Álex Rins avoue son souhait de rester chez Yamaha mais aussi son incertitude

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

À l’approche du dixième anniversaire de son arrivée en MotoGP, Álex Rins se trouve à la croisée des chemins. Comme bien d’autres pilotes, il voit arriver l’échéance de son contrat actuel et explore ses options. Mais, admet-il, les piètres performances qu’il a été en mesure de réaliser ces dernières années ne l’aident pas à se mettre en valeur dans les négociations.

Sachant que Fabio Quartararo est sur le départ, le pilote espagnol sait qu’il peut représenter un gage de stabilité dans l’équipe d’usine de Yamaha, alors même que le constructeur entre dans une nouvelle ère révolutionnaire pour lui en adoptant un moteur V4. Pour autant, Rins est conscient également de la menace qui pèse sur lui, avec l’entrée en scène de Toprak Razgatlioglu et l’émergence de jeunes pilotes.

Le fait d’avoir eu une moto inférieure ces dernières années ne m’aide pas au moment de négocier.

“Je vais tout donner en piste pour avoir les meilleures options pour l’avenir”, explique-t-il dans une interview pour le site catalan L’Esportiu. “Mon objectif est de renouveler mon contrat avec Yamaha pour les deux prochaines saisons, mais j’ignore quels sont leurs plans…”

“Le fait d’avoir eu une moto inférieure ces dernières années ne m’aide pas au moment de négocier. Il faudra voir ce que fera Fabio Quartararo, s’ils promeuvent quelqu’un de Prima Pramac, s’il y a de [nouvelles] signatures… J’agirai en fonction de ce qu’ils me diront.”

“Certains pilotes semblent très pressés, et le temps passe vite. C’est curieux de voir à quel point les choses vont vite, surtout qu’avec le nouveau règlement de 2027, toutes les motos vont changer.”

Le choix d’aller chez LCR au lieu de Gresini

Il y a moins de quatre ans, Álex Rins était encore l’un des vainqueurs réguliers du MotoGP. Ses six ans chez Suzuki ont fait de lui un pilote solidement arrimé aux avant-postes, avec même trois saisons terminées dans le top 5 du championnat. Le départ inattendu du constructeur a toutefois chamboulé sa carrière, d’abord en le menant vers Honda, où les choses ont vite mal tourné.

“Depuis le départ de Suzuki, il a été compliqué de tout gérer, notamment en termes de performance. À ce moment-là, j’avais le choix d’aller chez Gresini ou chez LCR Honda”, révèle-t-il, “et j’ai opté pour la seconde option parce qu’elle m’offrait le traitement d’un pilote d’usine. Je disposais du même matériel que l’équipe officielle et les améliorations apportées à la moto devaient arriver en même temps.”

“J’ai gagné à Austin, mais c’était compliqué avec Honda car ils n’ont pas tenu leurs promesses. Un an plus tard, s’est présentée l’opportunité de Yamaha avec l’équipe officielle. Je savais que la moto n’était pas faite pour la victoire, mais on a relevé le défi d’en faire une moto gagnante. Au final, on n’a pas pu obtenir de bons résultats ni même monter sur le podium”, déplore-t-il.

Alex Rins, Team LCR Honda

À l’exception d’une victoire à Austin, le passage d’Álex Rins chez Honda a tourné à l’échec.

Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Malgré ce qui apparaît comme un échec pour lui et la voie royale qui s’est écrite pour le team Gresini en parallèle, Álex Rins assure ne pas nourrir de regrets quant au choix qu’il a fait pour 2023. “Je ne le regrette pas car je ne peux plus revenir en arrière”, résume-t-il, toujours en phase avec le raisonnement qui avait été le sien à l’époque.

“Ça semble être une décision très facile de passer sur une Ducati, mais c’est parce qu’actuellement, les équipes satellites ne sont pas indépendantes. Par exemple, chez Prima Pramac Yamaha, les deux pilotes ont un contrat avec l’usine et du matériel officiel, comme moi. C’est pareil chez Ducati [aujourd’hui] et, moi, Honda m’offrait les mêmes conditions qu’à Marc Márquez et Joan Mir.”

“Chez Gresini, je n’avais pas cette possibilité : j’étais directement lié à l’équipe, contrairement à aujourd’hui. Ce n’était pas une question d’argent, mais de projet et de soutien de l’usine”, défend-il.

Deux années marquées par une blessure à la jambe

L’autre coup dur qui a profondément chamboulé le parcours d’Álex Rins, c’est sa grave blessure à la jambe, lors du GP d’Italie 2023. “[Cette] blessure a été l’une des plus graves que j’ai eues”, confirme-t-il encore aujourd’hui, alors qu’il a longtemps conservé d’importantes séquelles.

“Je me suis désintégré le tibia, il a explosé en mille morceaux ; ce n’était pas une fracture nette. J’ai énormément souffert. En 2024, on a trouvé une thérapie qui ciblait directement la zone de la lésion et qui m’a permis de revivre.”

“Jusqu’à la moitié de 2025, quand je me réveillais la nuit pour aller aux toilettes, j’avais encore mal. Une personne normale n’a pas besoin de se rappeler qu’elle a une jambe, or deux ans après l’accident j’avais du mal à marcher. Quand j’étais sur la moto, ça ne me faisait pas mal parce que la moto n’est pas un sport dans lequel on prend des impacts. Aujourd’hui, je ne remarque ma blessure que si la température ou l’humidité changent. Je suis complètement rétabli.”

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa
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