Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
À l’aube de sa sixième saison dans l’équipe d’usine Ducati, Pecco Bagnaia affronte ce qui est certainement son plus gros défi. Deux fois champion du monde avec son constructeur de cœur, il a très nettement marqué le pas l’an dernier et s’est trouvé plongé dans un tourbillon de doutes et de difficultés semblant insolubles, alors que son nouveau coéquipier, Marc Márquez, écrasait le championnat.
Alors que l’on sait l’Espagnol en position de force, à la fois dans l’équipe et sur le marché des transferts puisque, d’après nos informations, il s’apprête à prolonger son contrat, Bagnaia est conscient qu’il doit rester focalisé sur ce qui compte véritablement. Il lui faut à tout prix résoudre ces problèmes qui ont tant gâché sa saison 2025, seule solution pour trouver un moyen de rebondir.
En marge de la présentation de Ducati, ce lundi, le pilote italien a longuement été questionné sur son état d’esprit après la pause nécessaire qu’apportait la trêve hivernale, par un panel de médias dans lequel figurait Motorsport.com.
L’hiver t’a-t-il fait du bien, pour t’accorder une sorte de pause et ne plus parler de MotoGP tous les week-ends ?
On essaye toujours de tirer le positif de chaque situation et cette année, j’ai juste pris quelques vacances avec ma femme pour déconnecter complètement, et ensuite j’ai recommencé à travailler assez vite à la salle et à analyser les choses. Je pense que ça a été très utile. J’ai essayé de plus déconnecter que par le passé et de me donner plus de temps pour réfléchir à ce que je devais faire.
L’année dernière a été compliquée pour moi, je n’avais peut-être pas l’habitude d’avoir autant de mal, donc il était important de tout repasser en revue et d’essayer de comprendre ce que celui qui était la référence a mieux fait. Marc a été meilleur dans certaines situations, tout en ayant du mal, j’ai donc essayé de mieux analyser les choses et de voir si j’arrivais à comprendre certaines choses.
Tu t’es détendu pendant cette pause hivernale ?
Au final, j’ai fait comme d’habitude pour les vacances. Une fois que le championnat se termine, on a une ou deux semaines de pause, et ensuite viennent les différents entraînements et le travail d’analyse que je fais chez moi. C’est quelque chose que j’aime bien faire. On parle, on essaye d’analyser ce qu’il faut faire pour s’améliorer, non seulement dans les entraînements mais aussi au niveau de l’approche. C’est nécessaire, ça permet de déconnecter tout en restant concentré sur ce qu’il y a à faire.

Pecco Bagnaia ne s’est accordé qu’une courte pause cet hiver.
Photo de : Ducati Corse
Il y a un an, tu ne savais pas à quoi t’attendre en ayant désormais Marc comme coéquipier. Qu’en est-il aujourd’hui, maintenant que tu le connais ?
Cette saison, c’est différent. Je sors d’une saison très difficile, donc mon ambition est de me relever. On sait que quand le potentiel est là, qu’on peut se battre. Quand j’ai pu me battre, j’étais compétitif, j’étais devant, donc il faut juste se concentrer sur le fait de retrouver ce genre de performance.
Alessio Salucci dit que tu as beaucoup parlé avec Valentino Rossi cet hiver. Peux-tu expliquer de quoi vous avez parlé et ce qu’il t’a dit ?
Mes deux références durant cette période sont normalement Vale et Carlo [Casabianca], qui est mon entraîneur. Je crois qu’ils ont tout vécu par le passé. Vale a traversé des moments très difficiles et Carlo était avec lui, comme Uccio.
Une chose que je peux mentionner, c’est qu’il faut juste être content et apprécier chaque moment parce qu’on ne sait jamais. J’ai passé quatre saisons au sommet, en étant toujours premier ou deuxième du championnat et avec de très bons résultats. Or l’année dernière, alors que j’ai eu un peu de mal et que je n’ai pas obtenu ce que je visais, lorsque je terminais troisième, j’ai parfois été trop critique avec moi-même.
Quand une critique est faite de manière inutile, ça n’a aucun sens de la prendre en considération.
Parfois, il faut juste prendre le positif et essayer de simplement mieux analyser les choses. Même si j’étais en difficulté, je voulais gagner, or quand on est en difficulté, c’est difficile de gagner, donc il faut être plus calme, mieux travailler et essayer de mieux performer, même quand on a du mal. C’est une chose sur laquelle j’essaye de travailler.
Quel hiver t’a le plus appris ? Celui-ci ou bien le précédent, quand tu avais perdu le titre d’un rien ?
Ça a été deux hivers différents. En 2024, j’avais dominé en termes de résultats mais pas au championnat, et j’avais donc essayé de faire un travail différent, qui a fonctionné dans la première partie de la saison car, malgré les difficultés, j’avais obtenu pas mal de bons résultats.
Ce qui a été différent ensuite, malheureusement, c’est que l’année dernière, je ne me suis pratiquement jamais bien senti avec la moto. Je n’ai jamais réussi à m’exprimer à 100% dans mon pilotage, et ça a été ma plus grosse limite. J’espère y arriver cette année. Et le travail de cet hiver va plus être d’essayer de voir le côté positif de chaque situation.
VIDÉO – La Ducati 2026 de Márquez et Bagnaia en images
Tu as été fortement critiqué en 2025 : comment l’as-tu vécu ?
Ça dépendait de qui arrivaient ces critiques, car dans 90% des cas, elles étaient superflues. Je les ai vécues comme il fallait les vivre. Au final, quand une critique est constructive, il est juste de l’écouter et d’essayer de l’assimiler. Quand une critique est faite de manière inutile, ça n’a aucun sens de la prendre en considération.
Tu penses que la nouvelle moto va un peu plus dans ton sens, ou bien est-ce qu’elle sera de toute façon très similaire à celle de l’année dernière au vu du règlement ?
L’année dernière, il y a eu des situations où je me suis senti à l’aise et j’espère qu’on va réussir à faire en sorte que ça se produise avec une certaine constance. Au final, au GP du Japon, la moto était beaucoup plus à mon goût en termes de sensations, et on a réussi à obtenir d’excellents résultats. En Malaisie aussi, on a réussi à être très performants, avant de jouer de malchance. En tout cas, si on arrivait à faire durer ce niveau de vitesse tout au long de la saison, comme les années précédentes, ça me mettrait certainement en condition de me battre.
Donc il faut repartir du Japon ?
Si possible, oui.

Une ambition pour Bagnaia en 2026, effacer les difficultés de la saison dernière.
Photo de : Ducati Corse
Que voudrais-tu dire à ceux qui te soutiennent après cette année difficile ?
J’ai beaucoup de chance de ce point de vue-là, j’ai énormément de soutien de la part de mes tifosi. Où que j’aille, je reçois toujours de bons commentaires, et c’est quelque chose qui me rend toujours très fier. Ça veut dire qu’on transmet de belles choses aux gens et c’est un motif de fierté. Cette année, on va essayer de faire le maximum et on aura besoin du soutien de tout le monde.
À la fin de la saison précédente, tu avais dit avoir appris qu’il ne faut pas nécessairement gagner toutes les courses. Et celle-ci, que t’a-t-elle appris ?
Il y a eu des moments [en 2025] où une troisième place m’énervait beaucoup, or quand on perd la valeur des résultats, je pense qu’on perd un peu le cap. C’est quelque chose qui m’a empêché de travailler de manière optimale. Il y a eu de bons résultats, comme l’Argentine où j’ai fait quatrième, c’est-à-dire le maximum que je pouvais faire à ce moment-là compte tenu des difficultés que j’avais pour piloter. Et à la fin du championnat, j’aurais payé pour une quatrième place ! Les rapports de force changent beaucoup et très vite, alors il faut accorder la juste valeur à tout.
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |
