Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Parmi les pilotes présents en 2025 et qui resteront la saison prochaine, ils ne sont que trois à n’avoir jamais connu le succès en MotoGP : Pedro Acosta, Luca Marini et Ai Ogura. Une situation presque incongrue pour Acosta, titré en Moto3 puis en Moto2 en l’espace de trois saisons passées dans ces catégories, avant des débuts fracassants en MotoGP en 2024, puis une année 2025 solide qui a fait de lui le leader incontesté de KTM.
Sur une moto qui n’affichait pourtant pas la forme de la Ducati ou de l’Aprilia, Acosta a décroché cinq podiums le dimanche et a arraché la quatrième place du championnat à Pecco Bagnaia lors du dernier week-end de la saison à Valence. Une situation qui paraissait incongrue à mi-championnat, quand Acosta n’était que huitième avec la moitié des points de Bagnaia.
“Je pense que c’est l’un des meilleurs pilotes du championnat”, commentait l’Italien à Valence, juste avant qu’Acosta passe devant lui. En l’absence de Marc Márquez, Acosta est même devenu une référence aux yeux de Bagnaia : “Il est très rapide, très talentueux. Il a compris que moins, c’est mieux, et actuellement, il est le meilleur.”
Comment Acosta en est-il arrivé là ? Après un début de saison marqué par des résultats frustrants, entre les limites de sa KTM et des chutes de sa part, l’Espagnol a affiché sa volonté d’aborder les courses plus calmement, en arrêtant de prendre des risques quand sa moto n’était pas capable de le mener aux premières places.
Concrètement, il a compris que le mieux était l’ennemi du bien et a appris à se contenter de résultats certes plus modestes, mais aussi plus solides. “La première partie de la saison était à oublier”, a reconnu Acosta. “On souffrait beaucoup, sans vraiment comprendre pourquoi.”
“Ensuite, après avoir clarifié notre esprit, peut-être changé un peu les objectifs, et vu que je devais peut-être trouver un peu plus de constance pour devenir un meilleur pilote, on a trouvé quelque chose en plus. Il y a eu des hauts et des bas, après la pause estivale aussi, mais on a été beaucoup plus constants dans ce top 5, et parfois le podium.”

Pedro Acosta a payé des erreurs en début de saison.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Acosta se félicite d’avoir gagné en régularité au moment où il a revu ses objectifs à la baisse. Il a ainsi décroché quatre de ses cinq podiums dans la deuxième partie de la saison. “À partir de la pause estivale, j’ai voulu être tout le temps dans le top 5, alors je pense qu’on peut être plutôt satisfaits”, a-t-il confié au site officiel du MotoGP. “J’ai fait de gros progrès dans mon pilotage, dans ma manière d’aborder les courses et dans la façon dont je gère ma tête. Alors je pense avoir fait de gros progrès personnels, j’appellerais ça comme ça.”
“Je vois qu’avoir faim, ne pas être satisfait et d’avoir trop envie, parce que les résultats ne venaient pas, ce n’était pas la bonne voie”, a reconnu Acosta. “Je pense que ça a empiré les choses, c’était même assez dur à vivre au quotidien. Maintenant, je suis assez calme, je sais que je donne 100%, je sais que je tire 100% du package que l’on a. Si ce n’est pas entre mes mains, je ne peux pas être en colère.”
Le nouvel état d’esprit de Pedro Acosta lui a finalement été bénéfique et lui a permis de plus facilement se contenter du niveau de sa KTM : “Au début de l’année, je voulais me battre pour quelque chose de bien plus important qu’un podium, mais maintenant j’accepte tout simplement la situation.”
Les plus gros progrès sont venus de mon état d’esprit.
L’amélioration de la situation financière de KTM a également permis d’apporter quelques évolutions. Mais Pedro Acosta reste convaincu que son bond en avant sont beaucoup plus dus à sa nouvelle approche qu’à une machine qui se serait nettement améliorée.
“Sincèrement, la moto n’a pas beaucoup progressé parce qu’on n’a pas fait de gros changement. Un carénage a aidé, un bras oscillant a un peu aidé, mais on voit encore qu’on a de gros soucis d’usure du pneu, on a du mal à être performant en début de course quand on n’a pas de grip. “

Pedro Acosta est redevenu un candidat aux premières places en fin de saison.
Photo de: Qian Jun / MB Media via Getty Images
“Au moment où j’ai un peu oublié le rêve du championnat, que j’ai commencé à juste essayer de tirer 100% de mon package, un jour j’ai été dans le top 5, un autre j’avais un peu plus, et dans d’autres j’ai pu me battre pour me podium, au moins en course sprint. Peut-être que les plus gros progrès sont venus de mon état d’esprit.”
“Je me sentais mieux sur la moto, c’est aussi une réalité, mais on n’a pas fait de gros changements mécaniques. C’est pour ça que c’est assez dur de dire que la moto a tant progressé. Peut-être qu’après cette opération pour mon arm-pump après Jerez, on a trouvé des choses différentes, mais la moto n’était pas si différente.”
Sûr de sa valeur et avec peut-être l’impression de gâcher son talent, Pedro Acosta attend maintenant que la KTM s’améliore à son tour : “Je suis clairement un meilleur pilote que celui qui a gagné le Moto3 et le Moto2. Et au début de la saison, à la troisième course de l’année, je me disais déjà ‘Mon Dieu, cette année sera très longue’. Depuis l’été, le temps est passé très vite. Je dois garder cette motivation, pour être meilleur. Le moment viendra tôt ou tard.”
“Au final je pense que chaque situation me rend meilleur, je vois les courses différemment”, a souligné Acosta. “Avant, j’aurais jeté la moto et dans les six derniers Grands Prix, j’ai décroché de bons résultats. Je deviens un meilleur pilote pour quand viendra mon moment, qui doit venir.” Voilà KTM prévenu.
Avec Léna Buffa
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Vincent Lalanne-Sicaud |
