Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Le chemin reste long pour Yamaha avec le V4. Et même très long à en croire Fabio Quartararo. La semaine d’essais du Français est déjà terminée à Sepang, une blessure à un doigt après une chute le poussant à la prudence, mais il a déjà pu se faire une idée de la version 2026 de sa moto, dont l’architecture moteur change, le quatre cylindres en ligne cédant sa place à un V4.
Quartararo pu rouler durant une journée et demie, vendredi et samedi, lors du Shakedown Test, avant de retrouver la piste ce mardi. Et pour lui, Yamaha reste nettement distancé par les autres constructeurs.
“Je ne peux pas dire que je suis confiant parce qu’on voit à quel point en souffre”, a expliqué Quartararo ce mardi. “On voit que nos chronos ne sont pas très bons. La seule chose que je peux faire, c’est faire de mon mieux, essayer de piloter à mon maximum. Quelle que soit la position, essayer de faire de mon mieux.”
Le pilote Yamaha est déjà inquiet de l’écart avec les autres constructeurs : “On voit leur vitesse, dès le premier jour. En un jour, on a vu que les chronos sont incroyablement rapides. On sait où on est, on sait qu’on n’est pas super rapides, mais on doit l’accepter. La seule chose à faire, c’est travailler dur.”
Encore de grosses faiblesses

Fabio Quartararo voit encore de gros défauts sur la Yamaha V4.
Photo de: Hazrin Yeob Men Shah / Icon Sportswire via Getty Images
Quartararo n’avait piloté que des machines avec un quatre cylindres en ligne en MotoGP jusqu’à présent. Il estime s’être déjà “complètement” adapté au V4 Yamaha, mais souligne surtout des faiblesses persistantes.
“J’ai immédiatement senti les choses que je devais changer, ce que je devais adapter. Je pense aussi que notre V4 n’est pas totalement comme les autres. Il y a encore du travail, surtout sur le turning, sur la motricité, sur l’électricité, sur l’adhérence, sur la puissance. Il y a beaucoup de choses à ajuster.”
Le bilan que Quartararo fait de la nouvelle version de la Yamaha reste dans la lignée du verdict de la fin d’année 2025 : la M1 progresse au freinage, avec une meilleure stabilité et une roue arrière qui ne se soulève plus, mais ses forces en courbe ont disparu.
“On arrive à s’arrêter un peu mieux avec les deux roues”, a noté Quartararo, qui voit “surtout” des progrès au freinage : “En termes de grip, ce n’est pas mieux. La seule chose qu’on a gagnée, c’est qu’on arrive à s’arrêter plus facilement sur les freinages. Et ensuite, il n’y a pas grand-chose de mieux.”

Fabio Quartararo ne roulera plus sur la Yamaha cette semaine.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Avec une moto totalement nouvelle, il peut être naturel de faire un pas en arrière pour en faire deux en avant mais à ce jour, Quartararo a du mal à percevoir un progrès net : “Il y a des sensations qui sont bien. Ensuite, il y en a pas mal qui sont mauvaises. Mais bon, je pense qu’il faut qu’on améliore énormément la vitesse de pointe, qu’on progresse énormément quand on est sur le trail braking et qu’on veut tourner, la moto ne tourne pas encore.”
“On n’a pas gagné grand-chose comparé à la moto de l’année dernière”, a-t-il résumé. “Mais on a surtout perdu.”
Ce mardi, on a aussi vu la moto de Quartararo laisser échapper de la fumée, mais le champion du monde 2021 a évoqué “un souci avec l’électronique”, pas directement lié au V4 : “Ce n’était pas le moteur. C’était en fin d’après-midi. D’après ce que je sais, ce n’était pas le moteur. Mais j’ai juste fait quelques tours cet après-midi.”
Une motivation intacte
Le contexte pourrait sembler morose pour Quartararo, entre sa main ensanglantée ce mardi, cette Yamaha encore loin du compte et un avenir qui se dessine chez le concurrent direct, Honda. Motorsport.com a révélé la semaine dernière que Quartararo allait s’engager avec l’autre constructeur japonais du MotoGP, et sans rien confirmer directement, il a donné des signes de son départ.
Lorsqu’il lui a été demandé s’il était difficile de vivre une année avec Yamaha tout en sachant qu’il se dirige vers la sortie, Quartararo a éludé… mais sans démentir : “Franchement, non. Parce que moi, je suis plus dans le présent. Même cet après-midi, le team me disait ‘On arrête, on essaie demain, qu’est-ce que tu veux faire ? On reprend le programme ?’ Je disais ‘Non, je vais essayer’. J’ai toujours envie du présent et d’essayer de faire le mieux possible.”
“Pour moi, c’est ce qui maintient aussi la motivation, de rester vraiment actif et de donner mon maximum”, a-t-il résumé.
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud |

