Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP
Yamaha n’a plus le droit à l’attentisme. Après plusieurs saisons à subir la domination européenne en MotoGP, le constructeur japonais a décidé de rompre avec son ADN historique. Prudence, patience et évolution progressive ont été mises de côté. À la place, Yamaha a choisi l’audace, la rupture et même une forme de prise de risque assumée. 2026 ne sera pas une simple saison de transition : ce sera un test grandeur nature de la renaissance.
Pour la première fois depuis l’ère moderne du MotoGP, la marque japonaise abandonne son quatre cylindres en ligne au profit d’un moteur V4, architecture adoptée par l’ensemble de ses rivaux. Cette décision, officialisée lors du Grand Prix de Valence, était en réalité mûrie depuis plusieurs mois en interne.
Lin Jarvis, alors patron de Yamaha Motor Racing, a reconnu que ce changement s’est imposé presque par nécessité : « On a confiance dans le quatre cylindres en ligne, on voit qu’il est encore très performant, mais pour franchir cette marche supplémentaire, on devait probablement s’aligner avec ce que tout le monde utilise », expliquait-il. Initialement pensé comme une alternative, ce V4 est rapidement devenu le cœur du projet.
Développé en un temps record, le moteur a pris la piste dès avril 2025. Augusto Fernández et Andrea Dovizioso ont assuré les premiers essais, tandis que Fernández a même disputé plusieurs wild-cards. Les résultats bruts restaient perfectibles, mais le potentiel est apparu clairement.
Paolo Pavesio, successeur de Jarvis à la tête de l’écurie, ne cache pas son optimisme pour 2026 : « Je m’attends à un point de départ solide, mais à une moto qui va progresser toute la saison. C’est la différence avec la M1 actuelle, qui est arrivée à son potentiel maximum. » Un avis qui devrait ravier Fabio Quartararo,, toujours en quête d’une première victoire depuis le 19 juin 2022, c’était en Allemagne, au Sachsenring.
« À la limite du courage et de la folie » : une révolution interne totale
Le projet V4 n’est pas qu’un nouveau moteur. Il s’agit d’une moto entièrement repensée, développée en parallèle de l’ancienne M1, une situation inédite pour Yamaha : « Nous savions dès le début qu’il serait très difficile de mener ces deux projets en continuant les expériences du passé. », confie Takahiro Sumi, chef de projet. Cette approche a bouleversé les méthodes internes du constructeur. « Le développement parallèle de ces deux projets est sans précédent, et un énorme défi avec le règlement actuel du MotoGP. C’est une lutte entre l’efficacité des ressources et un temps limité. », poursuit Sumi.
Sur le plan technique, le défi dépasse largement la simple architecture moteur. Tout le monde évoque le V4, mais reste le plus difficile : construire la moto autour du moteur. Les dimensions, le comportement et la répartition des masses imposent des changements à tous les niveaux. Les premiers retours sont encourageants selon Paolo Pavesio :
« On a déjà vu que la nouvelle configuration corrige certains des principaux problèmes de la M1, notamment le grip à l’accélération et les capacités au freinage. On peut se servir de la roue arrière pour freiner. Le projet est encore préliminaire, mais on se rapproche de la première spécification de course, que l’on verra fin février ou début mars en Thaïlande. C’est le projet pour 2026 mais aussi la suite. Les efforts que nous mettons dans le V4 servent de fondation pour le règlement 2027 à 2031. »
Cette révolution n’offre aucune garantie immédiate de victoire, mais Yamaha ne cherche plus de solutions temporaires. Le constructeur assume enfin une prise de risque totale, convaincu que rester fidèle à son passé aurait condamné son avenir. En 2026, la M1 ne sera peut-être pas encore une machine à titres, mais elle dira une chose essentielle : Yamaha a de nouveau choisi d’attaquer.
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Pour résumer
Avec son V4 développé en urgence, Yamaha rompt avec son passé pour préparer l’avenir. La M1 2026 ne promet pas la victoire immédiate, mais une progression constante et une base solide pour redevenir un acteur majeur du MotoGP dès 2027.
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