Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP
Il y a des présentations qui passent, et d’autres qui marquent un tournant. En dévoilant sa livrée 2026, Pramac Racing n’a pas seulement montré une nouvelle moto : l’équipe a exposé une ambition, une vision et un pari fort sur l’avenir. À travers cette Yamaha au visage familier mais profondément renouvelé, Pramac s’impose comme l’un des projets les plus intrigants du MotoGP actuel.
Visuellement, Pramac n’a pas tout bouleversé. Le bleu Yamaha reste la colonne vertébrale de la moto, associé au violet emblématique de Prima, sponsor titre. Un choix assumé : conserver une identité forte tout en ouvrant un nouveau cycle. Les lignes sont plus épurées, les contrastes plus marqués, et l’ensemble respire une certaine maturité. Cette livrée n’est pas là pour séduire uniquement l’œil : elle incarne la stabilité d’un projet qui accepte la transition sans renier son ADN.
Mais la vraie révolution ne se voit pas immédiatement. Sous le carénage, Yamaha a tourné une page historique. Le mythique quatre cylindres en ligne appartient désormais au passé. Place à un V4, une architecture totalement nouvelle pour le constructeur japonais en MotoGP moderne. Et Pramac sera en première ligne pour le développer. À Sepang, lors des essais hivernaux, la M1 version 2026 commencera à révéler son vrai visage. Cette moto est à la fois un laboratoire et une promesse.
Le souvenir amer de 2025, point de départ du renouveau
Pour comprendre l’importance de cette livrée 2026, il faut revenir sur une saison 2025 douloureuse. Première année de Pramac avec Yamaha après son départ de Ducati, et chute brutale des résultats. Dernière au classement constructeurs avec 125 points, l’équipe a vécu un exercice frustrant.
Jack Miller, pourtant combatif, n’a terminé que 17e du championnat avec 79 points et un seul top 5 en course. Miguel Oliveira, gêné par une blessure après une lourde chute en Argentine, a manqué trois Grands Prix et conclu la saison à la 20e place avec 43 points. Son remplaçant, Augusto Fernandez, n’a inscrit que huit points en trois courses. Pramac a reculé, mais sans jamais perdre sa crédibilité.
Ce recul était presque inévitable. Passer de la meilleure Ducati du plateau à une Yamaha en difficulté structurelle relevait du sacrifice sportif à court terme. Mais Paolo Campinoti l’a toujours assumé : quitter Ducati en champions du monde pour croire au potentiel Yamaha. La livrée 2026 est le premier symbole visible de cette foi.
Miller et Razgatlioglu : un duo aussi spectaculaire qu’intrigant
Si la moto intrigue, les pilotes fascinent. Jack Miller reste l’un des piliers du projet. Expérimenté, charismatique, apprécié dans le paddock, l’Australien apporte une lecture technique précieuse et une capacité à tirer le maximum d’une machine imparfaite. Il ne se pose pas en mentor autoritaire, mais en coéquipier solide.
Face à lui, l’attraction absolue : Toprak Razgatlioglu. Triple champion du monde Superbike, star mondiale, premier pilote turc de l’histoire du MotoGP. Son arrivée chez Pramac et Yamaha est un événement en soi. À 29 ans, Toprak réalise un rêve longtemps repoussé.
« Je suis très heureux. C’est un moment très spécial pour moi, car j’ai vraiment beaucoup rêvé du MotoGP et je suis enfin ici. J’en suis très content. Je dois dire aussi que tout le monde est très chaleureux dans l’équipe. Tout est très positif. C’est un très grand challenge pour moi. 2026 sera peut-être une année d’apprentissage pour moi, mais en 2027, avec le nouveau règlement, on se battra peut-être pour le podium. Mais on va déjà voir en 2026 parce que je dois m’adapter à la moto et aussi apprendre certaines pistes. Je vais essayer de faire de mon mieux, comme toujours. On forme une grande famille et tout le monde essaye de faire au mieux chaque week-end et ce sera mon cas aussi. »
Lucide, mais ambitieux. Razgatlioglu sait qu’il doit tout apprendre : pneus Michelin, électronique MotoGP, gestion de la puissance, aérodynamique. Ses premières sensations à Valence ont pourtant été encourageantes : « L’accélération est incroyable. Elle est très rapide en ligne droite ! » Son style spectaculaire survivra-t-il en MotoGP ? Lui-même en doute à court terme, mais promet de retrouver son ADN à moyen terme. Jack Miller, de son côté, ne s’inquiète pas :
« Il n’a pas besoin de mentor. Il a déjà Kenan Sofuoglu. Il apportera rapidement des données utiles… » interrogé sur son sentiment concernant cette nouvelle saison : « C’est génial d’être de retour avec Pramac et Yamaha. C’est un concept différent cette année avec la nouvelle moto, mais j’ai vraiment hâte. Garder la même équipe est crucial. Nous avons passé une grande partie de la première moitié de l’an dernier à apprendre à nous connaître, à comprendre la moto. Maintenant, tout ça est derrière nous et nous pouvons nous concentrer uniquement sur le développement du nouveau V4, ce qui est vraiment intéressant. C’est un projet incroyable de la part de Yamaha. Développer cette moto en parallèle de la M1 l’an dernier, avec 22 courses, c’est presque un miracle. Nous avons beaucoup de travail devant nous en présaison pour être prêts à nous battre dès la Thaïlande. »
2026 : une saison de transition… mais pas d’attente passive
Chez Pramac et Yamaha, personne ne parle de victoires immédiates. Gino Borsoi, team manager, insiste : pas d’objectifs chiffrés, seulement une progression constante. L’apprentissage de Toprak, le développement du V4 et l’exploitation des concessions Yamaha seront les clés de l’année.
Mais en coulisses, l’optimisme est réel. Paolo Campinoti n’a pas caché sa confiance : « Nous sommes convaincus d’avoir fait le bon choix en nous lançant dans ce nouveau projet. » Et la petite phrase qui fait sourire tout le paddock : « Toprak Razgatlioglu montera sur le podium avec nous avant que Petrucci ne le fasse avec BMW. »
Provocation amicale, mais révélatrice d’une ambition assumée. Pramac ne veut plus seulement survivre à la transition Yamaha. L’équipe veut en être l’accélérateur. À un an du grand bouleversement réglementaire de 2027, cette saison 2026 est une rampe de lancement.
La livrée n’est donc pas qu’un habillage. C’est un manifeste. Celui d’une équipe qui accepte de perdre aujourd’hui pour gagner demain. Et si cette Yamaha violette et bleue ne brille pas encore sous les projecteurs, elle pourrait bien annoncer l’aube d’un retour au sommet. Car parfois, en MotoGP comme ailleurs, c’est quand on change de moteur… que l’histoire redémarre.
Podcasts à la une
MEN LIFE
Pour résumer
Pramac Racing a dévoilé sa Yamaha MotoGP 2026, conservant le bleu et le violet tout en inaugurant le nouveau moteur V4. Après une saison 2025 difficile, l’équipe mise sur Jack Miller et l’arrivée très attendue de Toprak Razgatlioglu pour relancer Yamaha et préparer l’avenir.
Rédacteur
| Lire l'article complet - Auteur de l'article : |
