Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Dans un monde aujourd’hui beaucoup plus porté sur les images et l’immédiateté de leur diffusion, Andrea Dovizioso porte un regard réaliste, si ce n’est fataliste. Lui qui a mené sa carrière mondiale entre 2002 et 2022, il sait que l’œil inquisiteur des caméras devenues omniprésentes force les pilotes à repenser leur manière d’être.
L’Italien voit donc dans le MotoGP actuel un monde plus policé que celui qu’il a connu, avec un comportement moins naturel et, par voie de conséquence, des rivalités moins exacerbées que par le passé, en tout cas publiquement.
“Ça a pas mal changé”, expliquait-il lors d’une rencontre avec les médias il y a quelques semaines, à l’occasion de la sortie en Italie d’un docu-série qui lui est consacré. “Disons qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les smartphones, on peut voir beaucoup plus de choses, donc tout le monde est devenu beaucoup plus diplomate et essaye de se montrer plus posé en termes d’image.”
À presque 40 ans, Andrea Dovizioso voit que la nouvelle génération de pilotes se permet bien moins d’excentricités que ce qu’il a pu connaître lorsque lui-même courait. “Ils se cachent un petit peu pour essayer de ne pas avoir de problèmes. On peine donc à retrouver de grandes rivalités comme il y en a eu pas mal dans l’histoire du MotoGP”, a-t-il constaté.
“Je ne suis pas forcément pour, mais disons qu’étant donné qu’il y a des caméras partout, on montre énormément de choses. C’est bien d’essayer de toujours en montrer plus, mais ce ne sont pas de vraies choses, ce ne sont pas des moments qui sont vrais à 100% parce qu’on sait très bien qu’il y a tout le temps une caméra, partout, et qu’il faut faire attention à la moindre chose.”

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
“Ne serait-ce que si on est au bord de la piste et qu’on regarde une course, il peut y avoir une caméra braquée sur soi quand on a une réaction”, ajoutait alors Andrea Dovizioso. Et impossible ici de ne pas voir une référence de sa part aux images amateures de Valentino Rossi captées lors de chutes de Marc Márquez à Jerez et Misano, en 2025, et massivement diffusées via les réseaux sociaux.
“Donc aujourd’hui, on est tout le temps conditionné dans son comportement et, en conséquence, les pilotes essayent d’avoir le moins de problèmes possibles”, a poursuivi le pilote italien. “D’un côté, c’est mieux et c’est bien de réussir à voir toujours plus de choses, mais on en voit finalement peu qui soient vrais.”
“Si on fait une comparaison avec ce qui se passait il y a 15 ans, tout le monde a besoin des réseaux sociaux pour le travail. Il y a aussi ceux qui les utilisent au niveau personnel, mais pour le travail tout le monde demande à les avoir, donc tout le monde s’est habitué. Sauf que sur les réseaux sociaux, tout le monde peut parler. Ce sont des situations pesantes, qui ne sont absolument pas faciles à gérer. C’est assez compliqué. Il faut réussir à s’entourer de personnes qui vous permettent de rester concentré, mais il faut aussi avoir la maturité de comprendre quoi regarder, à quoi donner de l’importance.”
Propos recueillis par Matteo Nugnes
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

