Aprilia révèle que Martín avait une “très bonne” offre de Honda

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Un documentaire réalisé par le site officiel du MotoGP permet de revivre dans les coulisses les événements qui ont largement perturbé l’année de défense du titre MotoGP de Jorge Martín. Arrivé chez Aprilia avec le n°1 de champion du monde, une première pour lui, il découvrait aussi le rôle de pilote d’usine et semblait à l’orée de la plus belle phase de sa carrière, lorsque tout a très vite déraillé.

“La satisfaction d’avoir un champion du monde était grande, et avoir un champion du monde dans l’entreprise est aussi une grande responsabilité”, explique dans ce documentaire Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing.

Les attentes étaient immenses en effet, tant pour Jorge Martín que pour le public et pour son employeur, qui sentait s’ouvrir de grandes possibilités. Sauf que l’énergie positive qui était alors palpable a vite explosé lorsque le pilote s’est blessé, dès l’entame des essais d’avant-saison. “C’était en quelque sorte une nouvelle ère qui débutait, et elle n’a malheureusement pas commencé comme nous nous y attendions”, admet Massimo Rivola.

Martín a été accidenté au premier jour d’essais de l’année, puis à nouveau à la veille de son départ pour le premier Grand Prix. Après avoir manqué les essais d’avant-saison, il était absent lors du coup d’envoi du championnat, en Thaïlande, et sa moto a posé seule, sans pilote, pour la traditionnelle photo de famille. Un crève-cœur, qui n’était que le début des difficultés.

Les blessures en effet, limitées alors aux mains et aux pieds, représentaient jusqu’alors un coup d’arrêt et des espoirs au championnat qui, déjà, s’envolaient. Mais la suite a failli tourner au drame car au premier Grand Prix auquel il a enfin pu participer, au Qatar, l’Espagnol a chuté à nouveau, très lourdement cette fois, se blessant notamment aux côtes et au poumon.

La souffrance était telle que Jorge Martín a cru un temps qu’il allait mourir. Indépendamment de cette peur viscérale, il est tombé au plus bas physiquement, suffisamment pour tout remettre en question. Il admettra, plusieurs mois plus tard, avoir douté de tout, de lui-même jusqu’à son équipe. C’est là qu’est née dans son esprit l’idée de se libérer de son contrat pour tenter de repartir à zéro avec une autre moto.

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L’affaire, révélée à l’époque par Motorsport.com, est aujourd’hui contée par Massimo Rivola, qui révèle que c’est bien Honda qui se tenait prêt à accueillir Jorge Martín, levant toute nuance exprimée à l’époque sur le sujet.

“Albert Valera, son manager, est venu me voir et m’a dit ‘Tu sais, nous pensons que nous pourrions partir. Honda est assez intéressée, l’offre est très bonne’. Et j’ai dit ‘Tu plaisantes ?'”, relate le patron d’Aprilia Racing dans le documentaire.

“Le lendemain, je suis allé à Madrid parce que je voulais le voir, voir avec lui si ce qu’Alberto venait de me dire était vrai. Il m’a dit ‘Je pense que c’est mieux pour moi de m’en aller’ et je lui ai répondu ‘Je suis désolé, mais je ne vais pas te laisser partir’.”

Massimo Rivola, PDG d'Aprilia Racing

Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

C’est à ce moment-là qu’Aprilia a commencé à gagner avec Marco Bezzecchi, un timing parfait pour tenter de convaincre Jorge Martín que la RS-GP pouvait le mener très haut. Mais l’affaire est surtout devenue un bras de fer dans lequel Massimo Rivola est resté inflexible, prêt à aller en justice.

Soutenu par la Dorna, le patron de Noale a défendu ses intérêts et laissé à son pilote le temps de se reprendre après un choc qui l’avait de toute évidence ébranlé psychologiquement. La mésentente, née d’interprétations divergentes d’une clause du contrat, finira par se résoudre lorsque Martín, remis physiquement, acceptera de se plier aux termes de l’accord, sans chercher à quitter le navire avant l’échéance fixée à fin 2026.

Malgré une quatrième blessure venue s’ajouter à un bilan déjà très lourd, la saison a fini par se terminer de façon plus sereine pour le duo Martín-Aprilia. Les prochains mois nous diront si leur union apportera enfin le bonheur auquel elle était promise, avec un championnat cette fois stable et réussi. L’enjeu sera aussi de savoir si le pilote espagnol se fera convaincre de rester fidèle à la RS-GP sur la durée ou si son avenir, dès 2027, s’écrira avec le constructeur qui a bien cru pouvoir l’accueillir plus tôt qu’espéré…

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa
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