MotoGP : la loyauté de Quartararo saluée par un pilote du plateau

Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP

Il y a des phrases qui en disent long sans jamais attaquer frontalement. Quand Jack Miller explique que Fabio Quartararo serait « parmi les meilleurs du monde » sur une Ducati, il ne parle pas seulement de talent brut. Il pointe un paradoxe devenu central en MotoGP : celui d’un champion installé, prisonnier d’un projet qui avance lentement, mais auquel il reste farouchement fidèle.

Depuis ses débuts en 2019, Quartararo a tout connu très vite. L’éclosion immédiate face aux cadors, les premières victoires, puis le titre mondial en 2021 dès son arrivée dans l’équipe officielle Yamaha. À l’époque, le Français incarnait l’avenir de la marque, son leader naturel pour installer un cycle gagnant durable. Mais la trajectoire s’est ensuite infléchie. Encore candidat crédible en 2022, Quartararo a peu à peu glissé dans la hiérarchie, victime d’une M1 devenue moins compétitive face à des Ducati toujours plus affûtées.

Pourtant, en 2024, alors que Yamaha traversait une période délicate, Quartararo a choisi de prolonger jusqu’à fin 2026. Convaincu par les efforts promis, par la mobilisation des ingénieurs et par la volonté affichée de changer de cap, il a fait le pari du long terme. Un pari courageux, mais risqué. En 2025, les progrès sont restés modestes, au point que Yamaha demeure la seule marque à bénéficier des concessions de catégorie D.

Jack Miller, arrivé chez Pramac, a été aux premières loges pour mesurer ce que Quartararo parvient encore à extraire de la M1. Et il ne cache ni son admiration ni sa lucidité : « Il n’y a aucun doute, nous connaissons le potentiel de Fabio sur une moto. Je pense que si tu le mets sur une Ducati, il serait parmi les meilleurs du monde. Comme je le crois fermement pour moi-même, je pourrais faire pareil. »

Le temps, juge impitoyable des carrières

Le temps dans une carrière est précieux. Chaque pilote souhaite faire la maximum pour rester au sommet mais le temps doit se gérer et Miller le rappelle aussi, sans détour

« Évidemment, le temps est compté, on n’en récupère pas. Il y a une horloge qui tourne pour nous tous, et tu es au milieu. C’est une question pour lui, seul Fabio sait ce qu’il pense. S’il pense différemment, je ne pourrai pas lui en vouloir. » Mais il insiste sur un point essentiel, presque rare dans le MotoGP moderne : « Je pense qu’il a été extrêmement loyal envers Yamaha, et je respecte beaucoup ça aussi. »

Sur le plan sportif, Quartararo reste la référence interne. En 2025, il a marqué plus de points que tous les autres pilotes Yamaha, remplaçants et wild-cards compris. Une preuve supplémentaire de son niveau, mais aussi un rappel cruel des limites actuelles de la machine. « Il arrive à montrer ce dont la moto est capable, donc c’est bien d’avoir une cible comme ça », souligne Miller.

Concernant Yamaha, l’Australien se montre indulgent. Le développement massif du futur V4 monopolise les ressources, au détriment de la M1 actuelle. « Je ne m’attendais pas à plus », admet-il. « Ils sont en train, évidemment, de développer une toute nouvelle moto. Donc malheureusement, cette saison, nous avons payé le prix sur le développement de la moto actuelle. »

Les problèmes connus n’ont pas été totalement résolus, mais Yamaha a choisi de changer de cap. « Ils changent de cap avec la V4. Croisons les doigts. » Une formule simple, presque résignée, qui résume l’état d’esprit du moment.

Car au fond, toute la question est là : jusqu’à quand Quartararo acceptera-t-il d’attendre ? Entre loyauté assumée et horloge qui tourne, le Français marche sur un fil. Et si Yamaha réussit son pari technique, cette fidélité pourrait bien devenir l’un des choix les plus forts de sa carrière. Sinon, elle restera comme l’un des plus courageux… et des plus frustrants.

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Pour résumer

Jack Miller voit en Fabio Quartararo un pilote capable de briller sur n’importe quelle moto, y compris une Ducati. Mais le Français reste fidèle à Yamaha, malgré des saisons difficiles et un projet encore en construction. Un choix fort, dicté par la loyauté, alors que le temps presse.

Rédacteur

Dylan Ragot

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