Nom de l’auteur/autrice :Lena Buffa

Moto GP

Qui sont les pilotes de la VR46 Riders Academy aujourd’hui ?

Créée par Valentino Rossi, la VR46 Riders Academy réunit aujourd’hui neuf pilotes, débutants ou confirmés. Grâce notamment aux meneurs que sont Pecco Bagnaia et Franco Morbidelli, les premiers à avoir fait briller cette organisation en Grand Prix et accédé aux succès puis à la catégorie MotoGP, l’Academy représente aujourd’hui quatre titres mondiaux et 81 victoires.
Ses racines se trouvent dans l’amitié qui liait Valentino Rossi et Marco Simoncelli, l’aîné ayant dès 2006 transmis son savoir au jeune pilote en lui ouvrant les portes de ses entraînements. La VR46 Riders Academy a ensuite été officiellement fondée en 2014, avec pour élément déclencheur l’arrivée de Morbidelli en Grand Prix, en plus d’une volonté de structurer ce partage avec une nouvelle génération de pilotes que Rossi voulait alors renforcer.
C’est tout un écosystème qui est né à Tavullia, avec le Ranch, autrement dit un circuit de dirt track utilisé pour des courses amicales déguisant des entraînements, un ensemble de logements et des salles de sport. La VR46 Riders Academy est à présent une organisation puissante, mêlant entraînement mais aussi suivi médical et management, afin de former de jeunes pilotes et de les accompagner ensuite tout au long de leur carrière.
Francesco Bagnaia

Pecco Bagnaia
Photo de: MotoGP

Celui que tout le monde appelle Pecco est le premier pilote de la VR46 Riders Academy à être devenu champion du monde dans la catégorie MotoGP. À bientôt 29 ans, il est un pur produit de la formation made in Rossi. Pilote le plus capé de ce petit groupe, il est trois fois champion du monde, dont deux dans la catégorie MotoGP.
Bagnaia a notamment souligné à quel point l’Academy l’avait aidé à atteindre le sommet du MotoGP. Dès 2014, il a couru dans l’équipe VR46 en Moto3, puis a obtenu via le management italien le guidon qu’il visait, chez Mahindra, avant de porter à nouveau les couleurs de l’équipe de Rossi en Moto2 et de gravir les échelons jusqu’au titre. Aujourd’hui, il continue à rappeler à quel point il est précieux de pouvoir appuyer sa préparation sur la richesse des entraînements organisés par VR46.
Franco Morbidelli

Franco Morbidelli
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Natif de Rome mais installé à Tavullia depuis l’adolescence, Franco Morbidelli faisait partie du tout premier groupe de pilotes formant la VR46 Riders Academy lorsqu’elle a été créée, en 2014, avec Pecco Bagnaia, Luca Marini, Andrea Migno et aussi, à l’époque, Nicolò Bulega et Romano Fenati.
Valentino Rossi l’avait pris sous son aile à la mort tragique de son père, lorsqu’il avait 19 ans, et n’a cessé depuis de l’aider. Le lien qui existe entre eux est plus fort que tout. “Je lui dois énormément. Après la mort de mon père, il m’a pris à part dans une pièce et il m’a dit : ‘Si tu as besoin, je suis là’. Il m’a appris, aidé, inspiré”, a un jour expliqué Morbidelli.
Aujourd’hui âgé de 31 ans, il est le premier membre de l’Academy à avoir remporté un titre mondial, celui de la catégorie Moto2 en 2017, puis à avoir intégré la catégorie reine, en 2018, et à y avoir gagné, en 2020. Depuis 2025, il court dans l’équipe VR46.
Luca Marini

Luca Marini
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Demi-frère de Valentino Rossi, Luca Marini, 28 ans, a couru dans l’équipe VR46 à partir de 2018, en Moto2, puis intégré le MotoGP avec son soutien en 2021 pour finalement s’en séparer fin 2023. Il reste l’un des membres emblématiques de l’Academy, lui aussi vainqueur en Moto2 et vice-champion du monde en 2020, auteur de podiums en MotoGP et désormais pilote officiel Honda.
Marco Bezzecchi

Marco Bezzecchi

Bezzecchi est arrivé dans la VR46 Riders Academy en 2015 et la décrit en trois mots  :”l’amitié, le soutien, la motivation”. Au-delà de ce que cet encadrement lui apporte au quotidien, le groupe a aussi sauvé sa carrière en l’intégrant à son équipe Moto2 après une saison extrêmement compliquée, chez Tech3. Cela l’a complètement relancé, jusqu’à le mener à se battre pour le titre de la catégorie intermédiaire et à rejoindre le MotoGP.
Meilleur rookie en 2022, auteur de podiums puis, très vite, de victoires sur la Ducati satellite, Marco Bezzecchi a refusé de quitter l’équipe VR46 pour Pramac en 2024. Il s’y est finalement résolu pour devenir pilote d’usine Aprilia en 2025 et fait aujourd’hui, à 27 ans, partie des hommes les plus en vue à l’aube de la nouvelle saison.
Celestino Vietti

Celestino Vietti
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Vietti a intégré la VR46 Riders Academy en 2015, alors qu’il courait dans le championnat italien. Ensuite passé par le CEV, il a finalement rejoint les Grands Prix mondiaux avec l’équipe de Valentino Rossi et a couru pour elle jusqu’en 2022. Victorieux en Moto3 comme en Moto2, il a aujourd’hui 24 ans et n’a pas jusqu’à présent réussi à atteindre ses objectifs au championnat, souvent faute de constance sur une saison entière.
Andrea Migno

Andrea Migno
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Andrea Migno faisait partie du premier groupe de l’Academy, à l’époque où il courait en Moto3, après être passé par la Red Bull Rookies Cup et le CEV. Apprécié mais souvent malchanceux, il a été l’un des membres emblématiques de l’équipe VR46 au cours d’un très long parcours en Moto3. Aujourd’hui, il n’est plus pilote mais coach et analyste afin d’accompagner d’autres pilotes.
Matteo Gabarrini
Fils de Cristian Gabarrini, ingénieur de Pecco Bagnaia et anciennement de Casey Stoner et Jorge Lorenzo, Matteo est né en 2009 et a intégré la VR46 Riders Academy en 2024. Il a écumé les catégories du championnat d’Italie, puis a disputé la saison 2025 en FIM JuniorGP, terminant 12e du classement général, avec à son actif une pole position à Magny-Cours.
Lorenzo Pritelli
Il a intégré la VR46 Riders Academy en 2025, âgé de 15 ans. Vainqueur du championnat italien en Pre-Moto3 en 2025 et également aperçu en Fim JuniorGP, dont il a disputé les dernières manches de la saison, il a également terminé deuxième de la MiniGP World Series en 2023.
Leonardo Casadei
Né en 2011, il est le plus jeune membre de la VR46 Riders Academy. Il a couru en 2025 en ESBK Talent, l’une des catégories du championnat espagnol de Superbike, dont il a obtenu la 11e place au général. On l’a aussi vu terminer la saison avec une wild-card en FIM JuniorGP.
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Dovizioso voit un MotoGP plus policé à l’ère des réseaux sociaux

Dans un monde aujourd’hui beaucoup plus porté sur les images et l’immédiateté de leur diffusion, Andrea Dovizioso porte un regard réaliste, si ce n’est fataliste. Lui qui a mené sa carrière mondiale entre 2002 et 2022, il sait que l’œil inquisiteur des caméras devenues omniprésentes force les pilotes à repenser leur manière d’être.
L’Italien voit donc dans le MotoGP actuel un monde plus policé que celui qu’il a connu, avec un comportement moins naturel et, par voie de conséquence, des rivalités moins exacerbées que par le passé, en tout cas publiquement.
“Ça a pas mal changé”, expliquait-il lors d’une rencontre avec les médias il y a quelques semaines, à l’occasion de la sortie en Italie d’un docu-série qui lui est consacré. “Disons qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les smartphones, on peut voir beaucoup plus de choses, donc tout le monde est devenu beaucoup plus diplomate et essaye de se montrer plus posé en termes d’image.”
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À presque 40 ans, Andrea Dovizioso voit que la nouvelle génération de pilotes se permet bien moins d’excentricités que ce qu’il a pu connaître lorsque lui-même courait. “Ils se cachent un petit peu pour essayer de ne pas avoir de problèmes. On peine donc à retrouver de grandes rivalités comme il y en a eu pas mal dans l’histoire du MotoGP”, a-t-il constaté.
“Je ne suis pas forcément pour, mais disons qu’étant donné qu’il y a des caméras partout, on montre énormément de choses. C’est bien d’essayer de toujours en montrer plus, mais ce ne sont pas de vraies choses, ce ne sont pas des moments qui sont vrais à 100% parce qu’on sait très bien qu’il y a tout le temps une caméra, partout, et qu’il faut faire attention à la moindre chose.”

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

“Ne serait-ce que si on est au bord de la piste et qu’on regarde une course, il peut y avoir une caméra braquée sur soi quand on a une réaction”, ajoutait alors Andrea Dovizioso. Et impossible ici de ne pas voir une référence de sa part aux images amateures de Valentino Rossi captées lors de chutes de Marc Márquez à Jerez et Misano, en 2025, et massivement diffusées via les réseaux sociaux.
“Donc aujourd’hui, on est tout le temps conditionné dans son comportement et, en conséquence, les pilotes essayent d’avoir le moins de problèmes possibles”, a poursuivi le pilote italien. “D’un côté, c’est mieux et c’est bien de réussir à voir toujours plus de choses, mais on en voit finalement peu qui soient vrais.”
“Si on fait une comparaison avec ce qui se passait il y a 15 ans, tout le monde a besoin des réseaux sociaux pour le travail. Il y a aussi ceux qui les utilisent au niveau personnel, mais pour le travail tout le monde demande à les avoir, donc tout le monde s’est habitué. Sauf que sur les réseaux sociaux, tout le monde peut parler. Ce sont des situations pesantes, qui ne sont absolument pas faciles à gérer. C’est assez compliqué. Il faut réussir à s’entourer de personnes qui vous permettent de rester concentré, mais il faut aussi avoir la maturité de comprendre quoi regarder, à quoi donner de l’importance.”
Propos recueillis par Matteo Nugnes
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Hervé Poncharal et Tech3 entrent dans leur nouvelle vie

Jeudi, Tech3 aura changé de mains. Ce passage à la nouvelle année marque en effet la fin de l’ère Poncharal à la tête de l’équipe établie à Bormes-les-Mimosas, concrétisation de la vente scellée il y a quelques mois.
La période qui s’ouvre sera celle d’une transition, durant laquelle Hervé Poncharal se tiendra à disposition des nouveaux patrons de l’équipe qu’il a créée, Günther Steiner en tant que PDG et Richard Coleman comme team principal, mais il passe bel et bien la main après une quarantaine d’années à vivre chaque jour pour les courses, viscéralement attaché à ce milieu.
Car on fait difficilement plus passionné qu’Hervé Poncharal. Quiconque a pénétré dans la ruche qu’est le paddock MotoGP sait à quel point il a été bien plus qu’un patron d’équipe parmi d’autres. Tout aussi bien dirigeant d’une entreprise qu’ange gardien attentif à tous, l’œil perçant et le verbe haut, Hervé Poncharal a aidé et conseillé une quantité innombrable d’hommes et de femmes, quels que soient leur rôle et leur niveau d’expérience dès lors qu’il sentait chez eux la sincérité de leur attachement à la course moto.
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Tech3 et le MotoGP vont désormais avancer sans lui, et il a fait le nécessaire pour préparer cette succession, tant à la tête de l’IRTA qu’à la direction de l’entreprise qu’il a créée dans les années 1980. Jusqu’au bout, il a fait le nécessaire pour que tout soit en ordre. Même après son dernier Grand Prix dans le stand Tech3, il est resté impliqué, présent chaque jour au siège de son équipe pour encadrer le personnel et s’assurer que la passation soit la plus fluide possible.
Maintenant ces tâches acquittées, il doit lui-même accepter de couper le cordon et entrer dans une nouvelle vie. “Pendant des décennies, ma vie professionnelle a été inséparable de ma vie personnelle. Elles étaient toutes les deux imbriquées”, expliquait récemment le Français à GPOne. “La personne privée, Hervé Poncharal, était inextricablement liée au Poncharal propriétaire d’une équipe. Maintenant, je dois briser ce lien et complètement séparer la personne Hervé Poncharal de l’entreprise Tech3. Dans le même temps, l’équipe Tech3 doit continuer à opérer au même niveau de performance sans moi.”

Bonne retraite à Hervé Poncharal !
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

À 68 ans, Hervé Poncharal doit aussi écrire un nouveau quotidien, qui sera rythmé par d’autres activités et centres d’intérêt. “Pendant pratiquement quatre décennies, je me suis réveillé le matin, j’ai pris mon petit déjeuner, ma douche, et je me suis rendu au bureau. Je prenais un café là-bas, je parlais avec mon assistante et je commençais ma journée de travail.”
“A partir du 2 janvier, je vais me lever, prendre mon petit déjeuner, ma douche, mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire après  ?Je me pose beaucoup de questions parce que je suis tellement habitué à me rendre au siège de Tech3 le matin. Je vis à deux minutes de là.”
“Mais je vais m’en sortir”, souriait alors Hervé Poncharal en évoquant cette nouvelle vie de retraité. “Il ne faut pas penser que je suis malheureux que mon équipe change de mains. Je suis content, mais je fais face à une transformation totale. Il va me falloir un peu de temps avant de m’habituer à ce nouveau rôle et de comprendre commet structurer ma nouvelle vie.”
“J’ai ma famille, ma fille Mathilde, ma mère, mes frères. J’ai aussi des hobbies, comme le VTT, et la Méditerranée est à deux pas. Je vais certainement avoir plein de choses à faire. Il ne faut pas s’inquiéter pour ça, je suis optimiste et j’ai hâte de vivre ma nouvelle vie.”
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Aprilia doit encore progresser : “Ça n’est pas suffisant”

Cette année, Ducati a été battue par deux marques. Il y a d’abord eu la superbe victoire de Honda, portée par Johann Zarco, dans les conditions très perturbées du GP de France. Puis c’est Aprilia qui a connu le succès dans la foulée, à Silverstone, cette fois sur le sec. Pour l’emporter, Marco Bezzecchi avait pu compter sur l’abandon pour cause de défaillance mécanique de Fabio Quartararo. En revanche, lorsqu’il a réédité cette victoire et même élevé notablement sa courbe de résultats en fin de saison, il ne le devait qu’à lui-même et à sa moto.
Au total, Aprilia a remporté quatre Grands Prix et trois courses sprints cette saison, succès auxquels a pris part Raúl Fernández en fin de championnat même si c’est Bezzecchi qui a fait office de leader du groupe. Au cœur d’un cycle victorieux de Ducati, cette progression de la marque de Noale fait naître chez certains un espoir de rupture, pourtant vite atténué par le décryptage des résultats qui montrent une hégémonie encore nette de la part de la marque basée à Borgo Panigale. Sa cousine vénitienne a, certes, franchi des étapes importantes en 2025, cependant ses responsables eux-mêmes ont conscience que le chemin reste plus long qu’il y paraît.
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Même si Massimo Rivola a annoncé vouloir viser le titre avec ses deux pilotes en 2026, la prudence reste de mise. Ducati a décroché les quatre dernières couronnes, et ce avec trois pilotes différents, en plus de son invincibilité au championnat constructeurs depuis cinq ans. Aussi, lorsque l’on demande à son directeur technique le pourcentage manquant aujourd’hui à Aprilia pour surpasser les Rouges en 2026, celui-ci insiste sur la lucidité à avoir avant de lancer de tels pronostics.
“Je pense que vous avez mal posé la question”, a répondu Fabiano Sterlacchini, interrogé après le dernier Grand Prix de la saison, “car il n’y a qu’une seule manière d’améliorer ses performances, c’est de le faire par rapport à sa moto précédente. Donc nous regardons évidemment quel est notre niveau actuel, et il est extrêmement important qu’en 2026, nous repartions au moins en étant au même niveau que là où nous avons terminé cette saison.”
“Nous montrons clairement que nous avons beaucoup amélioré notre niveau et que nous nous sommes rapprochés des autres. Pour être honnête, si l’on regarde les performances de Honda et de KTM, particulièrement d’Acosta pour ce qui est de KTM et Mir, ainsi que parfois Marini, chez Honda, elles montrent une croissance. Nous devons donc nous référer au reste du championnat, pas seulement à Ducati. Mais comme je l’ai dit, nous devons aussi nous référer à notre propre niveau et à la manière dont nous pouvons nous améliorer.”

Marco Bezzecchi a placé Aprilia très haut en 2025.
Photo de: Steve Wobser / Getty Images

Se concentrer sur soi-même, c’est également le mantra de Massimo Rivola. Dès le Portugal, lorsqu’il lui était demandé si la victoire de Marco Bezzecchi sur ce circuit était un signe que l’Aprilia se rapprochait de plus en plus de la Ducati, le PDG répondait : “Je pense que notre objectif est d’abord de nous améliorer nous-mêmes.”
“Nous regardons ce qui se passe chez nous, pas chez les autres”, a détaillé Rivola. “L’objectif est de battre Marc [Márquez] en piste à l’avenir. Nous savons qu’il est la référence et que nous devons travailler. Et nous savons que cette saison, ça n’est pas suffisant. Il est évident que les autres ne vont pas dormir, donc si nous pensions que ça suffit pour se battre pour le titre l’année prochaine, nous pourrions déjà l’oublier. Nous allons travailler dur pour cela.”
Mieux entamer les week-ends est une obligation
Battre Ducati signifie, aux yeux de Marco Bezzecchi, disposer d’une moto performante absolument partout et partir d’emblée sur un gros rythme, sans laisser filer les opportunités en début de championnat. C’est aussi savoir gagner en performance sur les fins de course où les pilotes de Borgo Panigale sont capables de sortir le grand jeu.
L’autre aspect perfectible sur lequel s’accordent le pilote italien et ses patrons, c’est l’obligation de mieux entamer les week-ends, chaque vendredi lointain ayant un impact immédiat sur les chances de victoire. Ainsi, même dans la dernière partie de la saison où il est apparu particulièrement compétitif, Bezzecchi a souvent eu l’idée qu’il était trop distancé lors des premiers essais.
“Il manque encore quelque chose. On voit qu’on souffre un peu plus sur certaines pistes, et tous les vendredis on est un peu loin. On doit tout le temps repartir à zéro”, regrettait-il au Portugal, alors qu’il fêtait une nouvelle victoire.
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“Il arrive que nous ne soyons pas prêts le vendredi”, concède Massimo Rivola, “simplement parce que la moto est assez différente et que les simulations ne reproduisent pas toujours le fait qu’elle a tellement changé par rapport à ce qu’elle était dans le passé. Donc chaque fois que nous sommes un peu en retard le vendredi, nous avons un peu de mal, car si vous manquez la Q2, la plupart du temps, le week-end en est changé. Après, il y a eu par exemple la Hongrie, où même en étant passé par la Q1, [Marco] s’est qualifié devant et s’est battu pour le podium. Mais, normalement, il faut d’emblée bien partir et être rapide le vendredi.”

Le ciel d’Aprilia s’est soudainement obscurci à Sepang.
Photo de : Shameem Fahath / Motorsport Network

Ce léger handicap a eu des effets variables d’une piste à l’autre. “Sur certains circuits, on a trouvé la bonne direction rapidement. Sur d’autres, comme Spielberg ou la Hongrie, ça a pris jusqu’au samedi matin. Malheureusement, à Sepang, on n’a pas réussi à progresser suffisamment d’un jour à l’autre. On faisait des petits pas, mais ce n’était pas assez”, énumère Bezzecchi.
Des signaux positifs pour la suite
En progrès sur les pistes lentes, l’Aprilia a encore des cases à cocher pour rivaliser avec la quasi-perfection de la Ducati. Certains circuits ont en effet posé de grandes difficultés à tout le clan de Noale, tel que Barcelone où la RS-GP était jusqu’ici dominatrice, ou encore Sepang. “Le résultat qu’on a obtenu en Malaisie parle clairement, on a eu du mal, c’est indéniable”, admet volontiers Bezzecchi.
À l’exception de ces épreuves particulièrement compliquées, l’Aprilia semble bel et bien capable de gagner en compétitivité au fil des jours, jusqu’à devenir une arme redoutable pour ses pilotes, et particulièrement Bezzecchi, le dimanche. Malgré l’absence de Marc Márquez pour jauger son niveau de façon plus fiable en fin de saison, l’Italien veut croire qu’une dynamique gagnante se met effectivement en place au cours du week-end, et que l’anticiper serait donc synonyme d’un autre pas en avant notable.
“Jour après jour, on arrive à progresser. J’ai toujours cru au projet et j’ai toujours eu confiance en ma moto. Les ingénieurs et toute l’usine, à Noale, travaillent toujours très bien. Au début, on a eu un peu de mal mais après, on a pu progresser. C’est sûr qu’on n’est pas encore au niveau de Marc ou d’Álex. Je pense qu’on peut se battre avec Pedro [Acosta], qui a aussi été super bon dans la deuxième partie de la saison, mais il faut qu’on travaille encore, qu’on continue à progresser et j’espère que l’on pourra rapidement atteindre leur niveau.”

Raúl Fernández a gagné en Australie et contribué au doublé Aprilia à Valence.
Photo de : Javier Soriano – AFP – Getty Images

Le directeur technique aussi voit des signaux positifs dans cette fin de championnat, mais sans se laisser déborder par son enthousiasme. “Nous avons clairement eu de bonnes performances lors des dernières courses. Il est certain que nous avons progressé, mais il faut garder les pieds sur terre”, tient à prévenir Fabiano Sterlacchini.
Si 2026 imposera de rectifier ce qui reste perfectible, il y aura aussi ce que l’expérience d’une saison aussi riche pourra apporter au binôme Bezzecchi-Aprilia. “Cela a été une longue aventure jusqu’à maintenant. On était assez loin au début, lors des essais pré-saison. On a progressé jour après jour, heure après heure sur la moto”, observe le pilote.
“Les gars ont super bien travaillé, en particulier toute l’usine. Ils ont toujours fait des analyses et des études, 24h/24 et 7j/7, et il y a eu le travail en piste avec les ingénieurs et Fabiano, mais aussi Sava [Lorenzo Savadori] qui a beaucoup aidé à améliorer la moto. En roulant de plus en plus, j’ai de mieux en mieux connu la moto, on a construit quelque chose de meilleur jour après jour.”
“Je pense qu’avec les nouveaux pilotes, nous avons exploré une nouvelle voie. Nous avons essayé de progresser. Grâce au travail fantastique de Marco et de tout le monde à Noale et en piste, nous avons fait pas mal de progrès sur la moto. Nous continuons à travailler et je pense que nous pouvons maintenant être satisfaits de là où nous nous situons”, réagit le directeur technique. La suite est donc désormais à écrire.
Avec Vincent Lalanne-Sicaud et Téha Courbon
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Moto GP

L’entourage de Marc Márquez nous dévoile ses victoires les plus spéciales

Référence absolue du MotoGP, Marc Márquez détient de nombreux records et se rapproche de celui du plus grand nombre de victoires. Il en a décroché près de 100 toutes catégories confondues et 73 rien qu’en MotoGP.
Passé un certain stade, les victoires se valent-elles toutes ? Pour tenter de le comprendre, Motorsport.com a décidé d’interroger dans le courant de cette année ceux qui épaulent aujourd’hui Marc Márquez ou ont accompagné sa carrière. De ses responsables techniques à ses team managers, en passant par ses mécaniciens, voici la sélection que son entourage professionnel a établie lorsque nous leur avons demandé quelle victoire du pilote espagnol se distinguait des autres.
GP d’Allemagne 2021

Après sa blessure au bras, c’est en Allemagne, en 2021, que Marc Márquez a renoué avec la victoire.
Photo de: Dorna

Alberto Puig, son ancien team manager chez Repsol Honda : “Ça n’est pas la plus incroyable, mais la plus émouvante serait peut-être celle de 2021 au Sachsenring. C’était la première fois qu’il gagnait un Grand Prix après son accident. Je me souviens que c’était vraiment très émouvant, pour lui et pour toute l’équipe. C’était un soulagement, quelque chose de vraiment spécial.”
Santí Hernández, son chef mécanicien en Moto2 et chez Repsol Honda  :”La victoire la plus incroyable dont je me souvienne est celle de l’Allemagne en 2021. Celle-là est pour moi très émouvante, pour tout ce qu’elle représente après sa blessure.”
GP des Amériques 2013

Austin 2013, la première d’une longue série en MotoGP !
Photo de: Repsol Media

Carlo Luzzi, son ancien ingénieur chez Repsol Honda : “Pour moi, c’est certainement la première qu’il a décrochée [en MotoGP], en 2013, à la deuxième course du championnat, le GP des Amériques. Il a gagné dès sa deuxième course, c’était incroyable !”
GP de Valence 2012 (Moto2)

En 2012, Marc Márquez quittait la catégorie Moto2 sur un coup de maître.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Carlos Liñan, son ancien mécanicien chez Repsol Honda : “La victoire la plus excitante de Marc dont je me souvienne était à Valence en Moto2. Il a été pénalisé* parce que les commissaires ont jugé qu’il ne pouvait pas dépasser Corsi dans le virage où il l’avait fait et où [Corsi] était tombé. Et ensuite, en course, il a dépassé tout le monde dans ce virage-là, pour leur montrer que c’était possible. C’était dingue !”
* Pénalisé en essais, 33e et dernier sur la grille de départ, Marc Márquez a gagné plus de 20 places dans le premier tour de course et a fini par s’imposer !
GP d’Aragón 2024

En 2024, Marc Márquez a rejoint Ducati et finalement renoué avec la victoire sur un de ses circuits fétiches.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Frankie Carchedi, son ancien chef mécanicien chez Gresini Racing : “Je crois qu’il y en a beaucoup, mais pour moi celle qui ressort est celle d’Aragón en 2024, sa première victoire après mille jours. Il était premier à chaque séance, une domination totale. Marc n’avait pas de moto d’usine l’année dernière, et c’était sa première année [chez Ducati], donc tout était nouveau. En plus, je crois que le troisième était à 16 secondes derrière et c’est pour moi la course la plus impressionnante.”
Marco Rosa Gastaldo, son ancien mécanicien chez Gresini Racing : “Pour moi, la plus belle victoire de Marc Márquez est celle de l’année dernière en Aragón, quand il est revenu à la victoire et qu’il a montré au monde qui est Marc Márquez.”
GP d’Australie 2024

Phillip Island 2024, la troisième et dernière victoire de Marc Márquez avec Gresini.
Photo de: Red Bull / Gold and Goose

Cristian Massa, responsable communication chez Gresini Racing : “Je vais en choisir une facile, c’est Phillip Island en 2024. Après un départ compliqué, il est magnifiquement bien remonté et il l’a fait avec les bonnes couleurs, celle de Gresini, alors c’était une course et une victoire formidables.”
GP de Thaïlande 2025

Passé dans l’équipe officielle Ducati en 2025, Marc Márquez a gagné d’emblée.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Davide Tardozzi, team manager Ducati Team : “J’aimerais dire que c’est sa première avec [l’équipe d’usine] Ducati, car il a gagné immédiatement. Je sais qu’il a fait des courses fantastiques dans le passé, mais j’aimerais dire la première avec Ducati.”
GP de Thaïlande 2019

Pour décrocher le titre 2019, Marc Márquez a livré une bagarre de toute beauté face à Fabio Quartararo.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Harry Lloyd, responsable communication chez Repsol Honda : “Je crois que pour moi, la victoire la plus incroyable avec Marc quand je travaillais chez Honda, c’est celle de la Thaïlande en 2019. Le voir se battre aussi dur avec quelqu’un comme Fabio [Quartararo] et alors que le titre était proche, donner 110% d’intensité jusqu’au dernier virage, c’était vraiment quelque chose d’incroyable. On a vu le niveau de Marc. Peu importe que ce soit pour gagner le championnat ou la course, il attaque toujours, toujours, toujours à fond.”
GP du Qatar 2012 (Moto2)

La domination de Marc Márquez sur le championnat Moto2 2012 a commencé à s’écrire dès la première course.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Jordi Castella, son ancien mécanicien chez Repsol Honda : “Pour moi, la victoire la plus incroyable a été lors de la première course au Qatar en 2012, en Moto2, après sa blessure aux yeux. Nous n’avions pas eu de pré-saison, pas d’essais, nous étions allés directement au Qatar et il avait gagné la course. C’était incroyable !”
GP du Qatar 2025

Aussi dominant ait-il été, Marc Márquez a douté cette année, et notamment au Qatar… avant finalement de l’emporter !
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Marco Rigamonti, son chef mécanicien chez Ducati Team : “Je pense que cette année, la plus belle victoire avec lui a été celle du Qatar, parce qu’aucun d’entre nous ne s’attendait à ce que l’on soit aussi compétitifs. Ça a été une très belle surprise, c’est donc un très bon souvenir.”
Et pour vous, quelle est la victoire la plus spéciale qu’ait décrochée Marc Márquez au cours de sa carrière ?
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Moto GP

Le GP de France toujours large leader de l’affluence en MotoGP

Le MotoGP reste une discipline très populaire, c’est un fait. Si certains ont pu regretter la domination écrasante de Marc Márquez et de Ducati au championnat, le manque de suspense ayant pu entourer une partie des Grands Prix n’a aucunement fait infléchir la courbe de fréquentation sur les circuits, bien au contraire.
Au total des 22 Grands Prix de cette saison, le MotoGP a en effet enregistré 3,6 millions d’entrées dans les tribunes, un chiffre inédit depuis que les entrées sont comptabilisées. Le record de 3 millions, établi l’an dernier, a été dépassé dès l’Australie, laissant les trois dernières manches gonfler un peu plus encore les chiffres d’un championnat qui n’avait jamais compté autant d’épreuves. 
Porté par l’organisation de Claude Michy et de ses équipes, le GP de France reste la référence en matière d’affluence. Cette année encore, l’épreuve disputée au Mans a battu des records de fréquentation en attirant 311 797 spectateurs au cumul des quatre jours ouverts au public, le jeudi comptant également parmi les chiffres. Le dimanche, ils ont été 120 403 chanceux à pouvoir assister à la victoire historique de Johann Zarco.
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Si le GP de France a représenté un record absolu en MotoGP, d’autres manches ont battu leurs meilleurs chiffres de fréquentation, telles celles du Portugal, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Italie, ou encore de l’Argentine. Le GP de Catalogne a quant à lui connu sa plus forte affluence depuis 2008 et on a aussi noté le gros succès de Brno pour son retour au calendrier.
Huit manches (contre trois l’an dernier) ont dépassé les 200 000 entrées sur l’ensemble du week-end, en grande partie grâce au retour de Brno, Termas de Río Hondo et Valence. Jerez a également beaucoup pesé dans ce succès global, puisque l’épreuve nationale espagnole, première manche européenne de la saison, a attiré 43 131 spectateurs de plus que l’an dernier.
Le GP de Hongrie a en revanche réalisé des débuts timides. Sa position au calendrier, à seulement une semaine de la manche voisine de l’Autriche, a certainement joué et également influé sur la baisse notable de fréquentation au Red Bull Ring, qui a perdu plus de 32 000 spectateurs en un an. Silverstone est la seule autre épreuve à avoir connu une baisse, en ayant pour sa part perdu plus de 18 000 entrées par rapport à 2024.
Ces très bons chiffres dont peut se targuer le MotoGP en matière d’affluence sur les circuits sont corroborés par ceux des audiences télévisées, avec une hausse de 9% annoncée pour les Grands Prix et de 26% pour les sprints. Rien qu’en France, les audiences des Grands Prix sur Canal+ ont bondi de 18% en comparaison de la saison 2024.
Les affluences des Grands Prix MotoGP 2025

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Trêve hivernale en MotoGP : que dit le règlement ?

Le règlement MotoGP impose aux pilotes une période de trêve hivernale, dont les contours sont officiellement dessinés afin que les concurrents prennent un certain repos et que le développement des machines soit un temps limité.
Quelle est la période concernée ?
L’Article 1.15.1.1 du règlement, portant sur les essais et les tests de la catégorie MotoGP, précise la règle qui s’applique pour les pilotes titulaires. Les “pilotes sous contrat ou équipes sous contrat” pour la saison suivante sont ainsi interdits de réaliser des tests entre le 1er décembre et le 31 janvier inclus.
Tous les essais sont-ils interdits ?
Les tests des titulaires au guidon d’une MotoGP sont interdits, mais les entraînements des pilotes à moto ne sont toutefois pas concernés. “Ces entraînements des pilotes peuvent se dérouler sur n’importe quel circuit, à n’importe quel moment, y compris pendant la période d’interdiction des tests. Ce sont des entraînements, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, mais ils ne peuvent pas utiliser une moto de la même catégorie que celle avec laquelle ils courent”, explique Mike Webb, directeur de course MotoGP, auprès du site officiel.
Cela ne signifie pas que les pilotes ne peuvent pas rouler en piste avec de grosses cylindrées, mais la machine qu’ils choisiraient doit suffisamment s’éloigner des caractéristiques de la MotoGP. “S’ils utilisent des motos de même cylindrée, donc une 1000cc ou proche, cela doit être une moto de route standard. Ils utilisent donc une moto de route homologuée, avec de petites modifications autorisées pour des raisons de sécurité. Ils peuvent changer les freins, les suspensions, certains échappements, mais pas de modifications sur le moteur ou sur le software. C’est en somme une moto de route standard, avec des améliorations sur les pneus, les freins et les suspensions.”
Comment la trêve hivernale prend-elle fin ?
Les pilotes titulaires sont autorisés à reprendre les tests au mois de février, après la période de trêve. La reprise se fait en deux temps, selon le statut des pilotes et le niveau de concessions dont dispose chaque constructeur sur la base des règles mises en place en 2024.
Le shakedown organisé à Sepang du 29 au 31 janvier est ouvert à la fois aux pilotes essayeurs, aux rookies (en l’occurrence, Toprak Razgatlioglu et Diogo Moreira en 2026) et aux titulaires du dernier constructeur figurant dans la catégorie D de la grille de concessions, à savoir Yamaha, Honda en étant tout juste sorti. Les autres pilotes officiels devront attendre le test collectif qui se tiendra dans la foulée du 3 au 5 février, toujours à Sepang. Ils auront ensuite un dernier test de pré-saison à Buriram, les 21 et 22 février.
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Ces tests officiels, organisés par la Dorna et l’IRTA, constituent la seule opportunité pour un pilote titulaire lié à l’un des constructeurs figurant dans les catégories A à C de la grille de concessions de piloter une MotoGP avant le début du championnat. Pour Yamaha, les tests sont libres sur toute la saison, dans la limite de 260 pneus au total.
Une trêve estivale existe-t-elle ?
Oui. Le MotoGP a également mis en place une pause obligatoire l’été, dont les dates exactes sont revues chaque année en fonction du calendrier. “À la demande des équipes, il existe une pause estivale à la moitié de l’année. Nous essayons de faire une pause dans les courses et dans le même temps une pause dans les essais, simplement pour donner aux pilotes et aux équipes la possibilité de se reposer après une saison chargée”, explique Mike Webb.
En 2025, cette trêve estivale s’étendait au 21 juillet au 13 août.
Calendrier MotoGP 2026

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La vitesse sur un tour reste le point noir de Bastianini

Dans la saison d’Enea Bastianini, il restera un podium libérateur obtenu à la fin de l’été, mais aussi des difficultés avec la KTM qui ont parfois paru insolubles. Quand Maverick Viñales s’adaptait très vite et que Pedro Acosta passait un cap notable à mi-saison, la déception se faisait sentir autour de l’Italien, particulièrement lorsqu’il figurait si loin au classement de la première journée d’un Grand Prix que la suite de son week-end en était immédiatement compromise.
“C’est souvent arrivé, tous les week-ends. À l’exception de deux ou trois week-ends, c’est la tendance : un vendredi compliqué, un samedi qui l’est un peu moins et le dimanche, en course, où l’on est compétitifs”, a décrypté le pilote Tech3. “Mais on l’est aussi parce qu’avec le pneu medium, en course, je trouve la confiance pour être rapide. Quand on met le pneu soft à l’arrière, la moto me transmet l’inverse : pas de confiance, je ne peux pas attaquer.”
La saison n’était pas terminée qu’Hervé Poncharal faisait le constat, pour GPOne, qu’améliorer le tour qualifs était une véritable nécessité pour Enea Bastianini. “Nous connaissons son potentiel, il le démontre chaque dimanche, et parfois aussi dans le sprint. Mais il pourrait obtenir des résultats encore meilleurs en course s’il arrivait à s’améliorer sur le tour lancé”, pointait alors le directeur de l’équipe Tech3.
“Enea sait que les autres pilotes KTM s’améliorent de façon notable avec un train de pneus neufs, mais lui n’y arrive pas. Enea ne se plaint pas de sa moto, il est conscient qu’il doit chercher le problème en lui. Il doit développer de meilleures sensations avec le time attack.”

Enea Bastianini s’est souvent qualifié très loin.
Photo de: Rob Gray / Polarity Photo

Ces meilleures sensations qu’il parvient à développer le week-end avançant expliquent que l’on ait vu décrocher son podium de Barcelone en ayant gagné six places en course et, plus spectaculaire encore, passer de 19e à septième pendant le GP de Malaisie. “Imaginez ce qu’il pourrait obtenir s’il arrivait à se classer parmi les six premiers en qualifications, la situation en course serait complètement différente”, constatait alors Hervé Poncharal.
Et la remarque de celui qui était encore cette année le grand patron de l’équipe Tech3 se justifiait, car le pilote italien a très souvent dû se résoudre à prendre le départ des courses du fond de la grille. Son problème n’a pas uniquement été de devoir passer par la Q1, mais tout bonnement de faire partie des derniers qualifiés de façon systématique jusqu’à mi-saison. Si ses performances sur le tour qualifs ont connu une soudaine inflexion pendant l’été, avec un accès, parfois direct, à la Q2 pendant quatre Grands Prix de suite, il est ensuite repassé en fond de grille à partir de Misano.
Même en ayant travaillé avec trois chefs mécaniciens différents au cours de la saison, des changements initiés par sa séparation inattendue avec son technicien de confiance Alberto Giribuola, Enea Bastianini a toujours été en quête de confiance en pneus neufs, en vain.
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Un problème lié aux pneus plus qu’à la moto ?
Aux yeux d’Hervé Poncharal, ce point noir n’est pas dépendant de la moto ni de l’équipe actuelle du pilote italien, car il avait été témoin cette saison de ce handicap du pilote italien, qu’il avait pourtant déjà observé lorsque celui-ci courait chez Ducati.
“C’est la première année d’Enea avec la KTM et il comprend à présent qu’il doit améliorer la qualité de son time attack parce que cette faiblesse lui a parfois empêché d’obtenir de meilleures performances chez Ducati. C’est surtout une question de confiance. Nous, en tant qu’équipe, nous devons l’aider à trouver cette confiance”, pointait le Français.

Que ferait Enea Bastianini s’il n’était pas contraint à de grandes remontées en course ?
Photo de: Marc Fleury

De son côté, Enea Bastianini a surtout le sentiment que les pneus utilisés pour les courtes distances le pénalisent. “Si on analyse tout, je suis souvent rapide pendant le warm-up. C’est toujours pareil, c’est quand on utilise le pneu de la course. Alors que quand on utilise le pneu du sprint, qu’on court avec le soft, je suis tout le temps derrière”, a-t-il constaté.
L’Italien déplore également un travail trop important à mener sur les réglages de sa moto. “Ce qui me manque, c’est de trouver le bon feeling immédiatement. Souvent, je mets vraiment longtemps à retrouver les mêmes sensations”, notait-il au Portugal. “Soit je n’ai pas encore trouvé un set-up de base pour bien travailler, soit c’est une moto qui requiert plus de modifications que la normale.”
“Cette année, si on regarde les données, j’ai beaucoup changé [les réglages] et les autres aussi. Mais c’est probablement parce que c’est ce que requiert cette moto. Mais il est important de le faire vite et de comprendre ce processus dès le vendredi. C’est le moment où il est très important d’être dans le top 10 et ça permet de résoudre le week-end en très peu de temps. Si on est derrière, on peut se retrouver en Q1 face à beaucoup de pilotes rapides, et vu qu’on sait que le time attack nous manque un peu pour le moment, on reste derrière.”
“Je sais comment aborder un week-end, mais il faut avoir les idées claires, alors que la situation n’était pas claire pour moi cette année”, a encore fait remarquer le pilote. Et en concluant le dernier Grand Prix de la saison, Enea Bastianini exprimait en tout cas le vœu de rectifier le tir sur ce point l’année prochaine, conscient qu’il s’agit à présent d’une nécessité. “Oui, je pense que ce sera très important de progresser dans ce domaine pour moi. L’hiver va être très dur, franchement. On verra, je dois encore établir le premier programme de l’hiver, mais j’en suis en tout cas conscient”, notait-il en quittant Valence.
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Comment Raúl Fernández s’est transformé en vainqueur en 2025

Pour sa quatrième saison en MotoGP, Raúl Fernández a intégré le clan des vainqueurs en remportant le GP d’Australie. Avant cela, sa saison avait déjà été une bonne surprise pour la direction d’Aprilia, sous l’impulsion de son team principal, Davide Brivio, qui a aidé le jeune pilote à franchir le dernier pas.
L’ancien responsable Suzuki et Yamaha a souligné le gain de maturité d’un pilote qu’il a personnellement cherché à stabiliser pour lui permettre d’extraire son potentiel. Les conseils qu’il a continué à lui prodiguer cette année ont fini par porter leurs fruits alors même que Fernández avait plutôt mal commencé son année.
Lui qui était le seul à connaître l’Aprilia à l’entame du championnat, il s’est pourtant fait déborder par son nouveau coéquipier, Ai Ogura, avant de voir un autre nouveau venu, Marco Bezzecchi, gagner dès la septième manche de la saison. Cela méritait un recadrage, et il a eu des effets bénéfiques.
“L’année dernière, lorsque nous avons décidé de conserver Raúl, c’est car nous considérions qu’il était expérimenté”, a expliqué Davide Brivio à Motorsport.com dans une interview réalisée à l’automne. “Cette année était sa quatrième en MotoGP. Nous estimions qu’il était prêt à être une sorte de leader pour l’équipe cette saison. Dans le même temps, nous voulions faire venir Ai et le former en tant que jeune pilote, mais nous avions en quelque sorte nommé Raúl pour être celui qui obtiendrait les résultats.”
“Or, le début de la saison a été très difficile parce qu’il s’est blessé à Sepang, dès le premier jour. Il a manqué tout le test et il est revenu en Thaïlande pour les deux derniers jours d’essais [d’avant-saison], mais sans être à 100%. Ensuite, le début de la saison a été difficile. Nous n’avions pas de base de réglages, il n’était pas en grande forme et nous avons eu du mal à marquer des points. Parfois, nous n’étions même pas dans le top 15. Ça n’était clairement pas son potentiel et nous en avons parlé. [Je lui ai dit que] ça n’était pas ce dont il était capable, qu’il pouvait faire beaucoup mieux.”

Je ne pense pas qu’il y ait débat sur le niveau de talent de Raúl, mais éventuellement sur la manière dont il travaillait.

Ce niveau trop faible affiché par Raúl Fernández imposait une réaction, et celle-ci s’est d’abord appuyée sur ses ressources. “Tout le paddock sait à quel point Raúl est talentueux. Je pense qu’il fallait surtout qu’il prenne confiance en lui. Pendant l’hiver, il a revu sa méthode d’entraînement et il s’est plus concentré sur ce qui compte vraiment dans la préparation physique”, expliquera par la suite Davide Brivio au micro du site officiel du MotoGP, décrivant comment, la saison dernière, son pilote “ralentissait” en fin de GP alors qu’il arrive maintenant à se montrer constant “sans faire la moindre erreur pendant toute la distance de la course”.
L’histoire de Raúl Fernández en MotoGP aura jusqu’ici été celle d’un pilote ayant besoin de longuement chercher ses marques, avant d’en arriver à cet accomplissement obtenu cette saison. “Je ne pense pas qu’il y ait débat sur le niveau de talent de Raúl, mais éventuellement sur la manière dont il travaillait”, a lui-même fait remarquer Massimo Rivola après la victoire décrochée en Australie. “Maintenant, avec l’aide de Davide et aussi de Fabiano [Sterlacchini], je pense qu’il a [autour de lui] des gens en qui il peut avoir confiance, ce qui est très, très important.”
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Un pilote plus mûr et plus en confiance
Le travail mené sur la préparation physique a contribué à consolider le jeune pilote. Mais en plus de cette solidité qu’il a acquise, Raúl Fernández a eu besoin de passer un cap mentalement.
“Il a aussi gagné en confiance pendant la saison, à partir du Mans”, a noté Davide Brivio, faisant référence aux “discussions difficiles” qu’il a eues avec son pilote après les mauvais résultats du début de saison. “Si on est Raúl Fernández et qu’on finit 17e ou 18e, il y a quelque chose qui ne va pas quelque part. Il fallait trouver ce qui n’allait pas. Si c’est un pilote sans talent ou sans potentiel, on ne peut pas se plaindre, on ne peut pas être très dur, mais avec lui, on a dit ‘Allons, tu es talentueux, que se passe-t-il ?’.”

Davide Brivio a poussé son pilote à réagir.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Après n’avoir marqué qu’une poignée de points lors des premières manches, le GP de France a marqué un moment de bascule, avec une septième place motivante et annonciatrice de progrès par la suite. “À partir de là, il y a eu plusieurs courses durant lesquelles il a tout le temps figuré dans le top 10. Cela lui a donné confiance, ça venait et il a de plus en plus eu le sentiment qu’il pouvait être dans le top 10. C’est là qu’a commencé sa progression.”
“Nous avons eu de bonnes courses, il a terminé cinquième à Brno et nous avons visé de peut-être faire mieux que dixième d’ici à la fin de la saison. Et soudain, il est montré deux fois sur le podium. Il a fait deux podiums en sprint en Indonésie et en Australie, et il y a bien sûr eu sa formidable victoire”, a énuméré Davide Brivio, notant aussi “le déclic” qu’a pu être la troisième place lors du sprint de l’Indonésie, deux semaines avant la victoire qui attendait Raúl Fernández à Phillip Island.
“Il y a donc eu une excellente progression”, s’est félicité le team principal de Trackhouse Racing, soulignant aussi au micro du site officiel du MotoGP “un gros changement d’état d’esprit et d’attitude par rapport au début de la saison”. Et cette progression notable de Fernández s’est surtout accompagnée d’une stabilisation de son niveau à chaque cran passé.
Des résultats qui doivent se stabiliser
“Je me souviens que l’an dernier, quand je suis arrivé, il n’était pas content parce qu’il ne pouvait pas être dans le top 5, il ne pouvait pas gagner. J’ai dit ‘Avant de gagner, il faut finir dans le top 10, avant de finir sur le podium, il être dans le top 5’. C’est un processus, c’est un chemin pour en arriver là, un gros travail, une évolution pas à pas. Je pense que c’est ce qu’il a construit cette année.”

Raúl Fernández a obtenu deux podiums en GP et deux médailles au sprint en fin de saison.
Photo de: Steve Wobser / Getty Images

Grâce à une très bonne fin de saison, Raúl Fernández a réussi à se classer dixième du championnat. Davide Brivio compte maintenant sur la confirmation des acquis pour la saison à venir.
“On va voir maintenant. C’est difficile d’atteindre le sommet mais c’est encore plus difficile d’y rester. Les progrès d’Aprilia ont aidé en fin de saison. On sait que Marc n’est pas là, que certains pilotes ont des soucis, que d’autres sont déjà contents de leurs résultats… Ce sera intéressant de voir l’hiver, le début de l’année prochaine, quand tout le monde sera frais.”
“Notre objectif est de faire mieux que cette année. Mon attente est d’avoir les deux pilotes dans le top 10”, a annoncé Davide Brivio. “Je m’attends à ce que Raúl et Ai aient des performances similaires, qu’ils s’affrontent, avec l’objectif d’être dans le top 10 et de saisir des opportunités quand elles se présent, comme on l’a fait cette année, quand l’Aprilia est bonne et qu’il y a une opportunité de podium.”
Fabiano Sterlacchini, directeur technique d’Aprilia, observe lui aussi cette évolution d’un œil attentif, encourageant des progrès continus pour la suite. “Je pense qu’avec les résultats et les performances de Raúl, je ne veux pas dire qu’on est au bout du chemin, mais clairement, pendant la saison, nous avons fait des progrès, nous avons tout le temps progressé et maintenant, il a atteint un très bon niveau. Je pense qu’il faut viser au moins le top 4, 5 ou 7 à chaque course.”
Avec Rachit Thukral et Vincent Lalanne-Sicaud
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Moto GP

Le succès en famille, une nouvelle manière de triompher chez les Márquez

Ensemble, ils ont écrit une page d’histoire cette saison. Ce championnat n’a pas seulement été celui du retour de Marc Márquez au sommet du MotoGP, celui d’un neuvième titre mondial qui en fait l’égal de Valentino Rossi. Il a aussi créé l’événement en plaçant deux frères aux deux premières places du classement général, grâce aux progrès également accomplis par Álex Márquez sur la Ducati satellite du team Gresini.
Sa victoire personnelle au championnat a donné lieu pour Marc Márquez à ce qu’il décrit comme une “explosion d’émotions” lors du GP du Japon, et pour cause, elle venait acter le tour de force qu’aura été son comeback “après tout ce [qu’il a] construit pendant ces quatre années de calvaire”. Mais l’Espagnol sait aussi que cette supériorité écrite à deux est véritablement “un accomplissement historique” et cela donne une couleur différente à ce couronnement.
Lors d’une conférence donnée à Madrid le mois dernier, le #93 peinait à choisir ce qu’il allait le plus retenir entre son nouveau sacre et ce doublé aussi inattendu qu’historique avec son frère. Son cœur de grand frère a toutefois vite tranché : “C’est difficile de choisir entre l’un ou l’autre… C’est difficile, mais je dirais mon frère, parce que ça n’est jamais arrivé dans l’histoire de la moto. On l’a vu dans d’autres sports, mais il est peu probable de revoir deux frères dans la catégorie reine de la moto être au sommet de leur carrière la même année, faire un doublé et partager autant de podiums.”
Marc sur la Ducati officielle et Álex sur la GP24 aux couleurs de Gresini ont d’emblée donné le ton en enchaînant les doublés. En Thaïlande, en Argentine et jusqu’à la chute de l’aîné dans la course principale du Texas, leurs adversaires ne pouvaient prétendre, au mieux, qu’à la troisième place. Passé ce faux-pas à Austin, ils ont continué à multiplier les trophées, obtenant au total six doublés en GP et 11 en sprint, série qui ne s’est interrompue qu’en Allemagne.

Une année de fête pour les Márquez !
Photo de : David Ramirez / Soccrates / Getty Images

Gagner à deux a été une fête, mais il a aussi fallu gérer cette concurrence nouvelle, et c’est l’aîné qui a pris les devants pour mettre les choses au clair. “Dès la Thaïlande, j’ai compris qu’Álex serait super rapide toute la saison. Quand j’étais sur la moto, je réfléchissais : ‘Où est-ce que je peux le dépasser ? Je ne veux pas faire d’erreur…’ Et quand je suis arrivé à la maison, je me suis dit qu’on ne pouvait pas se battre comme ça”, a expliqué Marc Márquez dans une interview pour le site officiel du MotoGP.
“Alors je l’ai fait asseoir et je lui ai dit : ‘On est frères, on a beaucoup de respect l’un pour l’autre, mais c’est de la course. Alors s’il se passe quelque chose – car ça peut arriver, on peut perdre l’avant en dépassant un autre pilote – on est frères, et demain sera un autre jour. Est-ce que tu es d’accord ?’.” Et Marc de mimer leur poignée de main, scellant cet accord entre eux.
“On avait deux options. Se battre et créer de la tension entre Álex et moi, ou être plus proches que jamais. Et on a choisi tous les deux d’être plus proches que jamais. Mais ça n’est pas quelque chose dont on a parlé, c’était un feeling. On s’est aidés mutuellement, je l’ai aidé et il m’a aidé cette année, et on a fait quelque chose d’incroyable dans l’histoire du MotoGP.”
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Un moteur pour retrouver la forme
Avant d’en arriver à ce ballet synchronisé au sommet du championnat, les frères Márquez ont déjà vu leurs chemins se croiser plusieurs fois dans la catégorie reine. Álex y a été promu en 2020 pour remplacer au pied levé Jorge Lorenzo dans le stand Repsol Honda où Marc régnait en maître. Leur association à l’époque n’aura duré qu’un Grand Prix, avant la grave blessure au bras qui allait éloigner le #93 des circuits. À son retour en forme, son frère cadet avait non seulement quitté l’équipe, mais aussi le groupe Honda.
Lorsqu’il lui a fallu trouver un moyen de relancer sa carrière, Marc a retrouvé Álex, cette fois pour devenir son coéquipier chez Gresini, où l’attendait la seule Ducati disponible pour la saison 2024. Une année forte qui les a rapprochés un peu plus encore et a posé les bases, pour chacun à leur manière, de ce que 2025 allait leur réserver.
“Álex, directement et indirectement, est celui qui m’a le plus aidé”, expliquait récemment Marc Márquez au journal El Periodico. “Quand tu es chez toi, blessé, il est très facile de déconnecter ou de ne plus vouloir voir de motos, parce que c’est comme remuer le couteau dans la plaie, tu te dis : ‘Je le veux, mais je ne peux pas’. Le fait que mon frère courait lui-même m’a permis de suivre le championnat avec la même passion et la même envie que si j’avais couru, et ça m’a beaucoup aidé.”

Álex et Marc Márquez ont été célébrés en héros dans leur ville de Cervera.
Photo de : Vertical

“Ensuite, une fois que je suis remonté sur la moto, chacun a suivi son chemin, mais comme on s’entraînait toujours ensemble, ça donne une référence au niveau physique. Normalement, l’aîné a toujours une longueur d’avance, mais quand on se blesse, et sachant qu’il a 27 ans et moi 30, les choses s’équilibrent. Il était au-dessus de moi à vélo, sur le physique, à la salle… Vouloir me rapprocher de lui m’a stimulé. Et dans les décisions, il a toujours essayé de me conseiller au mieux.”
Marc voit en Álex un réel adversaire pour 2026
Tous deux ont grandi dans les épreuves et ils sont aujourd’hui des jeunes hommes mûrs, avec également une vie personnelle équilibrée. Jusqu’à présent colocataires, ils vont mettre un peu de distance entre eux en 2026. Une séparation qui n’est pas anodine, alors même que Marc Márquez voit en Álex un sérieux rival pour la saison qui s’annonce.
“Álex est capable de tout. Je ne vais pas le mentionner comme étant mon frère, parce que c’est Álex Márquez, le vice-champion. L’an prochain, il sera l’un des principaux rivaux, si ce n’est le premier, pour le championnat du monde. Il est capable de tout”, juge le champion en titre.
“Je ne dirais pas qu’il s’est affirmé, parce qu’il n’avait pas besoin de confirmer sa forme, mais il est à un très haut niveau, capable de mener n’importe quelle équipe. Il est le leader de Gresini, il progresse d’une façon incroyable pour l’avenir. Et puis, chaque personne, chaque sportif, s’épanouit différemment selon l’âge. En ce moment, il est très mature et se sent mieux que jamais.”
“Ce sera donc difficile l’an prochain, mais ça ne changera rien à notre façon de nous entraîner. On va vivre séparément, il aura les clés de sa maison en janvier ou février, mais on va continuer à s’entraîner ensemble, garder la même relation et la même façon d’avancer ensemble, pour tirer le meilleur.”
 
Réunir Marc et Álex Márquez, pas une priorité pour Ducati
Álex Márquez sera d’autant plus attendu en 2026 qu’il pilotera une Ducati d’usine, la quatrième que le constructeur consent à placer sur la grille. À quoi une telle promotion peut-elle ouvrir pour lui ? Nombreux sont ceux qui rêvent d’un duo des frères Márquez dans l’équipe officielle Ducati en 2027, même si le constructeur assure que “cela a très peu de chances de se produire, car cela ne correspond pas à la philosophie de Ducati”, qui privilégie le fait de placer les deux coéquipiers dans une situation de compétition forte.
Marc Márquez ne considère pas non plus cela comme un objectif prioritaire pour lui. “Ça me plairait, c’est sûr, mais ce n’est pas la priorité. Je dois voir ce qui est le mieux pour moi sur le plan sportif et ce qui est le mieux pour Álex, en fonction des projets qui peuvent se présenter”, explique-t-il, toujours pour El Periódico.
“Je suis le champion et Álex est le vice-champion, donc lui aussi va recevoir plus d’une offre et chacun de nous devra alors évaluer la situation de manière égoïste. Si jamais ça pouvait nous réunir, j’en serais ravi. Quel meilleur coéquipier pouvez-vous avoir que votre frère ? Mais je pense que c’est difficile, ce ne sont pas des choses que l’on recherche”, assure le nonuple champion du monde.
“Elles se présentent par coïncidence, comme ça avait été le cas chez Repsol Honda, avec le départ de Jorge Lorenzo. On l’avait un petit peu recherché chez Gresini, mais là, c’était plus une nécessité.”
Avec Rubén Carballo Rosa, Germán Garcia Casanova et Vincent Lalanne-Sicaud
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Moto GP

Marco Bezzecchi ne donne pas plus de 7/10 à sa saison

Marco Bezzecchi a réalisé en 2025 ce qui est à ce jour sa meilleure saison en MotoGP. Comme il y a deux ans, il s’est classé troisième du championnat et a décroché trois victoires de Grand Prix, mais on peut y ajouter un nombre de podiums en hausse, plus de pole positions et aussi plus de points à son actif, le tout dans un contexte plus compliqué si l’on prend en compte le fait qu’il a quitté la Ducati pour l’Aprilia et a dû tout apprendre de cette moto.
Le pilote italien s’est révélé dans sa capacité à mener son équipe, prenant le leadership à la volée après les blessures de Jorge Martín. Il a séduit Massimo Rivola et ses troupes par son attitude, mais a aussi convaincu par ses performances, victorieux dès le septième round (après l’abandon de Fabio Quartararo) puis particulièrement solide et régulier à partir d’Assen, peu avant la mi-saison.
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Au moment de se retourner sur ce qu’il a accompli, Bezzecchi affiche toutefois son perfectionniste en s’attribuant une note très modeste. “Je me donne 6,5 ou 7”, a-t-il expliqué à Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat. “Pendant la première partie de la saison, on devait encore s’améliorer et on a un peu manqué de résultats au début. Il est vrai qu’on s’est améliorés mais il faut essayer de bien travailler cet hiver, et ensuite de repartir tout de suite d’un bon niveau et de nous améliorer au cours de l’année.”
“En tout cas, les gars de l’équipe ont été bons et eux, ils méritent un 10 parce qu’ils se sont impliqués au maximum, ils ont tout le temps travaillé, jour et nuit. Les vrais champions, ce sont eux !”
À titre personnel, Bezzecchi se refuse donc à affirmer qu’il vient de réaliser sa meilleure saison, trop obnubilé par ce qu’il aimerait rectifier dans son bilan. Ce sont, en l’occurrence, quelques premiers Grands Prix durant lesquels il devait prendre ses marques et où Aprilia corrigeait encore les défauts de jeunesse de sa dernière RS-GP, puis quelques points noirs plus tard dans le championnat tels des week-ends ratés à Barcelone et Sepang ou une chute très coûteuse à Mandalika.
À désormais 27 ans, celui qui était le meilleur rookie du MotoGP en 2022 sent pourtant qu’il a franchi des étapes importantes. “Je pense que j’ai pu progresser. Évidemment, on doit progresser tous les jours pour être performants, parce que le niveau est très élevé, et il augmente tous les jours. Avec des adversaires comme Marc ou Álex [Márquez], ça pousse à devenir meilleur”, constate Bezzecchi.
“J’ai pu m’améliorer. J’ai investi tous les efforts possibles pour travailler dur, tout le temps. Une grosse part de ces progrès vient aussi du fait que j’ai les bonnes personnes autour de moi, ça fait une grosse différence. Je me sens très bien dans l’Academy, je me sens très bien physiquement. Mon équipe et toute l’usine m’ont permis de me sentir bien. C’est sûr que ça a aidé. Pour le reste, il faut continuer comme ça.”

Marco Bezzecchi a gagné trois Grands Prix et trois sprints en 2025.
Photo de: Aprilia Racing

Tout juste arrivé chez Aprilia avec, initialement, la casquette de second pilote derrière le champion en titre Jorge Martín, Marco Bezzecchi a finalement vite trouvé ses marques avec la RS-GP et a su tirer profit des progrès de la moto au fil de la saison. De l’avis de Massimo Rivola, il a d’une certaine manière profité du recul qu’il avait connu l’an dernier sur une Ducati GP23 compliquée à dompter pour mieux surprendre cette année. Le pilote, lui, sent qu’il a trouvé sa place, dans un groupe qui ne l’attendait pas forcément à ce niveau.
“Je sortais d’un mauvais moment, j’avais besoin d’aller mieux sur les courses. Et pour Aprilia, c’est un peu comme une nouvelle ère qui a commencé. On avait donc de bonnes motivations des deux côtés, et puis il y a eu beaucoup de travail”, décrit-il.
“Ça a été une saison longue mais super cool pour moi. Évidemment, on a eu des hauts et des bas, ce qui est normal. Depuis le test de Jerez, il est clair qu’on a bien progressé. C’était difficile d’être performant à chaque week-end, parfois on a eu un peu plus de mal, mais pour moi c’était super important. Je pense que j’ai beaucoup grandi en tant que pilote. J’ai établi une très bonne relation avec l’équipe et l’usine à Noale. Ça a été positif pour moi.”
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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Marco Bezzecchi ne donne pas plus de 7/10 à sa saison Lire l’article »

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Ducati veut reconstruire la confiance avec Bagnaia

On a beau rester le même pilote, enrichi par l’expérience acquise au fil des années, et ne pas changer d’équipe, il est surprenant de voir à quel point deux saisons peuvent être radicalement différentes l’une de l’autre. Ce qu’a vécu Pecco Bagnaia en 2025 est frappant en ce sens, une situation extrême qui l’a vu passer de candidat incontestable au titre pendant quatre ans, doublement vainqueur du championnat au passage, à un pilote qui aura semblé perdu tout au long de cette campagne 2025.
L’évolution de la GP24 en GP25, avec aux dires des ingénieurs Ducati, seulement de minimes changements, paraît l’avoir totalement déstabilisé, le privant de la solidité essentielle pour lui à l’avant de la machine. Ses résultats se sont effondrés, particulièrement dans la seconde moitié de la saison où il a multiplié les chutes, et sa confiance a surtout été fortement ébranlée.
De toute évidence soulagé d’en finir lorsque s’est conclu le 22e week-end de course d’une année extrêmement éprouvante pour lui, Bagnaia faisait le vœu de retrouver de la stabilité, c’est-à-dire avant tout des sensations constantes d’une piste à l’autre et des performances qui fassent sens, au contraire de la versatilité qui a été la sienne cette année, inexplicable à ses yeux.
Au sein de son équipe, on sait aussi qu’il va falloir réparer les séquelles d’une telle saison. À l’heure d’en dresser le bilan dans son habituelle chronique sur LinkedIn, Gigi Dall’Igna s’est montré bienveillant à l’égard de son pilote, rappelant la part de malchance dans ce que Bagnaia a dû endurer.
“L’équipe officielle a souffert pour Pecco, à qui, il faut le dire, la chance n’a rien épargné. Dans la dernière partie du championnat, en particulier, il n’a pas réussi à récolter autant qu’il aurait pu, même dans des situations qui n’étaient pas optimales. Les choses auraient certainement dû se dérouler différemment, mais si l’on ajoute la malchance à tout cela, tout devient beaucoup plus difficile, tant pour l’équipe que pour le pilote”, observe le directeur général de Ducati Corse.

Pecco Bagnaia a fini le dernier Grand Prix à pied.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Mais Dall’Igna estime qu’il est essentiel de s’endurcir sur la base de l’épreuve traversée cette année : “Pour en tirer de précieuses leçons, je suis convaincu que de telles situations doivent être assimilées comme des anticorps, afin d’en tirer encore plus de détermination pour aller de l’avant et retrouver celui que l’on était. En d’autres termes, une leçon à retenir : après tout, en 2026, nous serons inévitablement confrontés à des inconnues majeures auxquelles il faudra faire face, alors autant chérir ce qui s’est passé dans notre passé récent.”
Trouver les clés pour que 2026 soit une saison différente
Au cours de la saison déjà, Gigi Dall’Igna avait suggéré que les problèmes de Pecco Bagnaia n’avaient pas uniquement une origine technique, mais que le mental pouvait également avoir joué un rôle. À la fin de la saison, il a une nouvelle fois émis le souhait que le travail de réparation à mener avec le pilote italien se fasse sur les deux plans, l’aspect technique qui lui incombe directement mais aussi l’aspect humain.
“Nous avons gagné deux championnats avec lui. Moi, j’ai gagné mon premier titre pilotes MotoGP avec lui, donc c’est assurément un pilote auquel je suis particulièrement reconnaissant”, a d’abord rappelé Dall’Igna lorsqu’il a été interrogé par Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du MotoGP, sur cette situation complexe.
Et d’ajouter : “Nous allons clairement essayer de tout faire, comme nous l’avons déjà fait cette année, mais si c’est possible nous essaierons de faire encore plus. Il faut prendre les choses des deux côtés, tant d’un point de vue technique qu’humain pour essayer de reconstruire la confiance. La confiance a en soi des composantes techniques, mais aussi certainement de nombreuses composantes humaines.”

Il faut prendre les choses des deux côtés, tant d’un point de vue technique qu’humain pour essayer de reconstruire la confiance.

Avec l’épineux cas de Pecco Bagnaia, Ducati voit son bilan de la saison terni alors même que celle-ci a été impressionnante en matière de réussite, avec un pilote d’une équipe satellite, Álex Márquez, solide vice-champion du monde et un Marc Márquez de retour à son meilleur niveau vainqueur incontestable du championnat après d’une accumulation de victoires.
Davide Tardozzi, team manager de l’équipe d’usine, n’oublie pas ce point noir à l’heure du bilan et fait preuve de la plus grande compassion à l’égard du pilote italien. “Douloureux, c’est le bon mot”, répond-il lorsque le site officiel du MotoGP lui demande de décrire le championnat de Bagnaia.
“J’adore Pecco, il est l’un des pilotes les plus importants pour Ducati à ce jour, si ce n’est le plus important, car il a remporté deux titres et 31 courses pour nous. Il mérite notre aide maximale”, poursuit-il. “Nous n’avons parfois pas été en mesure de la lui donner. Cependant, nous savons aussi que Gigi et l’ensemble de Ducati Corse font beaucoup d’efforts pour résoudre son problème mais il n’a pas trouvé les bonnes sensations avec cette moto cette année. Nous travaillons avec lui pour essayer de vivre une année 2026 complètement différente.”
“C’est dommage que Pecco n’ait pas pu performer correctement, comme nous sommes sûrs qu’il le peut. Il a fait un bon début de saison d’une certaine manière, il a fait une course incroyable au Japon, en revanche nous avons rencontré des problèmes lors de d’autres courses, qui ont fait qu’il n’a pas performé comme il le pouvait”, reprend Davide Tardozzi, qui promet : “Nous avons tout gagné, mais nous nous occupons vraiment de ce qui n’a pas fonctionné, en l’occurrence Pecco.”
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Le temps, l’élément qui sera le plus utile à Jorge Martín

Contraint d’assister en spectateur aux performances en croissance d’Aprilia, portées par Marco Bezzecchi ainsi que Raúl Fernández, qui ont tous deux glané des victoires cette année, Jorge Martín est conscient du retard qu’il a pris dans ce qui s’annonçait déjà comme un défi pour lui, à savoir s’adapter à la RS-GP après n’avoir jusqu’ici connu que la Ducati.
Il n’a pas eu le temps de trouver les clés pour performer à son guidon. Tout juste a-t-il pu commencer à percevoir l’ADN de la moto lors des tests auxquels il a pris part l’hiver dernier, que l’Espagnol s’est blessé. Dès lors, il n’a jamais eu les conditions adéquates pour tenter de s’adapter à l’Aprilia. D’une part, car il a souvent été physiquement diminué lors des huit Grands Prix auxquels il a participé, et d’autre part, car le rythme d’un week-end de course ne permet pas de réaliser le travail de fond nécessaire à une telle adaptation, ni à la définition de réglages qui soient les siens.
Le dernier Grand Prix de l’année s’est donc mué en séance d’essais grandeur nature pour Jorge Martín, qui s’est fait violence pour ne pas y chercher la performance et a même renoncé à la seconde partie de la course. Pour lui, 2026 avait déjà commencé, et il s’agit désormais de rattraper ce temps perdu et de tenter de se hisser à la hauteur de la connaissance fine que ses coéquipiers ont de la moto italienne.
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“J’ai besoin de temps, c’est sûr. Mais je suis optimiste pour la saison prochaine”, assurait-il en marge du GP de Valence, “et c’est pour ça que je suis ici, pour essayer de commencer à prendre des sensations et pour être mieux préparé pour la saison prochaine.”
Le Madrilène se dit “limité par la moto”, particulièrement dans la phase de motricité où il se sait normalement capable de construire une partie de sa vitesse, et il sait que ses progrès passeront par la définition de réglages personnels ainsi que par l’expérience qu’il pourra acquérir à son guidon au fil du temps.
“La moto convient assurément à leur style, on peut en être certains. J’ai juste besoin de temps pour faire en sorte que l’Aprilia soit mienne. Il y a eu, disons, de bons résultats [de ma part] pendant la petite saison que j’ai faite, mais j’étais encore loin en termes de performances.”
Deux grands potentiels à réunir
Visiblement apaisé après les tourments de cette année, Jorge Martín a terminé l’année sans afficher de frustration, ni se montrer envieux à l’égard de Marco Bezzecchi, devenu leader et multiple vainqueur tandis que lui combattait la douleur et ses démons intérieurs. À l’heure de clore la saison, c’est donc vers l’avenir qu’il se tournait, avec une volonté manifeste de se joindre à la fête et de se donner les moyens d’y arriver.
“Les choses s’annoncent bien pour Aprilia”, faisait remarquer l’Espagnol en marge du dernier GP. “À l’heure actuelle, la moto convient très bien à Marco mais j’ai besoin de faire des tours, de comprendre comment elle fonctionne parce que ça n’est pas encore génial pour moi. Je pense que c’est une question de temps, l’équipe m’aide beaucoup et me soutient vraiment. Je pense qu’on va faire de belles courses.”
 
Dans une interview de fin de saison pour le site officiel du MotoGP, Jorge Martín livrait une analyse réaliste : “Je suis très heureux pour Aprilia et pour Marco, ils forment un formidable groupe ensemble, mais ça ne veut pas dire que si ça fonctionne pour Marco, ça fonctionnera aussi pour moi. Je suis un pilote complètement différent et j’ai besoin de temps pour m’habituer à la moto. Je pense que le potentiel de la moto est excellent, le mien aussi, et on a juste besoin de les réunir.”
“C’est dommage que je sois à nouveau tombé au Japon parce que je m’étais senti super bien au test de Misano, et j’avais le sentiment que jour après jour, je gagnais en confiance. Donc maintenant il faut que je me repose un peu par rapport à cette dernière blessure et que je poursuive cette progression dont j’arrivais.”
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Les dates des présentations de Yamaha et Aprilia sont dévoilées

Après Ducati et quelques premiers teams satellites, on sait à présent quand seront officiellement présentées les équipes d’usine Yamaha et Aprilia pour la saison MotoGP 2026.
Concernant le constructeur italien, le rendez-vous est fixé pour le jeudi 15 janvier. Contrairement aux autres équipes annoncées jusqu’ici, c’est en ligne que se déroulera l’événement, à suivre à 12h heure française.
L’équipe chapeautée par Paolo Bonora, sous la direction du PDG d’Aprilia Racing, Massimo Rivola, sera très attendue après une saison 2025 à deux visages, à la fois très convaincantes en termes de performances et de résultats, et marquée par l’accumulation de blessures de son pilote star, Jorge Martín. L’Espagnol restera associé à Marco Bezzecchi, qui a su s’imposer dans le groupe de Noale cette année et a terminé troisième du championnat.
Yamaha, pour sa part, donne rendez-vous le mercredi 21 janvier avec cette fois un événement public organisé dans la capitale de l’Indonésie, et plus précisément dans cadre luxueux de l’hôtel Intercontinental Jakarta Pondok Indah. Signe de l’importance que revêt le marché indonésien pour Yamaha, cette présentation s’intégrera au programme de l’un des plus grands rassemblements de concessionnaires de la marque.
La présentation débutera à 15h heure locale, c’est-à-dire à 9h heure de Paris, et pourra être suivie en direct sur les canaux officiels. Fabio Quartararo et Álex Rins lèveront alors le voile sur la nouvelle livrée de la M1. La moto devrait quant à elle continuer à évoluer lors des tests qui suivront, sachant que Yamaha l’a totalement repensée en l’équipant pour la première fois d’un moteur V4 qui vient remplacer le traditionnel quatre cylindres en ligne.
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Yamaha sera le seul des cinq constructeurs MotoGP à encore bénéficier du plus haut niveau de concessions pour le championnat qui s’annonce, Honda ayant réussi par ses résultats à en être privée. Les pilotes d’Iwata pourront donc participer au shakedown du test de Sepang, dès le 29 janvier, tant les deux pilotes d’usine que les titulaires de l’équipe Pramac Racing que sont Toprak Razgatlioglu et Jack Miller.
Avec ces deux nouvelles dates, le premier rendez-vous de 2026 est toujours fixé au 13 janvier, Pramac ouvrant le bal des présentations avant VR46, Ducati et Gresini. Rappelons qu’un lancement collectif réunissant toutes les équipes est également prévu les 6 et 7 février à Kuala Lumpur, entre les deux tests officiels d’avant-saison qui se tiendront en Malaisie puis en Thaïlande.
Les présentations MotoGP pour la saison 2026

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Álex Márquez : “J’aime l’idée qu’on me cite en référence pour 2026”

Passé sur une GP24 redoutable et lui-même devenu beaucoup plus complet cette année, Álex Márquez a vu les planètes s’aligner et a fait un bond spectaculaire dans ses résultats. La saison 2025 l’a vu remporter ses premiers Grands Prix, obtenir de nouvelles victoires en course sprint où il avait déjà connu le succès il y a deux ans, et profiter d’une régularité nouvelle, seulement troublée par une blessure à la main au début de l’été.
L’effet au championnat a été immédiat puisqu’il a brièvement occupé la tête du classement général mais s’est surtout affirmé comme le dauphin le plus solide de son frère, un Marc Márquez au sommet de son art, et a fini par décrocher le titre de vice-champion du monde.
Douze podiums en GP et 15 en sprint, six victoires au total : difficile de faire mieux ! D’ailleurs, Álex Márquez se donne lui-même une note de 9/10 pour cette saison très convaincante. “Il y a toujours quelque chose à améliorer, mais je suis plutôt content de l’année dans sa globalité”, veut-il retenir.
“Ce qu’on a le plus amélioré depuis le début de la saison, c’est que sur les pistes sur lesquelles j’avais une baisse de forme à mi-championnat, sur lesquelles j’avais des soucis, on est [désormais] rapides”, réalise notamment l’Espagnol. “C’est le plus important si on veut se battre pour quelque chose à l’avenir.”
 
Un constat s’impose : le pilote Gresini n’a pas seulement été performant, il l’a été face à un Marc Márquez redoutable, et cela ne donne que plus de valeur à ses performances. “Marc a placé la barre plus haut cette année mais au début, on a pu extraire le potentiel et être très proches de lui. Il faut continuer comme ça. Il met la barre très haut mais je suis fier qu’on ait été les seuls à le battre en piste.”
Insuffisamment reconnu pour ses titres mondiaux, obtenus en Moto3 puis en Moto2, Álex Márquez a cette fois marqué les esprits. Lorsqu’il lui a été demandé si sa deuxième place au championnat cette année comptait plus que ses titres dans les petites catégories, il a reconnu qu’il pouvait y avoir une différence entre la manière dont lui perçoit les choses et la vision que peut en avoir le public, néanmoins il l’accepte de bonne grâce.
“Pour les gens, c’est plus important, mais pas pour moi, les deux sont plus ou moins au même niveau. Mais il est vrai que quand on est aux avant-postes en MotoGP, on confirme qu’on a du talent. En tout cas, il semble qu’aux yeux des gens, c’est là qu’il faut être pour le confirmer et pour montrer qu’on a ce qu’il faut pour être en MotoGP.”

Álex Márquez, deuxième du championnat et meilleur pilote indépendant en 2025.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

S’il juge sa prestation dans sa globalité, c’est qu’elle a été pour lui la récompense d’un parcours dans la catégorie reine entamé en 2020 et lui ayant imposé de dépasser d’importantes difficultés chez Honda, puis de trouver sa place à son arrivée dans l’équipe Gresini, où il a rebâti une confiance érodée sur la RC213V.
“Pour moi, les années précédentes, mes années compliquées chez Honda, ont été très importantes. Et quand je suis arrivé chez Gresini, c’était bien, sauf l’année dernière, donc confirmer qu’on est là, qu’on peut être rapides, que je peux faire partie des [leaders] en MotoGP, c’est très important.”
Une pression nouvelle, qu’il accepte
Cette saison a placé Álex Márquez sous le feu des projecteurs plus qu’il ne l’avait jamais été auparavant. “Je l’accepte beaucoup mieux qu’il y a quelques années, je suis plus détendu face à ça”, admettait en fin d’année celui qui a longtemps évolué dans l’ombre de son frère.

Álex Márquez aura la Ducati d’usine en 2026.
Photo de : MotoGP

Et la suite ? Après une telle moyenne de résultats et maintenant qu’il va piloter la Ducati la plus aboutie, le cadet des Márquez sait qu’il sera très attendu en 2026 et qu’il va devoir viser plus haut. “Je le sens déjà”, expliquait-il en concluant le championnat. “Au début de l’année, j’étais super content d’être sur le podium, et maintenant si je termine deuxième ou troisième, je suis content mais ça n’est plus comme au début de la saison. Je pense que ce sera pareil l’année prochaine, alors ce qu’il faut faire, c’est travailler.”
“J’aime l’idée que les gens me citent en référence pour 2026 et parmi les prétendants au titre, c’est ce qu’on mérite par rapport à la saison 2025 qu’on a faite, et il faut qu’on saisisse cette opportunité de la bonne manière. Il ne faut pas qu’on change de mentalité parce que je pense que ce serait vraiment une mauvaise chose, mais j’accepte cette pression.”
Pour autant, lorsqu’il lui est demandé s’il signerait pour rééditer la même saison en 2026, sans parvenir à faire mieux, Álex Márquez rappelle aisément le sens des réalités qui l’habite : “Je signerais. Les points qu’on a marqués cette année, c’est quelque chose d’incroyable. Je signerais pour ça, mais on ne sait jamais, ça peut être mieux comme ça peut être moins bien. Il faut juste qu’on fasse comme cette année, qu’on ait une bonne mentalité et de la concentration, sans perdre la voie.”
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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Aprilia révèle que Martín avait une “très bonne” offre de Honda

Un documentaire réalisé par le site officiel du MotoGP permet de revivre dans les coulisses les événements qui ont largement perturbé l’année de défense du titre MotoGP de Jorge Martín. Arrivé chez Aprilia avec le n°1 de champion du monde, une première pour lui, il découvrait aussi le rôle de pilote d’usine et semblait à l’orée de la plus belle phase de sa carrière, lorsque tout a très vite déraillé.
“La satisfaction d’avoir un champion du monde était grande, et avoir un champion du monde dans l’entreprise est aussi une grande responsabilité”, explique dans ce documentaire Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing.
Les attentes étaient immenses en effet, tant pour Jorge Martín que pour le public et pour son employeur, qui sentait s’ouvrir de grandes possibilités. Sauf que l’énergie positive qui était alors palpable a vite explosé lorsque le pilote s’est blessé, dès l’entame des essais d’avant-saison. “C’était en quelque sorte une nouvelle ère qui débutait, et elle n’a malheureusement pas commencé comme nous nous y attendions”, admet Massimo Rivola.
Martín a été accidenté au premier jour d’essais de l’année, puis à nouveau à la veille de son départ pour le premier Grand Prix. Après avoir manqué les essais d’avant-saison, il était absent lors du coup d’envoi du championnat, en Thaïlande, et sa moto a posé seule, sans pilote, pour la traditionnelle photo de famille. Un crève-cœur, qui n’était que le début des difficultés.
Les blessures en effet, limitées alors aux mains et aux pieds, représentaient jusqu’alors un coup d’arrêt et des espoirs au championnat qui, déjà, s’envolaient. Mais la suite a failli tourner au drame car au premier Grand Prix auquel il a enfin pu participer, au Qatar, l’Espagnol a chuté à nouveau, très lourdement cette fois, se blessant notamment aux côtes et au poumon.
La souffrance était telle que Jorge Martín a cru un temps qu’il allait mourir. Indépendamment de cette peur viscérale, il est tombé au plus bas physiquement, suffisamment pour tout remettre en question. Il admettra, plusieurs mois plus tard, avoir douté de tout, de lui-même jusqu’à son équipe. C’est là qu’est née dans son esprit l’idée de se libérer de son contrat pour tenter de repartir à zéro avec une autre moto.
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L’affaire, révélée à l’époque par Motorsport.com, est aujourd’hui contée par Massimo Rivola, qui révèle que c’est bien Honda qui se tenait prêt à accueillir Jorge Martín, levant toute nuance exprimée à l’époque sur le sujet.
“Albert Valera, son manager, est venu me voir et m’a dit ‘Tu sais, nous pensons que nous pourrions partir. Honda est assez intéressée, l’offre est très bonne’. Et j’ai dit ‘Tu plaisantes ?'”, relate le patron d’Aprilia Racing dans le documentaire.
“Le lendemain, je suis allé à Madrid parce que je voulais le voir, voir avec lui si ce qu’Alberto venait de me dire était vrai. Il m’a dit ‘Je pense que c’est mieux pour moi de m’en aller’ et je lui ai répondu ‘Je suis désolé, mais je ne vais pas te laisser partir’.”

Massimo Rivola, PDG d’Aprilia Racing
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

C’est à ce moment-là qu’Aprilia a commencé à gagner avec Marco Bezzecchi, un timing parfait pour tenter de convaincre Jorge Martín que la RS-GP pouvait le mener très haut. Mais l’affaire est surtout devenue un bras de fer dans lequel Massimo Rivola est resté inflexible, prêt à aller en justice.
Soutenu par la Dorna, le patron de Noale a défendu ses intérêts et laissé à son pilote le temps de se reprendre après un choc qui l’avait de toute évidence ébranlé psychologiquement. La mésentente, née d’interprétations divergentes d’une clause du contrat, finira par se résoudre lorsque Martín, remis physiquement, acceptera de se plier aux termes de l’accord, sans chercher à quitter le navire avant l’échéance fixée à fin 2026.
Malgré une quatrième blessure venue s’ajouter à un bilan déjà très lourd, la saison a fini par se terminer de façon plus sereine pour le duo Martín-Aprilia. Les prochains mois nous diront si leur union apportera enfin le bonheur auquel elle était promise, avec un championnat cette fois stable et réussi. L’enjeu sera aussi de savoir si le pilote espagnol se fera convaincre de rester fidèle à la RS-GP sur la durée ou si son avenir, dès 2027, s’écrira avec le constructeur qui a bien cru pouvoir l’accueillir plus tôt qu’espéré…
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Comment Aprilia a passé un cap et dépassé ses attentes en 2025

Il est indéniable que la saison a été dominée de manière nette par Ducati, et particulièrement avec Marc Márquez pour moteur. Pour autant, si l’on observe ce qui s’est joué derrière le mastodonte de ce championnat, deux autres matchs n’ont pas été dénué d’intérêt.
Il y a celui qui a opposé Honda à Yamaha, avec un sursaut notable de la part de la marque tokyoïte. Et il y a eu le duel entre les autres marques européennes, avec cette fois une prise de pouvoir d’Aprilia sur KTM Face à l’absence de succès pour le constructeur autrichien, Aprilia a été capable de mettre à plusieurs reprises la pression sur les motos de Borgo Panigale et de remporter quatre Grands Prix et trois courses sprints.
La présence d’Aprilia aux avant-postes n’est pas nouvelle : elle avait été la seule marque à battre Ducati en 2024 et, pour trouver la trace d’une victoire sur le sec décrochée par une autre moto que ces deux-là, il faut remonter pratiquement 30 mois en arrière, quel que soit le format de course. Aujourd’hui, Aprilia reste ce constructeur capable de priver les Desmosedici d’une poignée de succès, mais elle le fait en ayant passé un cap et gagné en régularité.
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D’évidents progrès techniques lui ont en effet permis de réduire l’écart de façon notable cette année. La dernière partie du championnat a été en cela exemplaire, avec une succession d’épreuves lors desquelles la RS-GP a joué les premiers rôles, emmenée par un Marco Bezzecchi devenu leader naturel du groupe. Après son succès de Silverstone, qui avait fait suite à l’abandon de Fabio Quartararo, il a enclenché la vitesse supérieure dès Brno, avant la pause estivale, mais il a ensuite profité de l’absence de Marc Márquez à partir de l’Indonésie pour cumuler les récompenses avec la Malaisie pour rare faux-pas.
“Je suis évidemment content de la fin de la saison, surtout depuis Assen”, s’est félicité Bezzecchi pour le site officiel du MotoGP, ne pouvant néanmoins s’empêcher de regretter les points laissés en route dans les premiers Grands Prix, lorsqu’il devait encore s’adapter. “Après Silverstone, on a eu un peu de mal en Aragón, au Mugello aussi. Je pense que c’est depuis Assen que l’on a commencé à se battre constamment pour le top 5 ou le top 6. J’ai pu faire de bonnes courser, avoir de bonnes bagarres avec Marc. C’était super cool mais au début, on avait beaucoup de mal.”
Un bilan au-delà des objectifs malgré l’absence de Martín
La hausse de son niveau et les difficultés insolubles de Pecco Bagnaia ont permis à Marco Bezzecchi de terminer troisième du championnat. Le bond en avant également réalisé par Raúl Fernández a mené Aprilia à ajouter un autre vainqueur à son palmarès en Australie, puis à clore la saison par un doublé à Valence, premier résultat de la sorte que Noale obtenait depuis deux ans.
Fabiano Sterlacchini, directeur technique fraîchement arrivé, n’a finalement aucun mal à l’admettre : les résultats obtenus ont finalement dépassé les objectifs qu’Aprilia s’était fixés pour cette année, et ce en dépit du revers majeur qu’a été l’indisponibilité de Jorge Martín sur une bonne partie de la saison.
“Je dois être sincère : honnêtement, c’est un peu plus”, jugeait-il au moment du tomber de rideau sur le championnat. “Pour moi, il était raisonnable, avec les pilotes que nous avons et sans rencontrer aucun problème, de se battre pour quelque chose qui se serait situé autour du top 5 au championnat pilotes et d’essayer de faire deuxièmes parmi les constructeurs. Au final, nous avons probablement dépassé notre objectif, alors c’est vraiment bien, mieux que ce que nous espérions.”
Les performances d’Aprilia ces dernières saisons :

Saison

GP gagnés

Sprints gagnés

Podiums en GP

Points*

classement*

2025

4

3

11

418

2e

2024

1

3

1

302

3e

2023

2

2

5

326

3e

* au championnat constructeurs
Massimo Rivola était lui-même particulièrement ravi par cette dynamique, quoi qu’étonné de voir son clan terminer en force alors que les dernières manches sont généralement un moment compliqué à passer : “Franchement, je dois dire qu’à part à Sepang, nous avons été plutôt forts dans les cinq dernières courses, et c’est une tendance très positive. Clairement, quelque chose auquel nous ne sommes pas habitués, mais nous voulons l’être !”
“Il est certain que l’association de Marco et de l’équipe est quelque chose qui a fait la différence”, a ajouté le PDG d’Aprilia Racing en cherchant à identifier les causes de ces progrès. “Je ne sais pas si ça a aussi été utile à Raúl et Ai [Ogura], mais il est certain que j’ai trouvé en Marco l’une des clés. Évidemment, il est celui qui pilote la moto, mais il y a une usine derrière lui, et je pense que la clé c’est aussi d’avoir commencé la saison avec Fabiano qui a, d’une certaine façon, bâti la nouvelle Aprilia.”
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Un spectre de performance plus large
Au-delà de la lecture des résultats bruts, ce qui frappe surtout c’est que le constructeur italien a prévalu par sa constance car s’il a renforcé sa place aux avant-postes et l’a rendue plus stable, moins sujette à certaines caractéristiques bien précises.
En dehors d’une vitesse de pointe impressionnante qui la rendait pratiquement imbattable sur certaines pistes comme Barcelone, la RS-GP apparaissait jusqu’à présent trop incomplète. L’accession à la victoire avec Aleix Espargaró puis Maverick Viñales avait déjà marqué un tournant de taille, cependant une fenêtre de performance trop étroite privait la marque de récompenses aussi fréquentes qu’espéré. Cela a aussi contribué à laisser une brèche dans laquelle KTM s’était engouffrée pour s’emparer de la deuxième place du classement des constructeurs ces deux dernières saisons.

Le GP d’Indonésie, l’une des épreuves sur lesquelles Marco Bezzecchi a performé cette saison.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

D’une certaine manière, l’Aprilia de ces dernières années ressemblait à la Ducati de la fin des années 2010, une fusée en ligne droite mais une moto trop peu maniable pour performer dans les virages. Cela a toutefois commencé à changer, et les performances de plus en plus stables de Marco Bezzecchi l’ont démontré, quelle que soit la typologie de circuit.
“Ce qu’il y a de bien, c’est qu’ici nous étions, et Marco en particulier, très rapides dans les portions fluides”, observait en Indonésie Massimo Rivola. “C’était déjà une assez bonne caractéristique de l’Aprilia. Et il semble aussi que nous sommes désormais plus compétitifs dans les courses stop-and-go. La moyenne de la moto ne cesse donc de s’améliorer, et c’est une bonne nouvelle.”
Ce qui intéresse particulièrement le PDG dans les résultats obtenus ces derniers mois, c’est leur évidence, indépendamment des circuits arpentés. Aprilia n’est plus seulement l’outsider capable de performer dans des conditions bien spécifiques, mais une menace de plus en plus réelle sur un éventail désormais élargi de circonstances.
“Nous savons que nous avons un assez bon ADN sur les pistes rapides, et il semble que nous commencions à en avoir un sur les pistes plus lentes”, observait encore Rivola après la victoire portugaise de Bezzecchi. “Sur les circuits rapides, plus qu’être bons, je pense que nous avons été la référence. Nous savons que les tracés stop-and-go n’étaient pas les meilleurs pour nous, mais nous avons obtenu une bonne performance en Autriche et en Hongrie, alors de toute évidence je peux être plus que positif pour l’avenir.”

Fabiano Sterlacchini, à gauche, a donné un nouvel élan au développement de l’Aprilia.
Photo de : Aprilia Racing

Sous la houlette de son nouveau directeur technique, Aprilia a accompli des progrès considérables avec sa RS-GP et éliminé des problèmes de longue date, notamment sa tendance à surchauffer lorsque la température ambiante est élevée, sur certains circuits asiatiques. Bien que les mesures techniques exactes à l’origine de ces progrès restent confidentielles, la cohérence acquise par l’Aprilia a clairement renforcé la confiance entourant le projet.
Le questionnement autour de Barcelone
À Mandalika, par exemple, la moto italienne a montré des performances brutes d’un nouvel ordre, Bezzecchi décrochant la pole position avec quatre dixièmes d’avance et remontant de la huitième place pour remporter la course sprint. Mais la construction d’une moto plus équilibrée s’est accompagnée d’une légère perte de ses anciens atouts sur des circuits comme Barcelone.
En 2023, Aprilia y avait réalisé un doublé impressionnant, l’une des rares courses où Ducati était apparue impuissante. En 2024, la moto de Noale a perdu une partie de son avantage en Catalogne, même si Espargaró a tout de même réussi à décrocher la pole position et à s’imposer au sprint. Mais cette année, aucune Aprilia n’a figuré parmi les cinq premiers à Barcelone, ni en qualifications ni à l’arrivée des courses.
Selon Sterlacchini, ce n’est pas tant qu’Aprilia aurait régressé sur son circuit fétiche, mais plutôt que les autres ont progressé plus rapidement. “Parfois, la performance est relative”, expliquait l’ingénieur à Motorsport.com cet automne. “Donc, si notre moto est plus rapide que l’année précédente – et elle l’est, c’est un fait objectif – les autres sont plus rapides car ils ont progressé davantage.”

Aprilia a fini la saison sur un doublé.
Photo de : Javier Soriano – AFP – Getty Images

“Vu de l’extérieur, il est toujours facile de tirer des conclusions du type ‘vous étiez très performants sur cette piste et plus maintenant’. Non, nous avons amélioré nos chronos, nous sommes meilleurs, mais malheureusement, les autres ont fait un meilleur travail que nous. Nous devons donc tenir compte de plusieurs facteurs pour comprendre où nous nous situons.”
“Ce qui est important, car la compétition se juge en relation par rapport aux autres, c’est de savoir à quel point nous sommes proches des meilleurs pilotes, et au cours des dix dernières courses environ, nous avons obtenu de bons résultats, nous avons toujours figuré parmi les trois ou cinq premiers.”
Au cœur d’une série extrêmement solide pour lui, Marco Bezzecchi est complètement passé à côté de son GP de Catalogne. Mal qualifié, il est tombé lors des deux courses, mais il s’est surtout plaint de chronos qui ne venaient pas et a assisté impuissant à la domination des Ducati et au podium de KTM avec Enea Bastianini.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles les adversaires d’Aprilia ont ainsi performé à Barcelone, Fabiano Sterlacchini a tenté d’expliquer : “Ils s’efforcent d’améliorer [leur moto] et se concentrent parfois sur les circuits où ils estiment être les plus faibles. Je pense qu’après la performance d’Aprilia en 2023, Ducati s’est beaucoup concentrée sur les trois circuits qu’ils doivent choisir pour les essais. Ils ont choisi Barcelone et y ont effectué plusieurs tests, je pense donc qu’ils y ont passé plus de temps. C’est l’un des facteurs, mais il pourrait y en avoir plusieurs autres.”
Au final, il n’en demeure pas moins qu’Aprilia a réussi son année. Même si Jorge Martín a été écarté pendant une grande partie de la saison en raison de multiples blessures et que le rookie Ai Ogura a également subi plusieurs forfaits, Aprilia a tout de même réussi à devancer KTM et à terminer deuxième du championnat des constructeurs, obtenant ainsi son meilleur résultat jamais enregistré dans la catégorie reine. Elle a surtout marqué les esprits par la solidité acquise et est déjà très attendue pour la prochaine saison.
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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Moto GP

L’effet pervers d’un excellent début de saison pour le rookie Ai Ogura

Fermín Aldeguer n’a eu aucune difficulté à prendre l’ascendant sur les deux autres rookies de cette saison MotoGP. Du moins en apparence, car en début de championnat, ça n’est pas l’Espagnol aligné par le team Gresini qui sortait du lot, mais bien Ai Ogura, arrivé dans la catégorie reine avec le titre Moto2 en poche et engagé par le team Trackhouse.
Si son Aprilia semblait, sur le papier, le mettre moins sous le feu des projecteurs, Ogura s’est en réalité révélé très vite à l’aise, au point de réaliser de solides essais d’avant-saison, puis d’épater la galerie lors du premier Grand Prix.
Ce GP de Thaïlande reste comme un moment à part dans son année, et pour cause : le Japonais s’est montré brillant tout au long de ce week-end d’ouverture, qualifié cinquième puis classé quatrième de la course sprint et cinquième de la course principale. Non seulement il dominait le clan Aprilia, mais il n’y avait même devant lui à l’arrivée des deux épreuves que des Ducati !
Pourtant, avec le recul, Ai Ogura juge que cet excellent résultat dès l’entame de l’année l’a “tué”. Lorsqu’il lui a été demandé lors du dernier Grand Prix de la saison si prouver son niveau dès la Thaïlande avait pu effacer ses doutes de rookie, il a en effet répondu : “Non c’est l’inverse, ça m’a tué, parce qu’obtenir mon meilleur résultat à la première course… C’était quelque chose de particulier. Les courses suivantes ont montré mon vrai potentiel et j’ai commencé à me dire ‘hmm…’.”
“Pendant cette saison, à un moment donné, je me suis dit que je n’étais peut-être pas assez bon, mais j’ai commencé à bien piloter la moto. Les moments difficiles, c’était après la blessure”, a encore expliqué le pilote japonais.

Dès le premier Grand Prix, Ai Ogura s’est battu avec les meilleurs.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

Car Ogura a en effet dû composer à deux reprises avec des blessures, d’abord une fracture du tibia à Silverstone, puis une lésion au poignet datant de Misano, juste après une belle sixième place à Barcelone. À chaque fois, il a été contraint de manquer plusieurs Grands Prix, ce qui a eu pour effet de stopper sa progression et d’alimenter certains doutes chez lui.
Encore 80% de progrès à chercher dans le pilotage
En fin de championnat, il se plaignait de ne pas réussir à exploiter les progrès accomplis par Aprilia. “Ils sont extrêmement forts dans certaines courses, mais ma position est toujours la même. Quand ils sont bons, je suis toujours entre la dixième et la 15e place, et quand ils sont autour de la dixième place, pareil, [je suis] entre dixième et 15e, donc ça n’a pas vraiment d’influence sur moi”, observait-il.
Alors que son excellente entame de championnat avait entraîné des attentes élevées à son égard, Ogura a finalement retrouvé une courbe de résultats plus sensée pour un rookie. Toujours en délicatesse avec les freinages, qu’il sait devoir travailler, il a jugé en toute franchise que la part perfectible qui lui reste lui revient en grande partie : “80% le pilote, 20% la moto.” Il a également conscience qu’il doit encore ajuster sa préparation physique afin d’être moins fatigué à l’issue des courses.

À la première manche, quand il a fait quatrième au sprint et cinquième dans la course, nous savions que ça n’était pas normal.

Au final, Ai Ogura a réussi à se classer neuf fois dans le top 10 le dimanche, avec notamment une septième place au Portugal marquant une belle progression dans la hiérarchie après sa seconde convalescence. En revanche, il est descendu au 16e rang du championnat, à 125 points de Fermín Aldeguer, dont l’adaptation s’est révélée progressive et sans recul, avec même une victoire à la clé.
“Je n’ai rien de particulier à dire sur ma première saison en MotoGP”, a tranché Ai Ogura. “J’ai roulé, j’ai eu beaucoup de chutes, de blessures. Même si c’était une année difficile, il y a encore beaucoup de positif. Je suis vraiment content de finir ma première saison et impatient de débuter la suivante.”
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Un résultat trompeur et du temps perdu
Dans un entretien accordé à Motorsport.com en fin de saison, Davide Brivio reconnaissait que les débuts tonitruants de son jeune pilote ont inspiré la prudence chez Trackhouse, en dépit des attentes générées en dehors du stand. “À la première manche, quand il a fait quatrième au sprint et cinquième dans la course, nous savions, et nous en avions parlé, que ça n’était pas normal. On l’a pris, merci beaucoup, super boulot ! Mais maintenant, revenons-en à une saison normale de rookie”, nous a expliqué le team principal de l’équipe américaine.
“Une saison de rookie est faite de hauts et de bas, il y a de bonnes pistes, d’autres qui sont mauvaises, mais nous avons aussi eu la grande complication due aux blessures, elles nous ont stoppés. Quand on se blesse, on manque des courses et il en faut peut-être une ou deux pour retrouver une très bonne forme, donc nous avons perdu beaucoup de temps.”

Ai Ogura a pour mission de mieux se qualifier en 2026.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

S’exprimant pour le site officiel lors du test organisé à Valence pour lancer l’intersaison, Davide Brivio s’est néanmoins dit “très content” de la saison d’Ai Ogura et de sa progression, séduit par “son approche de la course, son état d’esprit” au point d’être “certain qu’il fera partie des meilleurs à l’avenir”.
“En dehors des blessures, chose que l’on ne veut naturellement pas, on a fait ce qu’il fallait, dans le sens où cette saison devait lui permettre de prendre de l’expérience, d’apprendre et de comprendre des choses. Normalement, on prend du recul pendant l’hiver et, à Sepang, il saura beaucoup plus à quoi s’attendre, ce qui se passera, où il devra être meilleur, où il est déjà bon, ce qu’il doit améliorer.”
L’objectif pour la suite va être de tirer les enseignements de cette première année atypique et de rectifier le tir là où Ai Ogura a semblé le plus faible. Et ce que le pilote japonais doit améliorer apparaît déjà clairement aux yeux de son patron d’équipe, qui ne l’a plus revu aussi haut sur la grille qu’il ne l’avait été en Thaïlande.
“Même si nous avons vu lors de plusieurs courses […] qu’il pouvait se qualifier derrière, son rythme en course a toujours été très bon. Il a la vitesse, il a le rythme, il s’agit juste de mieux se qualifier, de partir devant et de se maintenir dans le groupe”, a ainsi expliqué Davide Brivio à Motorsport.com.
“C’est ce que j’attends de lui l’année prochaine afin de le voir plus souvent aux meilleures positions. Nous avons une grande confiance, et l’objectif pour l’année prochaine est d’avoir deux pilotes, à la fois Raúl [Fernández] et Ai, qui soient capables de se battre plus devant.”
Avec Vincent Lalanne-Sicaud et Rachit Thukral
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