MotoGP : une faille réglementaire qui met les grands pilotes en danger

Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP

En Moto3 et en Moto2, la problématique est pourtant prise en compte. Dans la catégorie d’entrée, le poids combiné de la moto et du pilote ne peut être inférieur à 152 kg, tandis qu’il est fixé à 217 kg en Moto2. Ces limites visent à réduire l’avantage naturel des pilotes les plus légers et à garantir une compétition plus équitable, indépendamment du gabarit.

Le WorldSBK adopte une approche encore différente. En plus d’un poids minimum de la moto fixé à 168 kg, un système de correction lié au poids du pilote est appliqué. La référence est établie à 80 kg, équipement compris. Lorsque le pilote est plus léger, la moitié de l’écart est compensée par l’ajout de lest sur la moto. Ainsi, un pilote de 68 kg doit rouler avec 6 kg supplémentaires. Un système qui cherche à préserver l’équité tout en limitant les dérives physiques. Ce qui n’est pas le cas en MotoGP, au grand désarroi de ses pilotes.

Des pilotes en courroux

Cette pression liée au poids est bien connue des pilotes MotoGP. Jorge Martín l’a exprimé sans détour. « On constitue l’élite des sports mécaniques et on travaille sur chaque détail, et l’un de ces détails est le poids. On est tous vraiment très fins et on essaye d’être forts et endurants, mais avec un poids réduit. » Une réalité qui impose un équilibre délicat entre performance physique, endurance et santé. L’Espagnol a également souligné l’injustice structurelle du système actuel. « Celui qui pèse plus de 70 kg a fondamentalement un problème », a-t-il ajouté.

“Je pèse 70 kg. Ça a toujours été pareil : plus vous êtes léger, plus vous allez vite et moins vous usez les pneus, comme Pedrosa. À mon avis, il devrait y avoir une règle de poids minimum, comme dans tous les autres sports “, a expliqué Marini qui ajoute : “Au final, c’est la seule chose qui manque en MotoGP. Pour les pilotes plus légers, il est toujours plus facile de prendre du poids. Il suffit de s’entraîner ou de manger davantage. Pour les pilotes plus lourds, à un certain moment, il devient impossible de descendre en dessous d’un certain poids.”

Des déclarations qui relancent le débat sur l’introduction d’un poids minimum en MotoGP. Si certains estiment que la catégorie reine doit rester une discipline sans compromis, d’autres plaident pour une réglementation plus protectrice, à l’image de la Moto2, de la Moto3 ou du WorldSBK.

À l’heure où la performance se joue sur des détails infimes et où les exigences physiques sont toujours plus élevées, la question demeure. Le MotoGP peut-il encore ignorer l’impact du gabarit des pilotes sans mettre en péril l’équité sportive et la santé de ses acteurs ?

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Pour résumer

Le MotoGP est la seule catégorie des Grands Prix moto à ne pas imposer de poids minimum pour l’ensemble pilote-moto. Cette absence de règle désavantage les pilotes les plus grands, contraints de suivre des régimes stricts pour rester compétitifs. À l’inverse, la Moto2, la Moto3 et le WorldSBK appliquent des limites ou des systèmes de compensation afin de garantir une plus grande équité.

Rédacteur

La rédaction

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