Brad Binder : “Ça a clairement été ma pire saison en MotoGP”

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Brad Binder a perdu son statut cette année. De 2021 à 2024, le Sud-Africain s’est toujours classé dans le top 6 du championnat, ce qui faisait de lui la référence chez KTM, même l’an dernier avec l’éclosion de Pedro Acosta. Le rookie avait échoué à seulement deux points et, pour sa promotion dans l’équipe officielle cette année, il a largement dominé Binder pour devenir le meilleur pilote de la marque, en prenant la quatrième place du championnat.

Pendant ce temps, Binder a dégringolé en 11e position et n’a décroché aucun podium, ce qui ne lui était jamais été arrivé depuis ses débuts en MotoGP en 2020. Il n’a même décroché que deux top 5 en course principale – en fin de saison en Indonésie puis au Portugal – quand Acosta est monté cinq fois sur le podium. Chez Tech3, Enea Bastianini a décroché un podium et Maverick Viñales n’en a été privé que pour une pression non conforme au Qatar.

De quoi faire de la saison 2025 de Brad Binder la pire de sa carrière ? “En compétition peut-être pas, mais en MotoGP à 100%”, a reconnu l’intéressé face à la presse internationale, dont Motorsport.com. Interrogé par le site officiel du MotoGP, Binder a évoqué une année “compliquée”, avec de légers progrès en fin d’année, ce qui a mené à ses deux arrivées parmi les cinq premiers, mais un bilan global très mauvais : “Honnêtement, ça a clairement été ma pire saison depuis que je suis en MotoGP.”

“J’ai le sentiment d’avoir progressé dans les trois ou quatre dernières courses, j’ai été un peu plus rapide, un peu plus compétitif, mais je suis encore loin de là où je voudrais être. Donc, pour être honnête à 100%, je suis un peu déçu parce que je voulais faire beaucoup mieux, je m’attendais à beaucoup plus de ma part. Je vais employer cette intersaison de manière intelligente et faire en sorte de revenir en force en 2026.”

Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

Brad Binder

Photo de: Dorna

“Je sens que je peux faire beaucoup mieux”, a ajouté Binder. “Les choses n’ont pas vraiment pris cette saison, c’est sûr. Je suis super déçu d’avoir fini à cette place au championnat. Je sens qu’on a fait de petits progrès à la fin et que j’étais un peu plus rapide, mais je n’étais toujours pas performant donc j’ai encore du travail.”

Une moto trop sensible, surtout sur un tour

Binder a expliqué avoir eu du mal à s’adapter à une moto qui demande une délicatesse en contradiction avec son pilotage : “Être super, super doux et calme sur l’avant, calme sur l’arrière, ce n’est pas vraiment ma façon de faire. Quand j’essaie de le faire, je n’en tire pas le meilleur, donc je dois voir si je peux trouver quelque chose, et je ne peux pas, je dois comprendre.”

Le pilote KTM estime que sa moto est devenue trop sensible, ce qui l’empêche d’attaquer comme il le veut : “L’un des objectifs est de trouver un grip plus utilisable à l’arrière, pour que quand on prend l’angle maximum, ça arrête de glisser. Puis évidemment, ne pas perdre quelques mètres quand on met les gaz si la moto est droite. […] C’est sûr que j’ai eu du mal à vraiment exploiter la moto au mieux sur un tour cette année. C’est le principal pour moi et c’est ce qui a rendu les courses difficiles.”

Je n’ai jamais été bon en qualifications, depuis mes débuts en Moto3. Disons que ce n’est pas exactement mon point fort. Mais il y a des choses que je peux améliorer.

Binder semble en effet surtout payer son manque de performance en qualifications. Il n’est entré que six fois en Q2 cette année, pour atteindre une fois la troisième ligne, une fois la deuxième et jamais la première. Le time attack n’a jamais été l’exercice préféré de Binder mais il juge des progrès nécessaires.

“Je pense que je peux améliorer ça, ça ne fait aucun doute. Je n’ai jamais été bon en qualifications, depuis mes débuts en Moto3. Disons que ce n’est pas exactement mon point fort. Mais il y a des choses que je peux améliorer et je pense que maintenant, les choses fonctionnent beaucoup mieux sur la distance de la course, ou beaucoup plus quand les chronos commencent à s’écrouler.”

Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

Brad Binder

Photo de: Rob Gray / Polarity Photo

“Il est évident que si on part plus devant, ce sera beaucoup plus simple”, a-t-il reconnu. “Dans beaucoup de courses, au cœur de la course je ne suis pas si lent, c’est juste que je ne suis pas très bon au début. […] Je pense que si on peut se qualifier sur les deux premières lignes, ce sera un monde différent, donc c’est mon objectif. Je dois être rapide sur un tour.”

Binder est certain que des progrès en qualifications suffiront à lui permettre de retrouver les premières places en course. “Quand il y aura un déclic, on sera bons”, a-t-il promis. KTM a voulu contribuer à ce déclic en nommant un nouveau chef mécanicien auprès de Binder pour la saison 2025, afin de l’aider à trouver les bons réglages plus tôt pendant les week-ends.

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En attendant ce changement, Binder s’est lassé de voir ses week-ends gâchés par ses performances sur un tour : “J’en ai marre de partir 15e ! On dirait que j’y suis abonné. Il faut vraiment que j’améliore mes qualifs, être meilleur dans le time attack sur un tour, c’est clair. C’est vraiment ce qui me manque actuellement. En course, mon rythme n’était pas dégueu.”

Des courses qui se compliquent

En partant souvent dans la deuxième moitié de la grille, Binder se plonge en effet dans une spirale négative. Dans le meilleur des cas, il se confronte à des remontées difficiles et dans le pire, il reste englué dans un ventre mou, une position de départ lointaine étant souvent difficile à compenser.

“C’est ce qui a rendu les courses difficiles, même quand je pouvais remonter, parce qu’il fallait doubler beaucoup de monde, prendre de gros risques et beaucoup solliciter le pneu pour le faire. C’est toujours un peu difficile.”

Brad Binder, Red Bull KTM Factory Racing

Brad Binder

Photo de: Rob Gray / Polarity Photo

“J’ai souvent remarqué que je n’étais pas coincé, mais qu’une fois que le pneu avant est cuit – ce que je n’avais avant parce que je pouvais toujours remonter – mais une fois qu’on est dans un groupe, on est vraiment coincé, comme si le pneu avant était cuit et que la seule façon de faire des dépassements était de prendre de gros risques”, a détaillé Binder.

“C’est une chose que j’ai beaucoup plus remarquée cette saison que les précédentes. Mais j’ai aussi fait des changements sur la moto, ça a beaucoup amélioré l’avant dernièrement donc je pense que dans l’ensemble, on se rapproche d’une direction où tout semble mieux fonctionner.”

“Je pense que c’est littéralement la chaleur des autres motos et que ça ne respire pas. Si on est dans l’échappement de quelqu’un en permanence, c’est bien pire que si on le double, qu’on prend quelques mètres, qu’on essaie de revenir sur le prochain et le doubler. Quand on est coincé, on est vraiment coincé. Cette année, je n’ai souvent pas eu le rythme pour des dépassements et remonter, donc c’était un peu difficile.”

Avec Léna Buffa

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud
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