n’avons atteint. Il a clairement surpassé la moto. Mais sans rien enlever de son mérite, cette moto est faite pour lui. Ça fait sept saisons qu’il fait partie de Yamaha, il la connaît mieux que nous et l’a adaptée année après année à ses caractéristiques.”

Fabio Quartararo a le mérite d’être monté sur le podium et d’avoir décroché des poles avec la Yamaha l’année dernière.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
“C’est comme ce qu’il se passait avec Marc Márquez et Honda, qui a eu des coéquipiers comme Jorge Lorenzo ou Pol Espargaró, mais qui était le seul à pouvoir gagner avec cette moto, le seul à savoir comment la maîtriser. Dans d’autres sports, c’est comme ce qui s’est passé en F1 avec Max Verstappen. Red Bull a essayé Checo Pérez, Liam Lawson ou Yuki Tsunoda, mais [il a été] le seul à gagner.”
Un potentiel étouffé que Rins espère exprimer à nouveau
Ce changement, couplé au départ prochain du Français, donnerait-il donc à Rins l’opportunité d’émerger à nouveau ? “Mon potentiel est bien plus grand que ce que j’ai pu démontrer ces deux dernières années”, tient-il à rappeler. “Il faut que l’on établisse une configuration de base solide pour la moto. Si on y parvient et que ça fonctionne bien, j’espère qu’on pourra revenir aux avant-postes. Jusqu’à présent, on arrivait sur les courses sans armes.”
“Ce n’est vraiment pas facile. On se retrouve dans une course où l’on est bloqué, la moto n’avance pas, on ne peut rien faire. C’est très dur”, admet Álex Rins en repensant au niveau qui a été le sien et celui de Yamaha dernièrement.
“L’année dernière, j’ai assez mal terminé, tant sur le plan personnel que psychologique. Le corps ne s’habitue jamais à ne pas gagner, et on n’en a pas été proches. Mon meilleur résultat la saison dernière a été une septième place en Australie. Cependant, avec du travail et en gardant l’équipe soudée, on trouve la force de ne pas baisser les bras et de continuer à se battre.”
“On verra ce que ce nouveau moteur V4 peut nous apporter. J’aimerais pouvoir me fixer un objectif comme gagner des courses ou me battre pour des podiums, mais avec un nouveau projet, c’est très compliqué”, admet-il. “Il faut être réaliste. Si nous n’avons pas une moto capable de gagner, nous devons l’accepter au plus vite, même si c’est difficile, et continuer à travailler à partir du niveau qui est le nôtre.”
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

