Martín explique sa greffe osseuse : “Je ne pouvais plus soulever un verre”

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

Après une année 2025 cauchemardesque, marquée par des blessures à répétition, Jorge Martín espérait vivre une saison 2026 plus calme. Deux opérations pratiquées en décembre, sur le scaphoïde de la main gauche et la clavicule droite, pour remédier aux séquelles de ses blessures, en ont décidé autrement et l’ont contraint à manquer le test de Sepang. Une situation que le champion du monde 2024 du MotoGP aborde avec une certaine sérénité.

Alors qu’il avait pu faire on retour au GP de Valence, Martín a révélé avoir dans la foulée subi une greffe osseuse pour sa clavicule, avec un prélèvement à la hanche, qui rappelle ce que Marc Márquez avait connu pour son bras gauche. Présent en spectateur en Malaisie, le Madrilène a surtout affiché sa certitude quant à sa capacité à vite retrouver sa condition.

“Certains médecins pensaient à faire l’opération dans la première semaine de 2026 et j’ai dit ‘Impossible, il faute faire en 2025, je veux fermer ce chapitre’ parce que c’était un cauchemar”, a-t-il confié au site officiel du MotoGP. “Je vois enfin la lumière, que je vais pouvoir être à 100%. Je n’y suis pas encore mais je vais y arriver.”

Signe de son calme, Martín a accepté la situation, pour ne plus brûler les étapes et retrouver son meilleur niveau : “Je pense que si j’étais la personne de 2025, je serais sur la moto. Maintenant, j’ai compris qu’il est nécessaire de laisser au corps le temps de récupérer, de respecter le timing que disent les médecins, parce qu’on est tout le temps dans le rush et qu’on veut revenir très vite.”

Face à la presse internationale, dont Motorsport.com, Martín a ensuite donné des détails sur l’évolution de sa condition physique.

Commet te sens-tu ?

L’hiver a été dur, mais au final, je suis content de ma condition physique. Il était très important pour moi de me rétablir enfin et maintenant, je suis en train de retrouver mon meilleur niveau. L’année dernière, je n’ai jamais roulé en étant à 100%, de toute la saison, à part peut-être les six ou sept tours que j’ai faits ici en Malaisie, mais à partir de là, le cauchemar a commencé, avec une succession de blessures. J’ai toujours eu des douleurs à la main, puis à la clavicule.

Il semblait que ma main se remettait, mais après Valence, j’ai réalisé que non, et puis la clavicule aussi. J’ai couru à Valence en pensant que j’étais guéri et quelques jours plus tard, je ne pouvais plus soulever un verre dans un placard, donc j’ai voulu un autre avis, j’ai changé de médecins et ils m’ont dit que la situation était différente. C’est là qu’est intervenue la question de la greffe de la hanche, mais d’après les examens que j’ai passés, tout va bien, tout se remet très bien, mais j’aurai une clavicule plus solide que n’importe qui d’autre car on dirait que j’ai deux clavicules, mais j’espère qu’elle tiendra bien le coup.

Comment l’opération a-t-elle été planifiée ?

Je me suis fait opéré dès que possible. Il y a eu quelques journées de doute, c’était très dur de subir encore deux opérations après tout ce que j’avais vécu. Mais j’ai décidé que c’était la meilleure chose pour mon avenir et pour être enfin à 100%, parce que je pense qu’en 2025, je n’ai jamais été à 100%, de toute la saison. C’est dommage mais ce chapitre est clos. Je suis sur le chemin pour être à 100%.

Jorge Martin, Aprilia Racing Team

Jorge Martín doit encore attendre avant de piloter l’Aprilia.

Photo de: Aprilia Racing

Comptes-tu participer au test de Buriram ?

C’est l’objectif, être au test de Buriram. C’était un peu limite pour être ici mais finalement, le médecin a dit d’attendre. Je passerai un nouvel examen lundi et si tout va bien, je commencerai à piloter une moto en Espagne avant de me rendre au test en Thaïlande. Le but est d’être au test en Thaïlande pour avoir des sensations avec la nouvelle Aprilia. Sinon, ce sera un peu comme la saison dernière.

Pourquoi es-tu venu à Sepang ?

Je pense que c’est vraiment important. Massimo [Rivola, patron d’Aprilia Racing] a poussé pour ça. J’étais aussi à la présentation, au shooting, c’est important. Pour moi, c’est vraiment nécessaire d’entrer dans l’état d’esprit de la course, pour être ici avec mon équipe, pour comprendre ce qu’ils testent, ce qui est mieux, ce qui est moins bon… Je vais me rendre au test en Thaïlande, j’ai déjà dit que c’était l’objectif, j’aurai une idée de ce que je dois tester.

Quelle partie de ton corps suscite la plus grosse inquiétude, le poignet ou l’épaule ?

C’est peut-être un peu plus lent sur le poignet. J’ai fait l’opération en premier, deux semaines avant la clavicule. Au niveau de la clavicule, c’est fantastique, la force revient donc je me sens bien. Et à la main, c’est consolidé à 100% maintenant. Le problème, c’est que je dois encore gagner un peu de force et de mobilité. Mais je pense que je serai rapidement à 100%, donc je suis calme à ce sujet.

Ils ont pris un os d’une autre partie du corps pour que ça guérisse, donc maintenant la plaque est plus grosse, il y a plus de vis, c’est impossible que ça bouge. Le processus de convalescence a été nettement meilleur.

Pourquoi ne pas avoir évoqué la situation lors de la présentation d’Aprilia ?

On ne savait pas si je serais en mesure d’être ci. On ne voulait pas mettre l’accent sur la blessure. Après six [opérations] en 2025, je voulais être au calme chez moi, même si j’étais en convalescence. Il n’y avait pas beaucoup de gens qui m’appelaient. On a attendu le dernier moment pour décider si j’allais rouler ou pas. Finalement, ça n’a pas été le cas, donc c’est pour ça qu’on ne l’a pas dit avant la semaine dernière.

Comment es-tu certain que la consolidation des os est bonne cette fois ?

J’en suis certain parce qu’ils ont pris un os d’une autre partie du corps pour que ça guérisse, donc maintenant la plaque est plus grosse, il y a plus de vis, c’est impossible que ça bouge. Le processus de convalescence a été nettement meilleur. La fois précédente où j’avais été opéré, deux jours après je bougeais, et cette fois j’ai passé quatre semaines sans bouger, donc je suis certain que c’est guéri maintenant. Le timing de la convalescence a été beaucoup plus “normal”, disons.

Marc Marquez, Ducati Team

Le retour au sommet de Marc Márquez est un exemple pour Jorge Martín.

Photo de: Ducati Corse

Comment as-tu fais pour gérer autant de blessures sur le plan mental ?

Pour moi, il n’y a pas d’autre option que continuer à me battre et continuer à faire ce que je peux pour retrouver la victoire. Je ferai tout mon possible, jusqu’à ne plus avoir de possibilités. Pour moi, c’est facile d’être opéré et de continuer à travailler sur mon processus.

As-tu trouvé une motivation en voyant l’exemple de Marc Márquez, qui est revenu après avoir souffert plusieurs années ?

Bien sûr, je ne veux pas me comparer à qui que ce soit, mais après l’exemple de Marc, qui a souffert pendant deux ou trois ans et qui a fini par réussir, je me suis dit que ça ne faisait qu’un an pour moi. J’espère ne pas avoir à continuer à me battre comme ça, mais je sais que je le ferai, parce qu’au final, je suis né pour ça, pour faire de la moto, et c’est ce que je ferai.

Te sens-tu mieux maintenant qu’en 2025 ?

Je me sens peut-être mieux maintenant. J’ai beaucoup plus d’expérience. Je sais que je vais enfin guérir. L’an dernier j’allais bien, mais j’ai fait toute la saison en étant peut-être à 80%, avec des douleurs, sans être à l’aise dans mon corps. Je sais que dans deux, trois ou cinq semaines, je serai à 100%, donc je suis convaincu et j’ai confiance en moi pour me battre avec les leaders quand je serai prêt physiquement.

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud
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