Extrait de cet article : post publié sur Motorsport.com
Son poste officiel de directeur sportif ne reflète probablement pas tout à fait l’influence de Carlos Ezpeleta sur le MotoGP. Diplômé en génie mécanique, ce Madrilène de 35 ans est appelé à prendre la succession de son père, Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna Sports depuis 1988.
C’est à cette date qu’a été créée la société de promotion d’événements espagnole, détentrice des droits commerciaux et télévisuels du MotoGP depuis 1992, acquise en grande partie (84%) l’année dernière par Liberty Media, pour 3,1 milliards d’euros, et désormais rebaptisée MotoGP Sports Entertainment Group.
À 79 ans, le principal idéologue des Grands Prix tels que nous les connaissons aujourd’hui reste aux commandes pour les décisions les plus importantes, même s’il s’appuie beaucoup sur Carlos, dont le rôle est de plus en plus important dans la structure décisionnelle du championnat. Et l’avenir s’écrira donc autour de ce dernier, central donc dans la manière dont se définit le MotoGP de demain.
Il y a dix jours, le MotoGP a envoyé un message au monde entier en montrant ce dont il est capable lors de l’événement de lancement de la saison 2026 qui s’est déroulé dans le centre-ville de Kuala Lumpur, au pied des emblématiques tours Petronas.
Ce grand show public s’accompagnait de défis de taille, le dernier d’entre eux ayant été la grosse pluie qui s’est abattue sur le site juste avant le début de l’événement. Elle n’a cependant pas empêché les fans de s’émerveiller devant le passage des MotoGP qui, deux jours plus tôt, roulaient sur le circuit de Sepang.
La ferveur populaire sur place a démontré la puissance d’un événement que la Dorna, avec l’impulsion et le portefeuille de Liberty Media, souhaite diffuser dans le monde entier.
“C’est notre objectif ultime. Nous savons que c’est impossible, mais nous travaillons dans ce sens”, déclarait alors Carlos Ezpeleta dans un entretien accordé à Motorsport.com à l’hôtel Four Seasons de Kuala Lumpur, avec une vue imprenable sur la capitale malaisienne.

Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Jusqu’à ce que Liberty finalise son entrée en scène, en juillet dernier, l’intervention des précédant détenteurs de la majorité des actions, les fonds Bridgepoint et CPPIB (Office d’investissement du régime de pensions du Canada), se limitait pratiquement à une question de rémunération.
“La différence de stratégie est très notable entre un fonds financier dont l’objectif est beaucoup plus axé sur le court terme en matière de rendement économique, disons entre un et trois ans, et un autre qui prend des décisions à plus long terme”, détaille l’Espagnol.
Et lorsqu’il synthétise l’approche du promoteur, Carlos Ezpeleta résume parfaitement cette philosophie : “Nous sommes pressés de poser les bases de la croissance à long terme du MotoGP ; nous ne sommes pas pressés de monétiser le sport.”
Développer la marque MotoGP
Pour le moment, malgré la prise de contrôle du MotoGP par Liberty, la présence des nouveaux patrons est restée plutôt ponctuelle dans le paddock. Ni Chase Carey ni Sean Bratches, tous deux membres du conseil d’administration du championnat, ne se sont montrés régulièrement, contrairement à Derek Chang, président et CEO de la société de divertissement américaine.
Chang a assisté à certaines courses de la fin de la saison dernière – il était notamment présent lors du sacre de Marc Márquez, au Japon – et il a mené cet hiver une série d’entretiens avec des personnes clés au sein de la Dorna, à Madrid, afin de se faire sa propre idée du quotidien de l’entreprise.

Derek Chang, président et CEO de Liberty Media
Photo de : Alberto Crippa
Aux yeux de Carlos Ezpeleta, pouvoir compter sur une équipe aussi expérimentée que celle de Liberty, et plus encore avec le succès qu’a été l’expansion récente de la notoriété mondiale de la Formule 1, est une véritable aubaine.
“Les données de croissance sont très positives, nous l’avons déjà constaté à la fin de l’année dernière. Mais pouvoir compter sur Sean Bratches, Chase Carey et Derek Chang dans la prise de décision, avec tout ce qu’ils savent, c’est très précieux”, souligne le responsable sportif du championnat.
Et Carlos Ezpeleta reste déterminé à développer la marque MotoGP qui, selon lui, ne rend pas encore justice au spectacle qu’elle offre : “Quel est l’objectif actuel ? La marque, la marque et encore la marque. La faire grandir, pour avoir plus de fans dans le monde entier, augmenter son rayonnement. Nous mettons en œuvre un changement de stratégie pour y parvenir. Nous faisons des choses différentes, comme par exemple ce lancement à Kuala Lumpur, [format] que nous avons inauguré l’année dernière, à Bangkok.”
MotoGP Forward est un autre outil visant à renforcer l’identité de la marque et à intensifier le sentiment d’appartenance. Il s’agit d’une journée de conférences qui se tiendra ce mardi à Barcelone, à laquelle sont invités toutes les équipes et tous les sponsors participant au championnat.
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| Lire l'article complet - Auteur de l'article : Oriol Puigdemont |

