Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Lorsqu’il était interrogé en fin de saison sur ce qu’il attendait pour 2026, la réponse de Pecco Bagnaia fusait sans laisser la moindre place au doute : “De la stabilité !”
Du côté de ses performances, c’est peu de dire en effet que 2025 a rimé avec instabilité, des hauts et bas pour le moins impressionnants, notamment en fin de championnat. Le pilote Ducati a terminé par cinq chutes consécutives le dimanche, si bien que la dernière fois qu’il a vu l’arrivée d’un Grand Prix c’était pour y triompher, au Japon, au mois de septembre.
Et si on élargit un tout petit peu le point de vue, le bilan n’est guère plus glorieux sachant que ce succès à Motegi constitue son seul podium du dimanche durant la seconde moitié du championnat, alors qu’il avait tant bien que mal réussi à obtenir plusieurs trophées durant la première moitié, à défaut d’être le candidat régulier à la victoire que l’on connaissait il y a peu.
Cette stabilité qu’il appelle de ses vœux, c’est aussi celle qu’il peut ressentir au guidon de la Ducati. Les deux sont évidemment liés, car c’est en n’étant plus que l’ombre de lui-même que Bagnaia a vu ses résultats s’effondrer. Dès les essais d’avant-saison, il a senti que quelque chose n’allait pas, qu’il ne retrouvait pas avec la version 2025 de la moto, pourtant née d’une évolution modérée du modèle précédent, ce qu’il aimait tant et lui permettait d’exploiter la plus grande force de son pilotage, les freinages.
“Franchement, je ne sais pas d’où est partie la difficulté. C’est clairement en Thaïlande que j’ai commencé à avoir vraiment plus de mal. En Malaisie, ça allait très bien”, a-t-il observé, perplexe quant à ces variations qu’il a pu subir d’une piste à l’autre. Et jusqu’au bout, tout est resté inexpliqué aux yeux de Bagnaia, de l’origine de ses difficultés à la source de quelques rebonds sporadiques, jusqu’à ce week-end soudainement si convaincant au cœur d’une seconde moitié de championnat qui avait tout d’une lente agonie.

Pecco Bagnaia a cumulé les chutes dans la dernière partie du championnat.
Photo de: Hazrin Yeob Men Shah / Icon Sportswire via Getty Images
“Une fois, au Japon”, il dit s’être senti comme l’année dernière. Le reste de la saison, il n’a pas perçu de grands changements dans ses sensations au guidon, même si sa compétitivité a pu varier à ce point. “Les sensations sont toujours les mêmes, ce sont juste les performances qui changent”, expliquait-il encore lors du dernier Grand Prix, à nouveau perdu dans le ventre mou du classement alors qu’il était en pole deux courses plus tôt.
“Quand je pilote, je sens tout le temps la même chose : pas d’arrêt, pas de turning et pas de freinage. Mais à Sepang, ça suffisait pour être en tête alors qu’à Phillip Island, ça me plaçait dernier, et [à Valence] 16e. Ça dépendait de la piste, des conditions. Les sensations ne se sont jamais améliorées.”
Une saison tout simplement “désastreuse”
Ce dont il avait profondément besoin, au moment d’entrer dans l’intersaison, c’était de “tracer une voie, commencer à avoir une base qui fonctionne comme ce à quoi [il] s’attend”, expliquait-il à Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat. “Je n’ai jamais réussi, dans aucune situation mis à part un test et une course, à me sentir bien, donc j’espère qu’on va réussir à retrouver les sensations de cette course-là.”
“J’espère vraiment que l’hiver va me permettre de remettre les compteurs à zéro et de repartir en tant que meilleur pilote”, priait Pecco Bagnaia au moment de refermer enfin le livre d’une saison qui l’a épuisé.
“Je n’arrive pas à la qualifier, si ce n’est dire qu’elle a été désastreuse. Il n’y a rien d’autre à dire”, a-t-il pu analyser au sujet de cette saison passée très loin du niveau de compétitivité ayant fait de lui un double champion du monde MotoGP très récemment. “On a commencé avec l’idée de pouvoir gagner, et on a fini cinquième au championnat. Et seulement parce que la première partie de la saison s’est un peu mieux passée.”
“En termes de résultats, à partir de Brno, il y a vraiment eu beaucoup d’inconstance, beaucoup de difficultés pour obtenir de bonnes choses”, a-t-il ajouté, regrettant encore et toujours cette instabilité dans ses résultats comme dans ses sensations avec une moto à laquelle il ne s’est jamais vraiment adapté.
“Cette moto est assez similaire à celle de l’année dernière, alors je ne sais pas si le fonctionnement de quelque chose ne m’a pas permis de m’adapter à cette moto. Elle a toujours été très ardue pour moi, pour une raison quelconque je ne l’ai jamais assimilée.”
À présent, l’heure n’est plus aux questionnements redondants sur les causes d’une telle déroute, mais à l’assimilation d’une année dont il faudra malgré tout réussir à tirer des enseignements, et à la reconstruction d’un pilote qui doit pouvoir se relancer en retrouvant en 2026 la stabilité qui lui a tant manqué cette saison.
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Léna Buffa |

