Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP
En Formule 1, la radio est devenue un élément central du spectacle. Les échanges entre pilotes et ingénieurs rythment les Grands Prix, nourrissent les débats et façonnent la narration télévisuelle. En MotoGP, la Dorna rêve du même levier. Mais la réalité du pilotage à moto pourrait bien freiner cette ambition.
Car ici, pas d’arrêts au stand, pas de stratégies évolutives en course, et surtout une exposition physique sans commune mesure. Fabio Quartararo l’avait déjà souligné, Marc Márquez le confirme sans détour.
« C’est bon pour le show, pas nécessairement pour nous, pour la stratégie par exemple », tranche l’Espagnol. Pour lui, la radio n’aurait de sens que dans des cas très précis :
« Cela peut être utile pour les commissaires si on a un drapeau rouge ou de l’huile dans un virage… donc ça peut être bon pour la sécurité, mais pas utile pour la stratégie. »
Un avis lucide, presque clinique. Márquez ne rejette pas totalement l’idée, mais refuse qu’elle soit présentée comme un progrès sportif. Le MotoGP n’est pas la F1, et encore moins un laboratoire de storytelling.
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Pecco Bagnaia, lui, parle d’expérience. Le double champion du monde a testé plusieurs versions du dispositif… sans jamais être convaincu. « L’adaptation à tout changement est bizarre », explique-t-il. « C’est également difficile avec le casque parce que la tête bouge beaucoup pendant le pilotage, donc le câble pourrait gêner. »
Au-delà de l’inconfort, Bagnaia pointe un risque de distraction en pleine action : « Ensuite, peut-être que dans un virage je commencerai à entendre Davide qui dira “huile au virage 7” ! Il faudra s’adapter. »
Un scénario qui fait sourire, mais qui souligne une vraie inquiétude : à 350 km/h, la moindre perturbation compte.
Johann Zarco, qui a testé les dernières évolutions à Valence, se montre encore plus sévère : « Pour moi, c’est insensé d’être autant à côté de la plaque. » Un constat brutal, partagé par un paddock encore très loin d’un consensus.
Là où la radio est devenue une arme stratégique en F1, le MotoGP se heurte à ses propres limites physiques, techniques et culturelles. À vouloir copier un modèle qui ne lui ressemble pas, la discipline risque surtout de brouiller son ADN. Et si le silence restait finalement la meilleure ligne de conduite à haute vitesse ?
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Pour résumer
La radio en MotoGP divise fortement les pilotes. Márquez y voit un outil utile pour la sécurité mais inutile en stratégie, tandis que Bagnaia et Zarco dénoncent un système intrusif et mal adapté. À l’inverse de la F1 et de McLaren, le MotoGP reste sceptique.
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