Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Pendant le test de Sepang, il était fréquent de voir les différents pilotes Ducati avec une moto plus ou moins noire. Ce patchwork de pièces trahissait l’évaluation de différentes solutions aérodynamiques, en associant parfois des éléments d’ancienne génération à d’autres plus récents, afin d’établir le premier des deux carénages permis pour la saison 2026.
Marc Márquez a confié mercredi devoir se pencher sur quatre configurations aérodynamiques différentes, avec la nécessite de livrer un premier verdict immédiatement puisque le test de Buriram aura lieu une semaine seulement avant le lancement de la saison, laissant peu de place à de gros changements.
L’Espagnol a trouvé un assemblage de pièces satisfaisant pour sa Desmosedici. “J’ai fait la course sprint avec celui avec lequel je me suis senti le mieux au cours des trois jours”, a expliqué Márquez à la presse écrite, dont Motorsport.com. “Je dois encore mieux comprendre en Thaïlande, surtout au niveau de l’aérodynamique.”
“Il faut maintenant qu’on comprenne toutes les infos et les données”, a-t-il ajouté auprès du site officiel du championnat. “On a plus ou moins une idée mais il faut qu’on revérifie en Thaïlande.”
Interrogé sur une Ducati potentiellement plus facile à piloter cet année, le champion en titre n’a pas vu de différence majeure : “Je sens que c’est très similaire, sincèrement. On a progressé dans certains domaines mais on a vu l’an dernier que quand on a une bonne base, ensuite on essaie d’améliorer différentes choses.”

Marc Márquez a établi une bonne base sur la Ducati GP26.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Identifier des progrès n’est pas si simple puisque les pilotes ont leurs références avec les anciennes spécifications et que des ajustements de réglages sont toujours nécessaires pour voir si les évolutions sont aussi efficaces. “Quand on met un nouvel ensemble aérodynamique, il faut un peu modifier l’équilibre de la moto”, a confirmé Márquez. “Quand on connaît quelque chose et qu’on est performant et rapide, c’est difficile de s’adapter à une pièce différente. Mais il faut avoir l’esprit ouvert et toujours tester des choses.”
Et lorsqu’il lui a été demandé quelle version du carénage était la plus efficace, Marc Márquez a préféré éluder : “Je ne sais pas, désolé !”
Un retour en arrière salvateur selon Pecco Bagnaia
Pecco Bagnaia s’est montré un peu plus loquace. À la peine avec la version 2025 de la Ducati, l’Italien a rapidement évoqué des sensations en progrès à Sepang… ce qui semble dû à un certain retour en arrière. Il a confirmer utiliser “plus ou moins” le carénage de 2024 à l’avant, avec des évolutions sur le côté.
“C’est un mélange de nouveaux carénages, une mise à jour de celui de 2025 mais similaire”, a-t-il précisé, estimant avoir une idée assez claire de la configuration à privilégier : “Ça n’est pas encore décidé mais je pense que si l’on courait demain, je déciderais de prendre la spec que j’ai utilisée dans la simulation.”

Pecco Bagnaia a retrouvé de bonnes sensations avec la Ducati GP26.
Photo de: Mohd Rasfan – AFP – Getty Images
“J’ai discuté avec l’équipe, avec les ingénieurs”, a-t-il ajouté. “Ce sera important de comprendre mieux en Thaïlande, mais ce que j’ai testé [jeudi] était bon pour moi, donc en Thaïlande on décidera si c’est cette solution ou pas.”
Bagnaia a aussi testé un nouveau bras oscillant, destiné à “avoir le grip dans une partie différente, à un moment différent”.
Des progrès aussi pour Di Giannantonio
Les commentaires de Fabio Di Giannantonio étaient également attendus. Comme Bagnaia, le pilote VR46 a éprouvé des difficultés l’an passé, qui semblaient parfois similaires concernant le comportement avec l’avant de la moto. Il conserve une moto d’usine cette année et a lui aussi senti une amélioration.
“Pour moi, le plus gros problème était de trouver ces sensations constantes avec l’avant, et ici on l’a eu plus ou moins dans toutes nos tentatives”, a détaillé Di Giannantonio. “Les sensations sur l’avant étaient bonnes, donc il y a déjà un bon progrès. On verra si on peut le reproduire dans des conditions différentes en Thaïlande. C’est la clé au final.”

Fabio Di Giannantonio a aussi testé différentes configurations de la Ducati.
Photo de: Icon Sportswire via Getty Images
“Je ne dirais pas que c’est nettement mieux maintenant, mais c’est sûr que c’est mieux dans d’autres domaines, c’est plus prévisible”, a-t-il ajouté.
Di Giannantonio estime que l’averse de mercredi après-midi a légèrement compromis le programme mais que la moto est déjà en grande partie définie : “Je pense que j’aurais dû faire quelques relais de plus pour compléter le package entier, mais je pense qu’on a fait 90% du package. Je pense qu’on verra tout le package en Thaïlande.”
Découverte sans accroc pour Álex Márquez
Un quatrième pilote disposera de la Ducati GP26 cette année, Álex Márquez. Les comparaisons sont différentes pour lui puisqu’il pilotait la GP24 la saison passée. Dès le début du test, il a été rassuré par un comportement “vraiment, vraiment similaire” entre les deux machines.
“Il n’y a pas de grosses différences au niveau des sensations”, expliquait-t-il jeudi soir. “Le caractère de la moto est assez similaire. Ils ont amélioré certaines choses. J’essaie encore de comprendre.”
“Je pense que par rapport au package que j’avais l’an dernier, c’est plutôt pareil et les sensations que ça donne sont assez similaires”, a-t-il ajouté. “C’est positif. On sait que si on rend la moto très rapide sur un tour, plus tard on perdra beaucoup en course. Je pense qu’on a un bon package et qu’on n’a pas perdu le caractère de la moto de l’an dernier, c’est le plus important.”

Álex Márquez a testé des nouveautés mais préfère une Ducati proche de celle de la saison passée.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Álex Márquez n’a tellement pas perdu ce caractère qu’il a tout fait pour le conserver, en préférant rouler avec le carénage de sa moto en 2025. Comme son frère, il était plus à l’aise en restant avec une version qui lui donne plus de références.
“L’aéro que j’ai utilisée pendant pratiquement toute la journée [jeudi] était celle que j’utilisais l’année dernière, donc disons celle de 2024. J’ai utilisé celle-là parce que c’est l’aéro que je connais le mieux et celle qui me donne le plus de sensations. Mais il nous reste certaines choses à essayer pour bien comprendre.”
Álex Márquez a évoqué une “façon différente de faire le chrono” entre les différents carénages : “Un donne plus de freinage, l’autre un peu plus de turning, donc c’est moitié-moitié. Je pense que le potentiel est assez similaire, mais selon la piste ou d’autres choses, on peut avoir un avantage ou pas.”
Peu d’évolutions attendues en Thaïlande

Les Ducati GP26 étaient déjà dans une configuration presque définitive à Sepang.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Ducati a maintenant deux semaines pour faire le tri entre toutes les pièces testées avant le dernier test de l’hiver, sur le circuit de Buriram. Bagnaia se montre optimiste pour que le meilleur compromis soit trouvé, et surtout qu’il apporte des progrès par rapport à la saison passée.
“Je pense que le package 2026 est déjà déterminé. Je me sens mieux qu’avec le 2025, et je n’avais pas trop de doutes à ce sujet. Je suis certain qu’il est meilleur. En Thaïlande, il sera important de confirmer le bras oscillant et le carénage.”
Faut-il s’attendre à voir des pièces totalement inédites apparaître lors du test de Buriram ? “Non, non, non !”, a prévenu Marc Márquez. “Je ne sais pas, on ne sait jamais avec Gigi [Dall’Igna, directeur général de Ducati Corse] mais j’ai entendu qu’on aurait les mêmes pièces. Ici, c’était un premier filtre et au test en Thaïlande, il n’y aura que deux jours et on n’aura que les choses sur lesquelles on a des doutes, mais qui sont performantes.”
Avec Léna Buffa
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud |

