Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP
Il arrive avec une réputation immense, un style spectaculaire et un palmarès qui force le respect. Pourtant, Toprak Razgatlioglu n’a rien du rookie pressé de tout révolutionner. Pour sa première saison en MotoGP, le Turc affiche un discours lucide, presque prudent, à contre-courant des attentes qui l’entourent.
Le timing de son arrivée n’a rien d’anodin. Le MotoGP vit sa dernière année avant le grand bouleversement réglementaire de 2027. La majorité des constructeurs ont déjà basculé leurs efforts vers l’avenir, d’autant plus que le gel moteur limite les marges de progression. Tous… sauf Yamaha. Seul constructeur encore doté de concessions de catégorie D, la marque japonaise accélère le développement de sa M1, avec un virage historique : l’abandon du quatre cylindres en ligne au profit d’un V4.
C’est dans ce chantier à ciel ouvert que Razgatlioglu doit s’intégrer. À près de 30 ans, fort d’une immense expérience en WorldSBK, il sait pourtant que le MotoGP impose une remise à zéro. “Si je pilote une Superbike, tout est facile, mais le MotoGP c’est complètement différent.”
Pneus, électronique, puissance, rigidité : tout change. Et Toprak le répète, sans faux-semblant. “Tout le monde me demande à quel point MotoGP et Superbike sont différents, et je dis toujours qu’ils le sont complètement.”
L’objectif immédiat n’est donc pas la performance brute, mais l’apprentissage. Les six jours de test en Malaisie seront cruciaux pour comprendre la M1, apprivoiser les pneus et poser les premières bases.
Une voix entendue, mais encore en retrait
Malgré ce statut de novice, Razgatlioglu a déjà ressenti une vraie écoute chez Yamaha. “Tout le monde m’écoute, c’est très important.” Un signal fort, même s’il tempère aussitôt : “Je suis nouveau… je n’ai pas d’expérience avec cette moto. J’apprends tous les jours.”
Le développement restera d’abord entre les mains des références maison, Fabio Quartararo, Álex Rins et Jack Miller. Une hiérarchie assumée. “Je pense que Yamaha doit d’abord voir avec les pilotes d’usine.” Toprak, lui, se concentre sur l’essentiel : adapter la moto à son style et progresser étape par étape. “Je vais simplement me concentrer sur mon pilotage.”
Pas de promesse flamboyante, pas d’annonce fracassante. Razgatlioglu avance masqué, mais déterminé. Et parfois, en MotoGP, les plus dangereux sont ceux qui prennent leur temps avant d’attaquer. Car en MotoGP, brûler les étapes fait souvent chauffer les pneus… et rarement les chronos.
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Toprak Razgatlioglu débute en MotoGP avec humilité. Écouté par Yamaha mais conscient de son manque d’expérience, le Turc privilégie l’adaptation avant la performance, laissant aux pilotes d’usine le rôle clé dans le développement de la M1.
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