Lorenzo juge Viñales plus talentueux et plus rapide qu’Acosta

Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com

On dit d’eux qu’ils forment un étrange duo, et certains prédisent même que leur association ne tiendra pas jusqu’au premier Grand Prix de la saison prochaine, fin février. Mais Jorge Lorenzo fait la sourde oreille face à ces commentaires, affichant une attitude bien à lui, qui le caractérisait déjà lorsqu’il était pilote.

Aujourd’hui, six ans après avoir raccroché et dix ans après avoir remporté le dernier de ses cinq titres de champion du monde, l’Espagnol s’est donné pour mission de mettre à profit toutes ses connaissances et son expérience pour les transmettre à Maverick Viñales. Il est devenu son coach, celui avec qui le pilote Tech3 cherche à extraire tout son potentiel. Après dix victoires et 35 podiums en MotoGP, Viñales souhaite aujourd’hui élever son niveau et éviter tout creux qui, dans un championnat aussi relevé, constitue un handicap aux conséquences lourdes.

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Leur association a été annoncée à l’entame de l’intersaison, alors que Viñales continuait à soigner une blessure de l’épaule datant de l’été et venait de manquer une bonne partie de la seconde moitié du championnat. S’ils étaient déjà en contact depuis longtemps, leur accord a en réalité été conclu à Lombok, en fin de saison, et le programme de coaching mené par le Majorquin a débuté sitôt les courses terminées.

“Certains disent que nous ne serons déjà plus ensemble à Buriram, mais je me suis toujours moqué de ce que les gens pouvaient dire”, déclare Jorge Lorenzo en répondant aux questions de Motorsport.com.

“Nous avons commencé à discuter quand il était encore chez Aprilia, et cette année, nous nous sommes retrouvés en Indonésie. Maverick m’a alors dit qu’il allait se donner à fond avec moi, qu’il allait devenir un soldat. Mon intuition me disait que c’était quelqu’un qui prenait les choses au sérieux. Et j’ai en fait découvert un garçon très calme, très mature, avec un état d’esprit très zen.”

 

Celui qui a décroché trois titres avec Yamaha entre 2010 et 2015 s’est toujours distingué par sa capacité à s’extraire de tout le bruit qui pouvait l’entourer et à exprimer le meilleur de son potentiel, très élevé, même dans les périodes les plus chahutées de sa carrière. Il met désormais toute son énergie au service de Viñales et lui transmet sa motivation, même s’il n’y a pas, dans les courses moto, de relation de cause à effet entre le dévouement d’un pilote et les résultats qu’il peut obtenir.

Un coaching technique, physique et mental

Le programme de travail auquel se soumet Viñales est en tout cas similaire à celui qui a permis à Lorenzo de devenir une référence à son époque, et il est même amélioré. Ce programme est multidisciplinaire et combine des exercices techniques sur la moto avec d’autres corporels (comme des étirements), sans oublier les exercices mentaux telle que la méditation. Chicho Lorenzo, le père de Jorge et celui qui a probablement le plus influencé ses succès, a rejoint ce petit groupe.

“Au tennis, depuis les années 70, tous les joueurs ont eu d’anciens joueurs comme préparateurs. Au foot, l’entraîneur est très important aussi. Or en moto, jusqu’à présent, les pilotes allaient simplement s’entraîner et faire des tours. Ils étaient à des années-lumière des athlètes ou des gymnastes. Si vous y réfléchissez bien, mon père a été le premier véritable entraîneur”, estime le Majorquin.

Et Lorenzo de souligner la chance qu’a Viñales : “J’aurais aimé avoir à mes côtés un champion du monde comme Doohan ou Biaggi, en plus d’un entraîneur technique comme mon père, avec toutes les connaissances qu’il a cumulées.”

 

Les trois hommes étaient ensemble à Valence cette semaine, où l’on a pu voir Viñales inlassablement faire des 8 en piste. Quelques jours auparavant, le Majorquin avait accompagné son nouveau poulain à l’usine KTM, en Autriche, où il a été impressionné par les installations et l’accueil reçu.

“Il y a tellement de facteurs qui déterminent que l’on puisse gagner ou pas qu’il faut tous les prendre en compte. Le premier, il l’a déjà, c’est le talent. Ensuite, il y a la moto, puis l’aspect physique, et enfin l’aspect mental. La moto, c’est ce qui peut vous conditionner, parce que quand vous avez tiré le maximum de ses performances, elle peut vous limiter”, explique Lorenzo.

Il se dit en revanche absolument impressionné par le talent naturel de son nouveau protégé : “Je n’ai jamais vu un pilote aussi talentueux que lui.” Et Lorenzo, qui a toujours été considéré comme quelqu’un qui voyait grand, veut que Viñales se fixe lui aussi des objectifs ambitieux. Mais pour atteindre le sommet, dit-il, il faut franchir les étapes les unes après les autres.

“Moi, je ne veux pas juste gagner, je veux dominer. Maintenant, mon objectif est que Maverick soit le premier pilote KTM cette année. Ce sera difficile, car Pedro Acosta est très bon et travaille très dur depuis de nombreuses années. Mais en termes de vitesse et de talent, Maverick est meilleur, il en a plus que lui”, affirme Lorenzo, que l’on verra aux côtés de Viñales lors des essais d’avant-saison et des premiers Grands Prix 2026.

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Lire l'article complet - Auteur de l'article : Oriol Puigdemont
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