Extrait de cet article : post publié sur Auto-moto | MotoGP
Il n’a pas changé. De paddock, oui. De ton, certainement pas ! Gunther Steiner a officiellement posé ses valises en MotoGP le 1er janvier, en prenant les commandes de Tech3 comme PDG et co-propriétaire. Et comme souvent avec l’Italo-Américain, l’entrée s’est faite portes grandes ouvertes, déclarations appuyées et comparaisons qui piquent.
igure volcanique de la Formule 1 pendant près d’une décennie chez Haas, Steiner n’a pas tardé à afficher son enthousiasme pour sa nouvelle discipline. Un enthousiasme sincère, presque admiratif, nourri par ce qu’il estime être l’essence même du sport moto : le duel pur. Sans filtre, il assume déjà une différence majeure avec la F1, qu’il connaît pourtant par cœur.
Pour lui, le MotoGP n’est pas seulement spectaculaire. Il est plus brut, plus exposé, plus humain. Et surtout, bien plus dépendant du talent du pilote. Un constat qui sonne comme une critique à peine voilée de la Formule 1 moderne.
Un choc des cultures assumé
Steiner ne cache pas son coup de coeur pour le MotoGP et le formule sans détour : « c’est l’un des sports que j’ai toujours aimés parce que c’est tellement excitant. Les courses sont incroyablement serrées, et le talent des pilotes se démarque vraiment. » Puis vient la phrase qui fait grincer des dents côté F1 : « en MotoGP, c’est beaucoup plus lié au pilote qu’en Formule 1. Ils se battent homme à homme sur la moto, c’est plutôt cool à regarder quand ils sont si proches les uns des autres. »
Le message est limpide. Ici, pas de zones d’ombre aérodynamiques ou de domination technologique écrasante : le pilote est exposé, responsable, décisif. Une vision presque romantique du sport, que Steiner revendique avec conviction. Mais l’ancien patron de Haas ne débarque pas en terrain conquis. Il sait où il met les pieds et rappelle que Tech3 n’est pas une structure comme les autres.
La plus ancienne équipe privée du MotoGP, un nom chargé d’histoire, que Steiner entend respecter. Hervé Poncharal reste d’ailleurs impliqué comme consultant : « Hervé est un super gars avec beaucoup d’expérience. Il a fait cela pendant longtemps, et le fait qu’il reste avec nous est un grand avantage. » Une transition pensée comme un équilibre entre héritage et renouveau.
Marquez, Verstappen… et la patience comme ligne de conduite
Steiner sait aussi que les grandes ambitions ne se concrétisent pas en quelques mois. Lucide, il fixe un cap mesuré : « Il faudra trois à cinq ans pour tout mettre en place et poser nos pieds sous la table. Je respecte beaucoup le MotoGP. On ne peut pas acheter de l’expérience, cela prend du temps. »
Un discours posé, presque humble, loin de l’image clivante qu’il traîne parfois. Il veut comprendre avant d’imposer : « Je peux apporter presque 40 ans d’expérience dans le sport automobile. Mais d’abord, je dois comprendre ce que le MotoGP peut tirer de moi. » Et puis, Steiner lâche la phrase qui a embrasé les réseaux : « Marc est le Max Verstappen du MotoGP, il a juste cet avantage, ce petit plus. »
Une comparaison lourde de sens, qui place Marc Marquez dans la catégorie très fermée des pilotes capables de changer la physionomie d’un sport par leur seule présence. Un compliment fort… venu d’un homme qui sait reconnaître les phénomènes.
Avec Steiner, Tech3 entre dans une nouvelle ère. Plus internationale, plus structurée, mais toujours profondément MotoGP. Le paddock observe, la F1 écoute, parfois grince. Une chose est sûre : Gunther Steiner n’est pas venu pour se fondre dans le décor.
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Pour résumer
Nouveau patron de Tech3, Gunther Steiner n’a pas tardé à marquer le MotoGP. Admiratif du duel homme à homme, critique envers la F1 et convaincu que le pilote fait la différence, il promet une ère ambitieuse, construite avec patience et caractère.
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